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Un tatouage peut-il diminuer les capacités physiques?

L'attaquant Olivier Giroud, membre de l'équipe de France à la Coupe du monde 2018. On aperçoit très bien ses tatouages sur ses bras.
L'attaquant Olivier Giroud, membre de l'équipe de France à la Coupe du monde 2018 Photo: Associated Press / Martin Meissner
Radio-Canada

Une équipe de l'Université de Sherbrooke s'apprête à lancer une étude clinique pour analyser les effets d'un tatouage sur la sudation, le taux de sodium et la température corporelle pendant l'effort physique. Comme les glandes sudoripares subissent un traumatisme lors du processus de tatouage, leur fonctionnement pourrait s'en trouver affecté, croient les chercheurs.

Menée par le professeur agrégé à l'Université de Sherbrooke Éric Goulet, l'équipe s'est inspirée d'une étude américaine publiée en 2017.

On a trouvé ça intéressant parce que le tatouage est un sujet d'actualité. Beaucoup de gens en ont, notamment les sportifs à gros contrat dans l'industrie du sport, et l'étude révèle des résultats assez significatifs, explique l'un des chercheurs, Jeff Béliveau.

Selon l'étudiant à la maîtrise en kinésiologie, en physiologie et en vieillissement, l'étude en question révèle qu'une peau tatouée a nécessairement un taux de sudation moins élevée et une sécrétion de sodium plus élevée. Il en résulte, entre autres, une augmentation de la soif pendant l'effort et une déshydratation plus rapide. Les effets sur les performances sportives sont donc inévitables.

On pense à des athlètes d'endurance, souvent au basketball ou au soccer, ils font des efforts physiques à long terme. Si on sait qu'une surface de peau tatouée dégage moins la chaleur corporelle, ça peut nuire à leurs performances

Jeff Béliveau, étudiant-chercheur

Sportifs recherchés

Alors que l'étude américaine s'est réalisée sur des gens passifs avec un gel de pilocarpine, reconnu pour stimuler la sécrétion de la sueur, celle de l'équipe sherbrookoise va plus loin.

Les données seront recueillies pendant l'effort sur des personnes reconnues actives pour déterminer l'impact du tatouage sur l'ensemble du corps. Peut-être que, selon l'endroit où le tatouage a été fait, il y a une différence. Mais est-ce que ça se traduit par une différence au total du corps? Tout le monde qui fait de l'effort sécrète une quantité totale de sodium, poursuit Jeff Béliveau.

Les personnes choisies pour l'étude clinique doivent être tatouées à moins de 20 % de leur superficie corporelle et doivent être actives au moins quatre fois par semaine pour être en mesure de maintenir à un rythme soutenu les 60 minutes de vélo nécessaires pour la prise de données.

Des hommes et des femmes âgés de 18 à 55 ans peuvent y participer. En tout, une dizaine de cobayes sont nécessaires. Une vingtaine de personnes ont déjà démontré leur intérêt. Une sélection sera faite pour respecter tous les critères.

L'étude débutera dans les prochaines semaines et doit s'échelonner sur deux mois.

Science