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Des mères font appel à la Ville pour mettre fin à la violence armée

Trois véhicules de police bloquent une rue.
La fusillade du 14 juin a eu lieu dans un quartier réputé pour être calme, à Scarborough, à l'est de Toronto. Photo: CBC/Greg Ross

Ces mères soutiennent que la fusillade survenue le 14 juin dans un parc de Scarborough et blessant deux fillettes a mis en lumière la nécessité de mettre en place des mesures afin d'éliminer la violence armée à Toronto.

Un texte de Lyne-Françoise Pelletier

Plusieurs mères de victimes de fusillades ont témoigné lors d'une réunion du Conseil de santé publique.

Selon elles, cette violence armée est le symptôme d'un problème sociétal profond.

Les deux fillettes de Stacey King ont été blessées lors de la fusillade sur un terrain de jeux de l'est de la ville. En tout, 11 enfants s'y trouvaient lorsque les coups de feu ont retenti, a rapporté la police.

Deux de ses filles, âgées de 5 et 9 an,s ont été gravement blessées lors de cette fusillade. Elles ont dû être opérées. Sa troisième fille, âgée de 7 ans, a également été effleurée par une balle.

Un premier suspect, Sheldon Eriya, 21 ans, a depuis été arrêté, mais deux suspects sont toujours recherchés.

Mme King a indiqué que son quartier était toujours sous le coup du choc. Le parc et les rues sont déserts malgré la belle température, rapporte-t-elle.

C'est comme vivre dans une ville fantôme. La violence armée peut frapper n'importe quand et n'importe qui. Nous avons besoin de solutions concrètes.

Stacey King mère victime de violence armée
Photo d'une structure de jeux jaune, rouge et bleue comprenant deux toboggansLe terrain de jeux où s'amusaient les victimes au moment de la fusillade. Photo : CBC/Linda Ward

Des solutions possibles

Kelly Whetter a perdu son fils en 2016, également tué par balles. Cette mère endeuillée soutient que les différents paliers gouvernementaux doivent travailler de concert pour combler l'écart qui existe entre les communautés moins nanties et celles qui sont plus riches.

Nous avons besoin de programmes de prévention et de programmes d'aide aux victimes pour surmonter le traumatisme.

Kelly Whetter mère d'une victime de violence armée
Kelly Whetter porte un chandail noir, elle a les cheveux mi-long et châtains et les yeux marronsKelly Whetter Photo : Radio-Canada

Selon elle, un programme de prévention axé sur la création d'emplois pour les jeunes, de meilleurs services sociaux ainsi que des logements abordables pour les familles moins nanties pourraient aider à endiguer cette violence.

Examen des causes

Le président du Conseil de santé publique, le conseiller municipal Joe Mihevc, souligne qu'il faut identifier les causes profondes de la violence armée là où elle se produit afin de déterminer quels sont les meilleurs moyens de l'éliminer.

Est-ce un problème de consommation ou de trafic de drogues?, questionne-t-il.

Si tel est le cas, dit-il, il faudrait mettre en place une meilleure stratégie pour combattre l'usage d'opioïdes par exemple.

Les membres du Conseil de santé publique recommandent pour leur part aux élus municipaux d'augmenter immédiatement les budgets des trois programmes communautaires.

Une somme de 400 000 $ doit être divisée, selon eux, de cette façon : 150 000 $ pour le programme de prévention de la violence juvénile, 200 000 $ pour le programme d'intervention d'urgence communautaire et 50 000 $ pour le fonds d'intervention d'urgence communautaire.

Le Conseil municipal se penchera sur cette recommandation lors de sa prochaine réunion, le 23 juillet.

Il y a eu 220 fusillades en date du 14 juillet qui ont fait 27 morts à Toronto.

Le Conseil se penche d'ailleurs présentement sur les causes et les solutions possibles pour remédier à cette violence armée. Un rapport est prévu pour 2019.

Par ailleurs, le maire John Tory doit annoncer sous peu quels programmes communautaires recevront un financement supplémentaire pour aider à combattre la violence dans certains quartiers de Toronto.

Le 12 juillet, le chef de police, Mark Saunders, a aussi ordonné le déploiement de 200 agents de plus cet été, en soirée et durant la nuit, particulièrement dans certains quartiers à risque. Cette annonce survient après une série de fusillades dans la Ville reine, au cours des dernières semaines.

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