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Sorry to Bother You : « Vous allez capoter »

Lakeith Stanfield est en train de téléphoner adans le film «Sorry to Bother You».
Lakeith Stanfield dans le film Sorry to Bother You Photo: Annapurna Pictures

CRITIQUE – Sorti vendredi au Québec, ce « film va faire jaser, parce qu'il s'attaque aux distinctions de race, de classe, au modèle économique américain », indique George Privet. Sorry to Bother You, comédie grinçante du rappeur et militant Boots Riley, a emballé le critique de Médium large.

Depuis sa présentation à Sundance en janvier, Sorry to Bother You s’est taillé une belle réputation avant même sa sortie dans les salles. Après Get Out, et avant BlacKkKlansman (primé à Cannes), de Spike Lee, le cinéma social afro-américain tient, semble-t-il, un nouveau joyau, qui s’attaque aux maux les plus profonds des États-Unis par le biais de l’humour.

Sorry to Bother You projette le spectateur dans un avenir proche et s’intéresse au quotidien peu reluisant d’un jeune Noir (Lakeith Stanfield) vivant dans son garage à Oakland. À court d’argent, il réussit à décrocher un emploi dans un centre d’appels, où il se démarque grâce au conseil d’un collègue (Danny Glover) : prendre une « voix de Blanc » pour plaire aux clients.

La stratégie gagnante lui ouvre les portes de la compagnie Worry Free (Sans souci), où les employés sont logés et nourris sur leur lieu de travail... à vie. Il y découvre un monde qui, sous les dorures, cache une face macabre.

Ci-dessous, la bande-annonce en anglais de Sorry to Bother You

Bien que le film ne soit pas totalement ancré dans le présent, il rappelle forcément de nombreux problèmes actuels. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film où je reconnaissais le monde dans lequel je vis, où j’ai reconnu la rage qui me possède parfois », indique George Privet.

Toutefois, dénoncer n’est pas suffisant, encore faut-il le faire avec talent, ce que réussit Boots Riley.

C’est comme le film d’un étudiant brillant. Ça a les défauts d’un premier film – il y a trop d’idées, trop d’ambition, ça va dans tous les sens – mais ça a cette qualité extraordinaire d’avoir du mordant et de l’ambition.

Georges Privet

Enfin, un film politique!

George Privet se réjouit de voir enfin un film américain politique (penchant largement à gauche), avec une dernière partie qui bascule dans l’horreur, rappelant un certain… Get Out.

« Vous allez capoter », promet le critique, qui dit avoir vécu l’heure et demie de cinéma la plus jouissive qu'il a eue depuis longtemps.

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