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Les Montréalais délaissent le bus et adoptent le métro

Les explications de Julie Emond

L'achalandage dans les autobus de Montréal n'a pas cessé de diminuer au cours des dernières années. Le métro, par contre, a connu une hausse de ses utilisateurs.

Selon les données fournies par la Société de transport de Montréal (STM), les autobus ont continuellement perdu des usagers entre 2014 et 2017.

Les chiffres sont éloquents : le nombre de déplacements en autobus est passé de 197,5 millions, en 2014, à 181,1 millions, trois ans plus tard – une diminution de 8,3 % de l'achalandange. La baisse a été constante.

Selon les données obtenues par The Gazette grâce à la loi sur l'accès aux documents des organismes publics, ce recul daterait d'encore plus loin : le quotidien évoque un recul de 13 % entre 2012 et 2017.

Le nombre record de chantiers sur l'île de Montréal serait en cause, explique Amélie Régis, porte-parole de la STM.

« Dans ce contexte éprouvant pour notre réseau de bus, les efforts de la STM en ajout d’heures de service et de véhicules ont principalement visé à consolider le réseau pour assurer sa robustesse (par exemple, en ajoutant du temps de parcours sur les lignes) et réduire les impacts des travaux routiers, avec pour objectif de préserver la qualité du service pour nos clients », nous écrit-elle.

Mme Régie évoque aussi « d’autres facteurs externes [ayant pu avoir] une incidence sur la baisse de l’achalandage », dont « le développement des modes alternatifs » comme Bixi, Uber ou les véhicules en libre-service (VLS) tels que Car2go, Communauto et son volet Auto-mobile.

Le métro, plus populaire que jamais

Pendant ce temps, le métro, lui, voit ses utilisateurs augmenter d'année en année. Résultat : le nombre total de déplacements a grimpé de 417,2 à 429,5 millions entre 2014 et 2017.

« On peut donc penser que certains clients ont privilégié le métro », écrit Mme Régis, soulignant que celui-ci « n’est pas soumis aux aléas de la route ».

La STM rappelle par ailleurs que plusieurs mesures sont prévues au courant des prochaines années pour accroître l'attractivité du réseau d'autobus, dont :

La bonification du service pourrait effectivement renverser la tendance, admet Florence Junca-Adenot, professeure d'études urbaines et touristiques à l'UQAM. Surtout si la fin graduelle des chantiers est au rendez-vous.

« Plus on va doter la région – pas simplement l'île de Montréal, mais l'ensemble de la région métropolitaine – de mesures préférentielles qui favorisent la circulation des autobus, plus les autobus – ce qui est le cas en ce moment, tranquillement – sont climatisés, sont électrifiés, sont à l'heure, et plus le nombre d'heures de service est distribué sur l'ensemble du territoire pour répondre aux besoins, moins les gens seront tentés de prendre leur voiture », conclut-elle.

Avec la collaboration de Marc Verreault

Grand Montréal

Transport en commun