•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le parc national Wood Buffalo, le plus vaste au pays, en déclin

Un étang entourée de forêts

Un paysage du parc national Wood Buffalo, classé au Patrimoine mondial de l'humanité.

Photo : Parcs Canada

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude exhaustive du plus vaste parc national au Canada conclut que pratiquement chaque aspect de son environnement se détériore.

Le rapport de 561 pages sur le parc national Wood Buffalo, dans le nord de l'Alberta, signale que l'industrie pétrolière, les barrages hydroélectriques, les changements climatiques et même les cycles naturels sont en train de saigner à blanc le delta des rivières Paix et Athabasca.

L'étude fédérale a été conduite en raison des inquiétudes soulevées à l'égard du statut de patrimoine mondial de l'UNESCO du parc. Alors que le delta dépend de « la réalimentation de ses lacs et bassins », celle-ci est en déclin, peut-on lire dans le rapport qui signale que « sans intervention immédiate », sa valeur patrimoniale sera perdue.

Sur les 17 indicateurs de santé environnementale étudiés, 15 sont en déclin.

Fondée sur des décennies de recherches, avec 50 pages de références, l'étude constitue sans doute l'évaluation la plus complète de cette région en aval des centres de production énergétique les plus importants et d'un des plus grands barrages hydroélectriques au pays.

« Il y a vraiment des centaines d'études différentes en cours par rapport au parc ou aux sables bitumineux ou à Hydro C.-B. », souligne Don Gorber, qui était à la tête de l'initiative d'Environnement Canada.

M. Gorber a découvert que l'eau – ou plutôt son absence – est à la source de la dégradation du parc.

Le débit de la rivière de la Paix a reculé de 9 % depuis la construction du barrage Bennett, en Colombie-Britannique. Celui de la rivière Athabasca a pour sa part chuté de 26 %.

Les embâcles de glace qui inondaient auparavant les milieux humides et les lacs inondés ne se produisent plus. Par conséquent, l'habitat des bisons rétrécit, des espèces envahissantes étouffent la végétation locale et les oiseaux migratoires commencent à éviter des zones où ils faisaient autrefois escale par millions.

Les Autochtones qui se rendent par bateau sur une bonne partie de leur territoire ancestral n'y ont plus accès. Les trappeurs qui piégeaient des centaines de rats musqués chaque saison rapportent que ces petits rongeurs friands d'eau ont disparu. D'autres signalent que l'eau stagnante, dépourvue d'oxygène, tue les poissons.

Concentration de produits chimiques

Avec des niveaux d'eau plus bas, la concentration de produits chimiques semblables à ceux produits par les sables bitumineux monte en flèche. Les oeufs d'oiseaux présentent des traces de métaux lourds et d'hydrocarbures.

« Mon intention était de déterminer s'il y avait un problème dans le parc et non de blâmer le responsablE », soutient Don Gorber.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !