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Accusés d’avoir tué 13 chevaux, ils auraient déjà commis des crimes similaires

Une étable.
La propriété à Whitchurch-Stouffville, en Ontario, où les chevaux ont été découverts. Photo: Radio-Canada / Martin Trainor/CBC News
CBC News

Un père et un fils accusés d'avoir laissé 13 chevaux mourir ont des antécédents de fraude, de vol et de cruauté envers les animaux, selon une enquête de CBC Toronto.

Les 13 chevaux morts ainsi que 15 autres qui étaient dans différents états de détresse physique ont été découverts dans une ferme de Whitchurch-Stouffville, en Ontario, en mai.

David Small, son épouse, Victoria, et leur fils, Jason, font face à neuf chefs d'accusation à la suite d'une enquête menée par la Société ontarienne pour la prévention de la cruauté envers les animaux. Whitchurch-Stouffville est située à quelque 50 kilomètres au nord-est de Toronto.

Les trois membres de la famille seront de retour en cour à Newmarket le 13 août prochain.

Les accusations portées contre eux rappellent curieusement des événements qui se seraient déroulés dans l’État du New Jersey il y a sept ans.

Selon Kate Caffrey, qui est propriétaire d’une ferme à Lambertville, dans l’État américain, les Small seraient responsables de la mort et de l’émaciation de certains chevaux sur sa propriété.

Elle dit avoir enterré trois chevaux qui appartenaient à David et Jason Small. D'après elle, les animaux sont morts de négligence.

« Franchement, c'était horrible », a-t-elle déclaré en entrevue avec CBC Toronto.

Deux portraits juxtaposésJason et David Small Photo : Facebook et Canadian Thoroughbred Horse Society

Six chevaux

D'après Mme Caffrey, un homme qui disait se nommer Richard Small s’est présenté à la propriété familiale et a demandé à louer six box. C’est le père de Mme Caffrey, Eugene, qui avait fait affaire avec l’homme, selon un rapport d'enquête du service de police du canton de Delaware, dans le New Jersey.

M. Caffrey affirmait dans le rapport que M. Small voulait se servir des box pour secourir des chevaux en détresse.

En entrevue avec CBC Toronto, M. Caffrey a raconté avoir tenté de vérifier si M. Small s’y connaissait effectivement dans le soin des chevaux. Il avait alors trouvé un homme du Maryland nommé Richard Small qui était entraîneur de chevaux de course. M. Caffrey dit que ses recherches en étaient restées là, puisqu’il n'avait aucune raison de douter de M. Small.

L'homme a demandé si son fils, Jason, pouvait apporter quelques chevaux au New Jersey. M. Caffrey a accepté.

Jason a amené plusieurs chevaux à l’étable entre le printemps et l'automne 2011, selon Mme Caffrey, qui gère la propriété.

« Au début, on ne parlait que de quelques chevaux, mais il continuait à en amener. Légalement, nous ne pouvons pas avoir 25 chevaux avec les paddocks qui sont disponibles. Mais il n’était jamais ici assez longtemps pour qu’on lui demande d’arrêter d’amener des chevaux », dit Mme Caffrey au sujet de Jason.

Les chevaux que les Small apportaient étaient « terriblement trop maigres », se souvient-elle, estimant que leur poids se situait des centaines de kilos sous ce qu'il aurait dû être.

Puis « Richard » Small a disparu.

C’est à ce moment que M. Caffrey a tenté d’entrer en contact avec lui. « J'ai appelé Pimlico Race Course [au Maryland] et j'ai parlé à Richard Small. J’ai appris que ce n’était pas lui qui louait les box de notre étable », raconte M. Caffrey.

CBC Toronto a montré aux Caffrey une photo de David Small. Selon eux, il s’agit bien de l’homme qui amenait des chevaux émaciés à l’étable sous le nom de Richard Small.

D'après le rapport de la police, le numéro de sécurité sociale que « Richard » Small avait fourni existait bel et bien, mais était utilisé par plusieurs personnes un peu partout au pays. De plus, le numéro de téléphone qu'il avait donné n'était pas en service.

« Au-delà de la négligence »

Mme Caffrey affirme dans sa déclaration enregistrée par la police du canton de Delaware que Jason Small lui a pris de 50 à 60 ballots de foin sans payer.

Selon le rapport d'enquête, les chevaux des Small n'étaient pas nourris régulièrement. « Ils avaient l’air morts-vivants, se remémore Mme Caffrey. Leurs os étaient saillants, leurs côtes dépassaient, c’étaient des squelettes vivants. »

Jason Small, 32 ans, a plaidé coupable d'avoir volé le foin. Il avait alors déclaré à la police qu'il croyait que son père avait pris des dispositions d’avance, selon le rapport d'enquête.

Il a également admis avoir volé du matériel de harnachement équin.

La Société du New Jersey pour la prévention de la cruauté envers les animaux (NJSPCA) a eu recours aux services du vétérinaire Chadd Tindall pour traiter les chevaux.

Un poulain est mort 24 heures après l’arrivée du vétérinaire en raison d'une hernie ombilicale.

Ils n'avaient pas été soignés. Ils avaient tous des vers intestinaux. Ils étaient sous-alimentés. C’était un désastre.

Chadd Tindall, vétérinaire

La NJSPCA n'a jamais porté d'accusations contre les Small. M. Tindall a trouvé de nouveaux foyers pour les chevaux survivants.

Mais Kate Caffrey dit que la manière dont David et Jason Small traitaient leurs chevaux allait « au-delà de la négligence ».

Interrogé par CBC Toronto au sujet des chevaux morts et affamés du New Jersey, David Small a refusé d'émettre tout commentaire, affirmant qu'il « ne [se souvenait] plus de rien » de cette époque.

Cruauté animale

Justice et faits divers