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  • Archives
  • Le retour du Canada dans les missions de maintien de la paix

    La journaliste Sophie Langlois est assise avec un bloc-notes quelque part au Mali.
    La correspondante en Afrique Sophie Langlois lors d'une entevue au Mali en 2013 Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    L'envoi de soldats canadiens en appui à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) signale le retour du Canada dans les missions de paix onusiennes. Les troupes canadiennes devraient être opérationnelles à la mi-août 2018. Nos archives expliquent pourquoi la communauté internationale a dû intervenir dans ce pays de l'Afrique du Sahel.

    Les ténèbres s'emparent du nord du Mali

    C’est le 24 juin 2018 que les premiers membres des Forces armées canadiennes sont arrivés au Mali. Les Canadiens rejoignent les soldats de 57 autres pays intégrés au sein de la MINUSMA.

    Le rôle du Canada est d’apporter un appui aérien à la mission des Nations unies. Les militaires canadiens garantiront notamment des évacuations médicales. Ils surveilleront aussi avec leurs huit hélicoptères un territoire ravagé par la guerre.

    C’est que la MINUSMA, créée en juillet 2013, a reçu le mandat d’assurer la stabilisation et la paix au Mali. Depuis 2012, ce pays vit une guerre civile qui menace les fondements même de l’État malien.

    Le Mali est à l'heure actuelle déchiré en deux. Dans le sud habite la plus grande partie de la population malienne. C’est aussi la plus riche région du Mali.

    Le nord du Mali, pour sa part, constitué d’une portion du désert du Sahara, est ravagé depuis des décennies par une insurrection armée. Ce sont des tribus touarègues qui veulent arracher leur indépendance au pouvoir central situé au sud à Bamako.

    Mais depuis le début de la décennie 2010, l’insurrection touarègue a été détournée par des éléments terroristes djihadistes. Ces derniers imposent la loi islamique, la charia, aux populations qui tombent sous leur contrôle. L'effroi règne dans cette partie du Mali. Les gens fuient vers le sud pour retrouver la paix.

    Téléjournal, 16 janvier 2013

    C’est cette situation dramatique que décrit la correspondante en Afrique Sophie Langlois dans un reportage présenté par l’animatrice Céline Galipeau au Téléjournal du 16 janvier 2013.

    À Bamako, la journaliste interviewe Mokhtar et Süleyman, deux hommes parmi les 40 000 réfugiés qui viennent du nord du pays. Leur histoire est d’une tristesse infinie.

    Mokhtar et Süleyman sont arrivés à Bamako il y deux mois après avoir été amputés de la main droite. Anciens chauffeurs de camion, ils vivotent désormais en vendant des bouteilles d’essence et des cigarettes sur le bord de la route.

    Sophie Langlois

    C’est le frère de Mokhtar qui a demandé qu’on lui coupe la main. Mokhtar refusait de devenir djihadiste comme son frère aîné. Les membres de sa famille installés dans la capitale tentent bien d'aider Mokhtar, mais la crise rend la vie difficile à Bamako. Mokhtar, Süleyman et des centaines d’autres amputés doivent de plus en plus souvent dormir dans la rue.

    Le savoir détruit par les djihadistes

    Ce ne sont pas seulement les humains que les djihadistes détruisent dans le nord du Mali. C’est aussi l’histoire et la culture de ce pays qu’ils vandalisent. Le journaliste Gilles Gougeon nous le confirme dans un reportage que présente l’animatrice Pascale Nadeau au Téléjournal du 29 juin 2012.

    Téléjournal, 29 juin 2012

    La cible des djihadistes : la ville légendaire de Tombouctou. Cette cité, comme le souligne Gilles Gougeon, est un des principaux lieux de préservation de la mémoire de l’Islam. Tombouctou jusqu’en 2012 protégeait parmi les plus anciens monuments et manuscrits du savoir musulman en Afrique.

    Parmi les trésors, des exemplaires du Saint Coran dont certains dataient du tout début de la religion musulmane. On y trouvait aussi des traités de médecine et d’astronomie qui confirmaient l’immense érudition accumulée par les sages arabes et africains à cette époque. D’où le cri du cœur d’un Malien capté par Gilles Gougeon pour sauver les trésors de Tombouctou.

    Des risques sérieux de destruction pèsent sur toutes ces richesses. […] Tombouctou est en train de perdre son âme.

    Un citoyen malien anonyme

    Malgré l’horreur et l’urgence de la situation, le gouvernement du Canada hésite tout d’abord à s’impliquer à fond au Mali.

    En 2013, le Canada limite sa contribution à un seul avion de transport. Celui-ci transférera pendant une semaine les troupes entre Bamako et la France.

    Téléjournal, 18 janvier 2013

    Comme l’observe l’envoyée spéciale au Mali Sophie Langlois dans un reportage présenté par l’animatrice Azeb Wolde-Ghiorghis au Téléjournal du 18 janvier 2013, les Maliens remercient le Canada. Du même souffle, ils demandent également que les Canadiens s’impliquent davantage.

    Nous aimerions que le Canada agisse comme la France. La France aujourd’hui est la bienvenue. C’est un pays libérateur pour nous.

    Un citoyen malien interviewé par Sophie Langlois dans une rue de Bamako

    Les 280 soldats canadiens et leurs huit hélicoptères seront au Mali pendant au moins un an, a promis le premier ministre Justin Trudeau.

    La MINUSMA est considérée comme une des plus dangereuses missions déployées à l'heure actuelle dans le monde. Depuis le début de son opération, plus de 150 Casques bleus y ont laissé leur vie.

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