•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La circulation ferroviaire reprend à Saint-Polycarpe

Plusieurs ouvriers s'activent sur le site de l'accident.

Le CP a reçu des renforts, mercredi matin.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Letendre

Radio-Canada

La circulation ferroviaire est partiellement rétablie à Saint-Polycarpe, en Montérégie, à la suite du déraillement d'au moins 25 wagons-citernes survenu plus tôt cette semaine sur la voie principale des trains de marchandises qui relie Montréal à Vancouver. Mais l'opération nettoyage du Canadien Pacifique (CP) est loin d'être terminée.

Car les wagons qui ont déraillé n'ont toujours pas encore été vidés de leur contenu – une opération délicate qui pourrait prendre plusieurs jours.

Les voitures ont été déplacées, tout simplement, ce qui a permis de dégager la voie vers minuit, dans la nuit de mardi à mercredi. Le directeur du Service de sécurité incendie de Saint-Clet, Saint-Polycarpe et Rivière-Beaudette, Michel Bélanger, a confirmé la reprise de la circulation, mais sur une seule voie ferrée du tronçon, celle en direction de l'ouest.

Les opérations de dégagement sont sous la responsabilité du CP. Toutefois, la société ferroviaire n'a accordé aucune entrevue depuis l'accident.

C'est plutôt le ministre Martin Coiteux qui a pris la parole, mardi. « Ils vont devoir transvider les matières dangereuses pour les sortir des wagons qui ont déraillé, donc il y a beaucoup de précautions qui doivent être prises, a-t-il expliqué. On veut s’assurer que c’est fait correctement pour la sécurité de la population et la protection de l’environnement. »

Ces matières dangereuses seront transbordées dans des camions-citernes, qui sont arrivés sur place mercredi.

Trois camions citernes faisant la queue sur une route.

Des camions-citernes sont arrivés sur place pour permettre le transbordement des produits inflammables.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Letendre

Le déraillement – qui n'a pas fait de blessés – est survenu vers 18 h 55 lundi soir, lorsqu'au moins 25 des 95 wagons du convoi qui circulait en direction est ont basculé sur près d'un demi-kilomètre, dans une zone agricole de Saint-Polycarpe, une municipalité située près de l'Ontario.

Une vue aérienne du déraillement.

Le déraillement du train du Canadian Pacific à Saint-Polycarpe n’a pas causé de déversement de matière dangereuse, selon le ministère de l'Environnement.

Photo : La Presse canadienne / Pascal Marchand

Certains des wagons transportaient du propane et du diesel. Un wagon transportant du propane est même tombé dans la rivière Delisle, mais il ne s'est pas enflammé.

Les pompiers et le ministère de l'Environnement soutiennent qu'aucun déversement toxique n'a eu lieu.

« Aucun de ces wagons ne représente une menace pour l'environnement, car ils sont intacts et il n'y a aucune fuite », a assuré Stéphane Degarie, porte-parole du ministère. Celui-ci a cependant décelé une fuite « mineure » d'huile végétale, une matière qui ne représente aucun danger pour l'environnement ou la sécurité des travailleurs, a-t-elle précisé.

Des wagons de train sont tombés dans une rivière.

Le nettoyage et le dégagement de la voie ferrée, la principale ligne ferroviaire du Canadien Pacifique au pays, s'annoncent longs et ardus.

Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada

On ignore toujours ce qui a provoqué le déraillement. Le Bureau de la sécurité des Transports (BST) a dépêché des enquêteurs pour comprendre les causes du déraillement. Ils sont toujours sur place.

Un secteur sensible

L'accident s'est produit dans une zone peu habitée où seules deux maisons se trouvent à proximité. Urgence-Environnement a indiqué qu'il n'y a pas eu d'évacuation.

Mais si le déraillement était survenu un kilomètre plus loin, dans le hameau de De Beaujeu, les conséquences auraient pu être tragiques, a souligné le maire de Saint-Polycarpe, Jean-Yves Poirier.

Ça aurait été catastrophique. On ne peut pas ne pas penser à Lac-Mégantic quand un incident comme ça arrive.

Jean-Yves Poirier, maire de Saint-Polycarpe

La ministre déléguée à la Santé et députée de Soulanges, Lucie Charlebois, a expliqué que ce n'est pas d'hier que les citoyens sont préoccupés par le passage de ces convois dans le secteur. Le gouvernement avait d'ailleurs imposé des limites de vitesse plus basses aux trains qui y circulent, il y a quelques années.

Sous la limite de vitesse permise

À ce chapitre, Guy Laporte, du BST, a précisé que le convoi circulait à 56 km/h lorsqu'il a déraillé, alors que la vitesse permise dans le secteur est de 64 km/h. Le train ne se déplaçait donc pas à une vitesse excessive quand le déraillement s'est produit environ une centaine de mètres après un passage à niveau.

Même s'ils circulent moins rapidement qu'avant, les trains ne sont pas à l'abri d'un déraillement, a souligné la ministre Charlebois après une visite des lieux de l'accident. Selon elle, le transport des produits pétroliers est toujours risqué, mais il doit se faire d'une façon ou d'une autre.

Tant qu’il se consomme du pétrole, il faut en transporter. La meilleure solution : ayons des voitures électriques.

Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé et députée de Soulanges

La ministre a ajouté qu'elle entendait suivre les travaux de nettoyage de près à Saint-Polycarpe et assister à toutes les réunions en compagnie du maire Poirier.

Sur sa page Facebook, la municipalité a par ailleurs informé sa population de la fermeture, pour plusieurs jours, du chemin Élie-Auclair, entre les chemins De Beaujeu et Saint-Georges.

Avec les informations de La Presse canadienne

Accidents et catastrophes

Justice et faits divers