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  • Il y a 50 ans, la cathédrale de Saint-Boniface était rasée par les flammes

    Séquences de tournage, 22 juillet 1968
    Radio-Canada

    Le 22 juillet 1968, la cathédrale de Saint-Boniface au Manitoba est dévastée par un violent incendie. Les ravages sont considérables, il ne reste presque plus rien de la plus grande église de l'Ouest canadien. Découvrez l'épisode noir de ce haut lieu symbolique pour la communauté franco-manitobaine.

    Les images de l’incendie sont percutantes, comme en témoignent ces séquences de tournage du 22 juillet 1968. L’imposante cathédrale, monument phare pour la communauté franco-manitobaine catholique de la région, est dévorée par les flammes.

    Depuis sa construction au 19e siècle, l’institution est au cœur de la francophonie. En effet, la cathédrale est le premier établissement des Canadiens français catholiques dans les Prairies.

    Le bâtiment, qui se situe dans l’actuel quartier francophone de Winnipeg, connaît plusieurs chapitres dans sa longue histoire.

    Au départ, il s’agit d’une modeste chapelle construite à l’initiative de la mission de Saint-Boniface.

    Puis, la paroisse devient un évêché, et une première église est érigée en 1825. Un agrandissement en pierre se termine en 1839, mais la cathédrale est détruite dans un incendie en 1860.

    Rapidement, un troisième bâtiment est reconstruit. C’est notamment dans cette église que le service funèbre de Louis Riel sera célébré en 1885.

    Au début du 20e siècle, l’augmentation de la population requiert une cathédrale plus imposante. Les travaux commencent en 1906 et l’inauguration a lieu le 4 octobre 1908. Le sort s’acharnant sur l’église, c’est cette quatrième cathédrale qui est dévorée par les flammes le 22 juillet 1968.

    Ce reportage du 17 mai 1974 retrace les grandes lignes historiques de la cathédrale.

    Le drame affecte toute la communauté.

    S’entretenant avec le journaliste Gilles-Claude Thériault à l’émission Second Regard du 6 mai 1979, Mgr Maurice Baudoux se souvient. Au moment où il aperçoit les flammes, il se prépare à dîner avec ses confrères.

    La rapidité de la propagation de l’incendie prend de court la population. On réalise que rien ne peut être fait pour épargner le bâtiment.

    Ça s’est passé tellement vite. Les planchers étaient huileux, tout était sec. En dedans d’une heure, le toit était tombé, les tours étaient tombées, les fenêtres étaient rentrées vers l’intérieur à cause de la chaleur.

    Denis Boulet

    Les pertes matérielles sont considérables. Les cloches sont détruites, celles-là mêmes qui avaient été sauvées lors du premier incendie de 1860. L'orgue, la rosace et le chemin de croix fait en France sont également perdus.

    La communauté ne se laisse pas abattre par cette perte. Rapidement, une nouvelle cathédrale est imaginée dans les ruines de la précédente, les murs de pierre ne s’étant pas effondrés avec l’incendie.

    L’édifice moderne est conçu par l’architecte Étienne Gaboury. La cinquième cathédrale est dédicacée le 17 juillet 1972.

    En février 1994, la cathédrale de Saint-Boniface est désignée site provincial du patrimoine du Manitoba. Elle demeure ainsi, malgré les tragédies, un lieu historique incontournable pour la province.

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