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Microsoft réclame des lois sur la reconnaissance faciale

Des silhouettes d'hommes et de femmes de profil avec des ordinateurs portables ou des téléphones mobiles entre les mains et, en arrière-plan, le logo de Microsoft.
Microsoft estime que la reconnaissance faciale devrait être régie par des lois. Photo: Reuters / Dado Ruvic

Il est urgent de légiférer sur les technologies de reconnaissance faciale pour éviter de donner vie aux scénarios dystopiques de 1984 ou de Rapport minoritaire. C'est en substance le message qu'a lancé vendredi le président et directeur juridique de Microsoft, Bradford L. Smith, sur le blogue de l'entreprise.

On ne répond pas aux questions éthiques concernant la reconnaissance faciale aussi vite que cette technologie se répand, selon le président de Microsoft. Cela ouvre la voie à toutes sortes de dérives potentielles, tant de la part des entreprises privées que des gouvernements.

« Imaginez un gouvernement capable de retracer tous vos pas au cours du dernier mois sans votre consentement et sans que vous le sachiez, illustre Bradford L. Smith. Imaginez une banque de données rassemblant l’identité de toutes les personnes ayant participé à une réunion politique. Imaginez que les boutiques d’un centre commercial se transmettent des informations sur les produits que vous regardez et sur les articles que vous achetez sans vous le demander. [...] C’est sur le point de devenir possible. »

Malgré ces scénarios catastrophes, la reconnaissance faciale a tout de même le potentiel d’avoir une influence positive sur la société. Le président de Microsoft mentionne par exemple l’identification d’un terroriste recherché dans un lieu public.

Une technologie immature

Or, la technologie n’est pas encore arrivée à maturité et elle comporte encore des problèmes importants. Les hommes blancs sont par exemple plus facilement reconnus que les femmes et les personnes issues d’autres communautés culturelles. De plus, même sans ces carences dans la programmation, il existe une marge d’erreur dans les résultats obtenus, selon M. Smith.

Pour Microsoft, la seule façon de s’assurer que cette technologie est utilisée pour le bien commun et dans le respect des droits et libertés des citoyens est de demander au gouvernement de légiférer en s’appuyant sur une commission bipartisane et des experts.

Un débat dans l’air du temps

Microsoft reconnaît que cette prise de position est à contre-courant de celle habituellement portée par les entreprises du domaine de la technologie et du web. Elles s’y opposent généralement au motif que cela ralentirait l’innovation.

Toutefois, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer des changements. En avril dernier, le président-directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, a estimé qu’il était inévitable que davantage de mesures de régulation soient mises en place pour encadrer les réseaux sociaux. Quelques semaines plus tôt, le président-directeur général d’Apple avait fait une déclaration semblable, appelant les autorités à réglementer davantage les questions de vie privée sur le web.

« Il y a plusieurs marchés dans lesquels de telles règles contribuent à une dynamique plus saine tant pour les consommateurs que les producteurs », souligne Bradford L. Smith.

Il cite en exemple l’industrie automobile, qui s’est opposée pendant longtemps à la présence obligatoire de ceintures de sécurité et de sacs gonflables dans les voitures, mais qui se sert aujourd’hui de ces progrès pour vanter les mérites des véhicules. « On peut en dire autant de la sécurité aérienne et des produits comestibles et pharmaceutiques », ajoute M. Smith.

« Il y aura toujours des débats au sujet des détails, et les détails sont importants. Néanmoins, un monde avec des règles fermes sur des produits qui sont utiles mais potentiellement néfastes est mieux qu’un monde dépourvu de normes légales », estime le dirigeant de Microsoft.

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