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Les Six Nations interdisent Peter Khill sur leur territoire

Un homme sur un trottoir.
Peter Khill alors qu'il sortait du palais de justice. (Archives) Photo: La Presse canadienne / Colin Perkel

Le conseil des Six Nations de la rivière Grand a voté pour interdire l'accès au territoire de la communauté à Peter Khill. Le résident de Hamilton a été acquitté d'une accusation de meurtre au second degré après avoir tué par balle Jon Styres, un membre de la Première Nation.

La chef élue des Six Nations, Ava Hill, indique que si Peter Khill est repéré sur les 18 000 hectares de la communauté, il sera escorté à l'extérieur par la police.

« Il y a eu une motion au conseil et c’est assez clair, simple et direct : il n’est pas autorisé à venir dans notre communauté », dit-elle en ajoutant que la motion a été approuvée à l’unanimité par les membres du conseil.

La motion a été présentée au conseil mardi par un groupe de femmes à l'origine d'un mouvement pour que la Couronne fasse appel du verdict de Peter Khill.

« Je pense que nous pouvons tous dormir un peu mieux parce que cet homme ne peut pas venir sur notre territoire. Nous sommes plus en sécurité parce qu’il est interdit dans notre communauté », dit l’une des femmes qui ont proposé l'interdiction de territoire, Nahnda Garlow, dans une vidéo publiée sur la page Facebook : Justice for Jonathan Styres peu après le vote du conseil.

Peter Khill a admis être l'auteur des deux coups de fusil qui ont tué Jon Styres, alors qu'il est allégué que ce dernier était en train de voler le camion de Khill la nuit du 4 février 2016. Peter Khill a cependant dit qu’il avait mis en pratique sa formation militaire et ouvert le feu dans un geste d'autodéfense.

Les procureurs de la Couronne ont affirmé que Peter Khill aurait pu rester chez lui et appeler le 911, mais un jury a acquitté l'homme de 28 ans le 27 juin dernier.

Nahnda Garlow affirme que l'interdiction de territoire fait partie d’une campagne qui vise à ce que les membres de sa communauté soient en sécurité et qu’ils obtiennent justice lorsqu’ils sont victimes.

Elle ajoute que Peter Khill se trouvait chez lui près de Bonbrook lorsqu’il a tué Jon Styres, et pas sur le territoire des Six Nations, mais l’interdiction a pour but de l’empêcher de faire des dommages collatéraux à l’état psychologique des membres de la communauté.

Pour moi, il s’agit de faire en sorte que quelqu’un qui a pris la vie d’une personne de notre communauté n'ait plus le droit de revenir et de faire d’autres victimes de quelque façon que ce soit.

Nahnda Garlow

Des membres des Six Nations, y compris la famille de Jon Styres et des chefs autochtones en Ontario, continuent de demander que la procureure générale de la province, Caroline Mulroney, fasse appel du verdict de non-culpabilité.

Ava Hill raconte lui avoir parlé au téléphone lundi. Caroline Mulroney lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas faire de commentaire sur un possible appel, car la période d'appel n'arrive à échéance que le 27 juillet.

La chef élue des Six Nations ajoute qu'elle respecte la réponse de la procureure générale et que les deux femmes ont convenu de se rencontrer après la période d’appel pour parler des problèmes que le système judiciaire pose aux communautés autochtones.

Elle a semblé vouloir discuter et a dit que la relation entre les peuples autochtones et le système de justice criminelle va être importante pour elle, affirme Ava Hill, en ajoutant être même optimiste : Il faut être positif, il faut avoir de l’espoir.

Toronto

Crimes et délits