•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

5500 employés de la SAQ déclenchent la grève

Les employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont débrayé le 17 juillet 2018 pour une première journée de grève.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Radio-Canada

Les syndiqués des 404 succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ) ont quitté leur lieu de travail mardi, vers 10h, pour une première journée de grève.

Cette première journée de débrayage survient moins d'une semaine après la tenue de deux séances de négociations avec l'employeur. Les 5500 employés, membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ), avaient voté à 91 % au mois de juin dernier pour un mandat de six jours de grève.

Avec cette première journée de grève, ils espèrent « faire bouger les choses ».

« On a choisi [de débrayer] une journée de semaine pour déranger plus la SAQ que le client, explique la présidente du syndicat des employés, Katia Lelièvre. L'employeur dit qu'on n'est pas très utiles en début de semaine, mais ce sont les journées où tous les camions arrivent dans les magasins. Ça risque de congestionner un peu les entrepôts. »

Aujourd'hui, notre message est on ne peut plus clair : nous n'accepterons aucun recul sur nos conditions de travail.

Katia Lelièvre, présidente du SEMB-SAQ

La question des horaires et de heures de travail est au coeur du litige entre les deux parties. Les syndiqués veulent une amélioration de la conciliation travail-famille-études et la diminution de la précarité d'emploi. L'employeur, de son côté, souhaite avoir un maximum de salariés disponibles en tout temps, tout en diminuant le nombre d'heures.

Des emplois précaires, dit le syndicat

Un passant circule devant une succursale de la SAQ dont la vitrine est placardée d'affichettes portant le message « On veut une bonne convention », à Montréal, au premier jour d'un débrayage des syndiqués

Un passant circule devant une succursale de la SAQ à Montréal au premier jour d'un débrayage des syndiqués

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

« Si la SAQ veut régler, qu'elle retire ses demandes sur nos planchers de postes et d'horaires », dit encore Mme Lelièvre. Les syndiqués affirment que bon nombre d'employés de la SAQ sont à statut précaire et que l'employeur les fragiliserait encore plus s'il avait gain de cause dans ses demandes. La porte-parole des employés avance que l’employeur souhaite abolir « la moitié des postes dans les bureaux ».

« Avec 70 % de ses salariés à temps partiel et une moyenne de douze ans pour obtenir un poste régulier, la SAQ n'a pas de quoi se vanter », décrie Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employés de services publics (FEESP-CSN), auquel est affilié le syndicat des employés de la SAQ.

Katia Lelièvre se dit ouverte à conserver le statu quo. « Le plancher d’emploi et la garantie d’horaires sont des intouchables dans notre convention collective. Ce sont les bases de notre travail. On est en demande pour les augmenter, mais on est prêt à rester au statu quo de la convention collective, mais l’employeur est toujours en demandes », a-t-elle affirmé en entrevue à l’émission Midi info à ICI Première.

La présidente du syndicat de la SAQ assure que les employés sauront se faire voir.

C’est sûr qu’on va faire du piquetage aux endroits qui seront ouverts. On demande surtout aux clients de ne pas passer les lignes de piquetage. C’est une journée de grève. En théorie, les gens devraient survivre à une journée sans alcool.

Katia Lelièvre

Mme Lelièvre estime qu’il serait surprenant que la direction de la SAQ décrète un lock-out alors que peu d’éléments de la convention collective ont été réglés. Cette décision entraînerait des pertes de revenus considérables pour l’État.

« Cela serait assez ironique que la SAQ déclenche un lock-out sur des demandes de reculs au niveau de la conciliation travail-famille, alors que le gouvernement Couillard sur sa plateforme électorale ne parle à peu près que de cela. Il faudrait que le gouvernement donne le mandat à la SAQ de mettre les employés dehors pour qu’ils acceptent d’avoir de moins bonnes conditions au niveau de ce que lui promet dans sa campagne ce serait, je dirais, étonnant », dit-elle.

Une cliente se bute à des portes fermées devant un magasin de la SAQ pendant que des syndiqués en grève arborent des pancartes à Rosemère, en banlieue de Montréal

Une cliente se bute à des portes fermées devant un magasin de la SAQ pendant que des syndiqués font la grève à Rosemère, en banlieue de Montréal

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Des succursales rouvertes par la SAQ

Pour pallier cet arrêt de travail, une soixantaine de succursales de la SAQ ont été rouvertes vers 12 h par des cadres. La liste des établissements ouverts à travers le Québec a été publiée sur le site Internet de la SAQ.

La SAQ dit vouloir poursuivre les négociations, malgré la grève, et rappelle qu'une séance de négociation est prévue aujourd'hui même. D'autres rencontres entre les parties sont prévues dans les jours à venir.

L'employeur réclame plus de flexibilité de la part de ses employés. Il dit vouloir « répondre aux priorités et aux demandes du syndicat, notamment en matière d'accès aux postes réguliers, de qualité des horaires et d'un plus grand nombre d'heures garanties pour les employés à temps partiel ».

Plus de 3 milliards de dollars en ventes

L'exercice budgétaire de la SAQ pour l'année 2017-2018 s'est clos sur un résultat net de 1,114 milliard de dollars. Cela représente une progression de 2,6 % par rapport à l’exercice précédent.

Les ventes de la SAQ ont atteint 3,252 milliards de dollars, soit une croissance de 4,1 %, comparativement à l'année précédente.

Relations de travail

Économie