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Ingérence russe : Trump refuse de se ranger derrière les renseignements américains

Le reportage de notre correspondant Christian Latreille
Radio-Canada

Donald Trump et Vladimir Poutine ont affirmé avoir ouvert un dialogue « direct et productif » à l'issue d'une rencontre au sommet à Helsinki où les deux présidents affirment avoir abordé de front les questions qui minent les relations entre les deux pays, dont la présumée ingérence russe lors des présidentielles américaines.

Abondamment questionnés par les journalistes sur le rôle que la Russie aurait joué lors des dernières élections américaines en contribuant à discréditer la candidate démocrate Hillary Clinton au profit du camp de Donald Trump, les deux hommes ont rejeté en bloc ces allégations.

Le président américain dit avoir posé la question à son homologue russe. Pour lui, il n'y avait aucune raison de croire que la Russie est intervenue dans la campagne présidentielle américaine de 2016 afin de l'aider à remporter la course à la Maison-Blanche.

Le président Poutine a été extrêmement ferme et affirmatif dans son démenti aujourd'hui.

Donald Trump

Une déclaration qui survient à peine trois jours après l’inculpation de 12 agents du renseignement russe aux États-Unis par un grand jury fédéral pour ingérence dans le processus électoral.

Sans jamais prononcer une phrase négative à l’égard de la Russie ou de Vladimir Poutine, Donald Trump a donc semblé se ranger du côté de l'homme fort du Kremlin et non de celui des agences américaines de renseignement qui ont conclu à l'ingérence russe pendant la campagne électorale.

Questionné directement par un journaliste à savoir s'il croyait ses propres services de renseignement ou le président russe sur cette question, le président Trump a eu cette réponse : « Le président Poutine dit que ce n'est pas la Russie. Je ne vois pas pourquoi ça le serait [...] Mais j'ai confiance dans les deux parties. »

Le président Trump a aussi affirmé qu'il estimait que l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe était un « désastre » pour les États-Unis.

De son côté, le président russe a réitéré, comme il le fait depuis le tout début, que ces allégations étaient « absurdes » et que jamais la Russie ne s’ingérerait dans le processus démocratique d’un autre État.

J'ai dû répéter ce que j'ai déjà dit à plusieurs reprises : le gouvernement russe ne s'est jamais ingéré et n'entend pas s'ingérer dans les affaires intérieures des États-Unis, y compris dans le processus électoral.

Vladimir Poutine

Il a cependant reconnu qu’il préférait voir Donald Trump à la Maison-Blanche à l’époque, car le candidat républicain prônait une normalisation des relations russo-américaines.

« Ce n'est que le début »

En conférence de presse après leur rencontre, MM. Trump et Poutine se sont tous deux félicités du climat dans lequel les pourparlers se sont déroulés, affirmant avoir discuté de façon « franche et directe ».

Après des mois de relations très tendues entre son pays et les États-Unis, notamment sur les questions de la Syrie, de l’ingérence dans le processus électoral américain et de la présence russe, le président russe Vladimir Poutine a expliqué qu’il « n’existe pas de raison objective » aux tensions qui plombent les relations entre Moscou et Washington.

Il est évident pour tout le monde que nos relations bilatérales traversent une période difficile, mais en dépit de ces difficultés, il n'y a pas de raison objective à cette atmosphère tendue.

Vladimir Poutine, président de la Russie
Les président américain Donald Trump et russe Vladimir PoutineÀ l'issue de sa rencontre avec le président américain Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie ne s'était pas ingérée dans l'élection de 2016 aux États-Unis. Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Un point de vue partagé par Donald Trump, qui a renchéri en affirmant que le dialogue était de loin préférable au conflit et qu’une nouvelle ère venait de s’ouvrir aujourd’hui dans les relations entre les deux pays.

Je viens de conclure une réunion avec le président Poutine sur une série de questions critiques pour nos deux pays. Nous avons eu un dialogue direct, ouvert et très productif.

Donald Trump, président des États-Unis

La faute aux Américains

Plus tôt, à l'ouverture du sommet, le président américain avait dit espérer aboutir à une relation « extraordinaire » avec son homologue russe Vladimir Poutine, qui, de son côté, estimait « qu'il était temps » que les États-Unis et la Russie commencent à aborder les dossiers qui les préoccupent.

Dans une série de messages publiés sur Twitter au cours de la nuit, Donald Trump a soutenu que la relation des États-Unis avec la Russie n’avait jamais été aussi mauvaise en raison de plusieurs années de « bêtises américaines » et d’une « chasse aux sorcières truquée ».

Il a également accusé le président Barack Obama et les démocrates de n'avoir rien fait lorsque le FBI les a prévenus de l'existence d'une possible ingérence de la Russie dans la dernière campagne électorale américaine.

Le président Obama pensait que Crooked Hillary allait gagner les élections, alors lorsqu'il a été informé par le FBI au sujet de l'ingérence russe, il a dit que cela ne pouvait pas arriver, que ce n'était pas grand-chose, et il n'a rien fait à ce sujet. Quand j'ai gagné, c'est devenu une grosse affaire et la chasse aux sorcières truquée dirigée par Strzok!

Donald Trump, président des États-Unis

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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