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Flambée du nombre de chauffeurs d’autobus de Winnipeg en congé pour stress

Un homme moustachu croise les bras devant l'immeuble de Winnipeg qui abrite les bureaux de plusieurs syndicats.

Selon Aleem Chaudhary, président de la section locale 1505 du Syndicat uni du transport, deux ou trois chauffeurs d'autobus remettent leur démission chaque semaine. Souvent, c’est parce qu’ils se sentent en danger.

Photo : Radio-Canada / Chris Stanton

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

De plus en plus de chauffeurs d'autobus de Winnipeg prennent des congés de maladie en raison d'incidents traumatisants ou stressants. Ils seraient plus nombreux à pouvoir le faire en raison d'un changement de politique de la Commission des accidents du travail du Manitoba.

En 2017, 14 des 1100 conducteurs d’autobus de la Ville de Winnipeg ont été placés en congé de maladie après des événements stressants ou traumatisants. Ce chiffre marque une augmentation importante : en 2016, ce nombre n'était que de 2. En 2015, il étaient 3, et 2 en 2014.

Ce n'est pas surprenant, soutient le président de la section locale 1505 du Syndicat uni du transport, Aleem Chaudhary.

Il constate une augmentation du nombre de chauffeurs qui se font menacer ou attaquer au travail. Pour lui, cela fait monter en flèche le stress des chauffeurs d'autobus.

Il soupçonne que le nombre de ceux qui souffrent de maux dus au stress et aux traumatismes est bien plus élevé que ce qu’indiquent les chiffres de la Commission des accidents du travail.

« Quatorze, c’est juste le nombre de demandes de congés approuvées. On ne parle pas des demandeurs qui attendent une réponse de la Commission, ou des demandes pour blessures psychologiques qui n’ont pas été approuvées », déclare M. Chaudhary.

Plus d’ouverture aux blessures psychologiques

Jusqu’en 2016, les demandeurs devaient prouver qu’ils souffraient de stress et qu’ils étaient incapables de travailler. De nouvelles mesures ont alors été mises en place pour que la charge de la preuve revienne plutôt à la Commission des accidents de travail.

Ainsi, explique le directeur de la prévention de la Commission, Dwight Doell, il y a plus d’ouverture aux blessures psychologiques. « C’est oui à moins qu’on prouve que non », dit-il.

« Mais je ne peux pas dire que ce changement soit la raison de l’augmentation récente à 14 cas », indique-t-il.

Pour le syndicaliste Aleem Chaudhary, l’augmentation témoigne d’une évolution des normes culturelles.

Plus de personnes acceptent le fait qu’il ne faut pas avoir honte d’une blessure psychologique.

Aleem Chaudhary, président, section locale 1505 du Syndicat uni du transport

Un porte-parole de la Ville de Winnipeg affirme qu’il y a plusieurs facteurs qui influent sur le nombre de demandes de congés pour stress des chauffeurs d’autobus.

Parmi ces facteurs, la Ville relève une meilleure reconnaissance du côté médical des symptômes de blessures psychologiques et physiques, le fait que les chauffeurs et les gérants sont plus conscients de ces blessures, et l’élargissement de la définition de ce qu'est une blessure psychologique de la part de la Commission des accidents du travail.

Les attaques contre les chauffeurs à la hausse

M. Chaudhary mentionne la crainte des conducteurs pour leur sécurité et celle des passagers comme causes principales de stress.

Le drapeau du Canada est en berne devant les locaux de la Winnipeg Transit par une journée ensoleillée d'hiver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le drapeau est en berne devant la Winnipeg Transit à la suite du meurtre du chauffeur Irvine Fraser.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

La Commission signale aussi une hausse importante d'attaques contre les chauffeurs.

Attaques contre les chauffeurs d’autobus :

  • 2017 : 14
  • 2016 : 8
  • 2015 : 7
  • 2014 : 6

Certains actes de violence ont été fortement médiatisés, comme le meurtre du chauffeur Irvine Jubal Fraser, le 14 février 2017. Un homme est accusé de meurtre au deuxième degré pour cette attaque au couteau.

Des chauffeurs ont entendu des gens leur dire : "Je vais te tuer." Ils miment un pistolet avec leur main et ils disent : "Je vais t’abattre."

Aleem Chaudhary, président, section locale 1505 du Syndicat uni du transport

Le syndicat réclame de nouvelles mesures pour protéger les conducteurs d’autobus. Selon M. Chaudhary, deux ou trois conducteurs remettent leur démission chaque semaine et c'est souvent parce qu’ils se sentent en danger.

La Ville de Winnipeg a lancé un projet pilote d’écrans de protection pour les chauffeurs, comme l’on en retrouve dans les taxis. Un comité consultatif a été formé, et des policiers ont été affectés à la sécurité dans les autobus.

La Ville nie cependant que des conducteurs démissionnent pour des raisons de sécurité. Selon un porte-parole, les chauffeurs remplissent un formulaire quand ils remettent leur démission, et pour le moment, aucun démissionnaire n’a cité de préoccupations au sujet de la sécurité.

Avec des informations de Marianne Klowak

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