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Les vignerons québécois peinent à répondre à la demande

Les viticulteurs québécois espèrent produire 10 millions de bouteilles par an d'ici 10 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La cuvée 2018 s'annonce exceptionnelle pour les vins du Québec. Pour les producteurs de vins québécois certifiés, qui peuvent désormais vendre leurs produits dans les magasins de la Société des alcools du Québec (SAQ) et dans les épiceries, le défi est maintenant de répondre à la demande.

Un texte de Michel Marsolais

La récolte 2018 s'annonce généreuse et hâtive. Et pour répondre à la demande, Yvan Quirion vient d'investir 5 millions de dollars dans son vignoble, le Domaine St-Jacques, pour doubler sa production.

« Il y a peut-être 60 % qui sont investis aux champs, dans les vignes. L'autre 40 %, c’est pour les bâtiments, les cuves, la ligne d'embouteillage, la boutique, etc. Ça investit partout au Québec. On peut vendre certaines semaines 4000 à 5000 bouteilles. C'est incroyable », s’enthousiasme Yvan Quirion, qui est aussi président du Conseil québécois des vins.

On vend aujourd'hui en un mois ce qu'on vendait, il y a 10 ans, en un an.

Yvan Quirion, propriétaire du Domaine St-Jacques

De 2013 à 2017, la production de vins québécois est passée de 1,4 million à 2,7 millions de bouteilles.

L'accès récent aux magasins de la SAQ et aux épiceries y est pour quelque chose. Sans oublier la qualité du produit. Les meilleurs producteurs, qui ont l’appellation « Vin du Québec certifié », sont rapidement en rupture de stock.

« Un vignoble qui a des vins du Québec certifiés ne fournit jamais à l'année. On sent vraiment un tsunami de consommation qui est assez intimidant », avoue Yvan Quiron.

Yvan Quirion

Yvan Quirion est le président du Conseil québécois des vins.

Photo : Radio-Canada

Pour maintenir ou hausser la production, les vignerons peuvent, depuis cette année, acheter du raisin québécois d'un autre producteur sans perdre leur certification.

Ceux qui avaient acheté des vignobles comme passe-temps et travaillaient notamment à partir de jus acheté à l’extérieur de la province se font plus rares.

Un « beau potentiel »

De l'Estrie à l'île d'Orléans, plusieurs vignerons délaissent aussi en partie les vignes hybrides ou rustiques pour des cépages connus comme le chardonnay, le riesling ou le pinot noir. Il faut toutefois couvrir ou chauffer le sol en hiver.

L'expertise des œnologues entre en jeu. Giovanni Piccirillo vient d'une famille de vignerons italiens. Il a étudié à la réputée Université de Bordeaux avant de venir travailler au Domaine St-Jacques. Les cépages locaux, comme le frontenac ou le vidal, lui étaient inconnus.

« Je ne connaissais pas du tout. Je trouve que le seyval se rapproche du sauvignon blanc », explique Giovanni Piccirillo.

Giovanni Piccirillo

Giovanni Piccirillo juge le potentiel des vins québécois intéressant.

Photo : Radio-Canada

« J'ai remarqué que les zones ici sont très hétérogènes. On a un bon potentiel pour les vins blancs et un bon potentiel pour les vins rouges. Moi, ce qui m'inquiétait vraiment, c'était l'hiver », raconte l’œnologue du Domaine St-Jacques.

Ce dernier estime que les rouges québécois manquent encore un peu de tanin, mais que la situation s’améliore.

Avec un marché en croissance, il y a de la place pour d'autres joueurs dans l'industrie, notamment en Montérégie, juge Yvan Quirion.

Selon ce dernier, il y a pour l’instant 750 hectares de vignes en culture et on pourrait atteindre 4000 hectares d'ici une douzaine d'années. L’objectif, poursuit-il, est de produire 10 millions de bouteilles.

Ce chiffre est cependant à relativiser puisque la SAQ vend annuellement environ 235 millions de bouteilles de vin.

Pendant longtemps, les vignerons québécois ont lutté pour se trouver un marché. Maintenant, leur constat est plutôt qu'ils ne pourront jamais répondre à la demande.

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