•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Donald Trump utilise un synonyme d'« ennemies »pour qualifier la Russie, l’UE et la Chine

«Helsinki aime la démocratie», peut-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant finlandais à la veille d'un sommet Poutine-Trump.
Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues d'Helsinki où doit se tenir lundi un sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. Photo: Getty Images / JONATHAN NACKSTRAND

Avant d'attaquer sa tournée européenne, le président américain Donald Trump avait prédit que l'étape d'Helsinki, où il doit retrouver son homologue russe Vladimir Poutine, serait la « plus facile ». Le sommet s'annonce pourtant particulièrement épineux.

M. Trump a donné le ton en estimant que la Russie, l'Union européenne et la Chine étaient, pour différentes raisons, des « ennemies » [en anglais : foe] des États-Unis, dans une entrevue accordée samedi à la chaîne américaine CBS et diffusée dimanche.

Mise au point

Dans une deuxième version de ce texte, nous avions traduit « foe » par « rivales ». Après réflexion, nous estimons que le mot « ennemies » - que nous avions d'abord utilisé pour traduire les propos de Donald Trump - est plus approprié, même si le président américain a ensuite voulu minimiser la portée de ses paroles, dans la même entrevue, en employant le mot « compétitrices ».

Je pense que nous avons beaucoup d'ennemis. Je pense que l'Union européenne est une ennemie, avec ce qu'elle nous fait [subir] dans le secteur du commerce. Bien sûr, on ne penserait pas que l'Union européenne est une ennemie, mais ça en est une. La Russie est une ennemie à certains égards. La Chine est une ennemie économique, évidemment, c'est une ennemie. Mais ça ne veut pas dire qu'ils [ces pays] sont mauvais, ça ne veut rien dire. Ça veut dire qu'ils sont des compétiteurs ["competitors"].

Donald Trump, président des États-Unis

Lundi, les deux présidents s'entretiendront d'abord en tête-à-tête avec leurs seuls interprètes au palais présidentiel, avant d'ouvrir la réunion à leurs délégations respectives pour un déjeuner de travail.

Si les séjours du 45e président des États-Unis à Bruxelles et à Londres ont été agités, marqués par ses charges virulentes contre ses alliés de l'OTAN – l'Allemagne en tête, accusée d'être « prisonnière » des Russes –, les points de friction entre Washington et Moscou ne manquent pas.

Rattachement en mars 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, soutien de la Russie au régime syrien de Bachar Al-Assad, nouveaux droits de douane américains... la liste est longue.

Ingérence dans la présidentielle

À trois jours de la rencontre, un autre sujet sensible s'est réimposé de façon spectaculaire au menu des discussions : l'inculpation de 12 agents du renseignement militaire russe dans l'enquête sur l'ingérence du Kremlin dans la présidentielle de 2016.

Le président américain a indiqué qu'il pourrait demander à M. Poutine l'extradition aux États-Unis des agents inculpés.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a estimé dimanche sur la chaîne ABC que l'inculpation des agents russes « renforce la position » de M. Trump pour le sommet, prévenant toutefois que les Russes « défendent la position [...] selon laquelle leur Constitution interdit d'extrader des citoyens russes ».

Donald Trump a par ailleurs indiqué sur CBS qu'il se rendait à sa première rencontre bilatérale avec M. Poutine à Helsinki avec « peu d'attentes ».

Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, rappelle que ce n’est pas la première fois que des ressortissants russes sont inculpés pour ingérence aux États-Unis, mais « cette fois, il s’agit d’agents officiels ».

« Là, il est carrément question de complot de la part de la Russie contre les États-Unis, dit-il. C’est extrêmement sérieux. »

Trump critiqué à Helsinki

Dimanche, 2000 à 2500 personnes ont manifesté « pour les droits de l'homme » à Helsinki.

Non loin du palais présidentiel qui accueille le sommet, les manifestants ont dénoncé la politique des deux chefs d'État avec la même virulence. « Vous commanditez les guerres, mais c'est l'Europe qui en paye le prix », pouvait-on lire sur une banderole.

Le quotidien de référence finlandais Helsingin Sanomat a réservé 300 panneaux publicitaires dans la capitale sur lesquels on peut lire, en anglais et en russe : « M. le président, bienvenue dans le pays de la presse libre », une allusion au fait que la Finlande figure régulièrement en tête du classement des pays respectant la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

Dans un communiqué publié dimanche, le quotidien précise que les écrans se trouvent sur le chemin reliant l’aéroport d’Helsinki au lieu du sommet entre Trump et Poutine, afin que les deux dirigeants puissent les voir lors de leur séjour dans la capitale finlandaise.

Le rédacteur en chef du journal, Kaius Niemi, a expliqué que cette initiative vise à soutenir la liberté de la presse : « Les médias ne doivent être des chiens de poche pour aucun président ou régime. […] Nous soutenons nos collègues aux États-Unis et en Russie qui doivent se battre au quotidien dans des circonstances de plus en plus difficiles. »

Selon les données collectées par le site Internet US Press Freedom Tracker, au moins 34 journalistes ont été arrêtés, 44 attaqués physiquement et 15 ont vu leur matériel confisqué l’an dernier aux États-Unis.

La Russie, pour sa part, occupe la 148e place sur 180 dans le dernier classement RSF, qui dénonce un « climat de haine et d’impunité qui prévaut contre les voix critiques ».

Avec les informations de AFP, et Reuters

Politique américaine

International