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La désobéissance civile au coeur des manifestations anti-Trans Mountain

Un agent de la GRC de Burnaby en train de lire l'injonction à des manifestants qui se sont attachés à l'entrée du terminal pétrolier de Kinder Morgan.
Kinder Morgan a obtenu le pouvoir de faire arrêter toute personne s'approchant à moins de 5 mètres de ses installations, sans avertissement. Photo: Radio-Canada / Rafferty Baker
Radio-Canada

Les manifestants contre l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain sont d'avis que le nombre d'arrestations pour désobéissance civile continuera d'augmenter et dépassera peut-être le nombre d'arrestations effectuées lors de la bataille de Clayoquot, survenue il y a plus de deux décennies.

En 1993 se déroulait le plus grand acte de désobéissance civile de l'histoire du Canada, à Clayoquot Sound, sur la côte ouest de l'Île de Vancouver. Près de 800 personnes avaient été arrêtées pour avoir bloqué des routes forestières, empêchant la coupe du bois ancien.

Les opposants à l’oléoduc promettent plus d’arrestations, malgré le risque de se retrouver en prison pendant 7 à 14 jours en conséquence de l'infraction à l’injonction au terminal Westridge et au terminal Burnaby de Kinder Morgan.

Tzeporah Berman, environnementaliste et directrice du groupe de défense Stand.earth, dit qu’il y a des moments dans l’histoire où les gouvernements n’agissent pas dans l’intérêt public à cause de la pression d'autres groupes et d'industries et que c’est dans ces moments-là que le peuple doit agir.

« Je sens que c’est un de ces moments », dit-elle, au sujet du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain.

Une manifestante face à un agent de police avec d'autres policiers et d'autres manifestants en arrière. Une manifestante contre le projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain face à la police le samedi 24 mars à Burnaby, en banlieue de Vancouver. Une cinquantaine d'arrestations ont eu lieu cette journée-ci, selon la police. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement fédéral a annoncé l’achat du projet en mai pour mener à bien sa construction. Les manifestations sont donc maintenant dirigées contre Ottawa.

Certains universitaires affirment eux aussi qu’il y a le potentiel pour plus d’arrestations.

« Il y a suffisamment de personnes qui sont fermement engagées dans ce mouvement », explique David Tindall, sociologue à l’Université de la Colombie-Britannique qui a étudié pendant 30 ans la désobéissance civile. « Certaines personnes croient qu’elles n’ont pas d’autres choix, que c’est leur devoir moral de participer à ce genre d’activités. »

Entre la mi-mars et le début du mois de juillet, 211 personnes ont été arrêtées pour avoir défié l’injonction dans les chantiers de construction de Kinder Morgan.

Le rythme des arrestations a cependant ralenti après le mois d’avril quand 170 personnes avaient été arrêtées dans la même semaine. Au début, les personnes transgressant l’injonction avaient droit à une amende de 500 $ ou des travaux d’intérêt général. Depuis, un juge a augmenté la sévérité des sanctions à une amende de 5000 $, et à 7 à 14 jours de prison.

Mme Berman affirme que les arrestations attirent l’attention des médias, sèment le doute auprès des investisseurs et peuvent retarder la construction.

« Il y a rarement un seul moment qui empêche un projet, dit-elle. Cela nous a pris 10 ans pour arrêter [le pipeline Northern Gateway d’Enbridge]. Cela nous a pris cinq ans pour arrêter [le pipeline Énergie Est]. On empêchera celui-ci aussi. »

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière