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Le Sud-Ouest de l’Ontario ouvre les bras aux demandeurs d’asile

Des migrants haïtiens s'approchent de la frontière du Québec, transportant leurs valises.
Toronto doit trouver un nouveau lieu d'hébergement pour des dizaines de demandeurs d'asile d'ici le début août. Photo: The Associated Press / Charles Krupa
Radio-Canada

Le cofondateur de l'entreprise canadienne Highbury Canco et le maire de la municipalité de Chatham-Kent affirment pouvoir offrir des emplois à des demandeurs d'asile qui obtiennent un permis de travail.

Un texte d'Isabelle Corriveau

Selon les données recueillies par la Ville de Toronto, plus de 3200 réfugiés vivaient dans les centres d'hébergement provisoire gérés par la Municipalité, en date du 12 juillet.

Les résidences étudiantes qui servent de logements temporaires doivent être libérées d’ici le 9 août pour accueillir les étudiants à leur retour.

Le maire de Toronto, John Tory, est donc dans une course contre la montre afin de trouver d'autres solutions pour loger les demandeurs d’asile.

C’est d’ailleurs dans cette optique que Pradeep Sood, cofondateur de l'entreprise Highbury Canco, et Randy Hope, maire de Chatham-Kent, ont avisé M. Tory qu’ils cherchaient de la main-d’oeuvre.

Des emplois et un coût de la vie plus bas

Pradeep Sood, dont l'entreprise est installée à Leamington, explique vouloir embaucher environ 50 nouveaux employés.

L'entrepreneur affirme être prêt à faire visiter ses installations mais aussi la région aux demandeurs d’asile pour que ceux-ci puissent décider s’ils veulent y faire venir leurs familles.

Il n’a toujours pas trouvé d'intéressés, cependant.

Nous leur offrons un emploi à temps plein, mais je ne suis pas capable de trouver qui que ce soit, même dans la communauté de réfugiés, qui veuille venir travailler ici.

Pradeep Sood, cofondateur de Highbury Canco

Même son de cloche de la part du maire Randy Hope. Il raconte avoir organisé des salons de l’emploi durant lesquels plusieurs employeurs lui auraient dit vouloir recruter du personnel.

J’ai des gens de l’industrie alimentaire qui cherchent des ouvriers. Dans le secteur de l’agriculture, il y a toujours un besoin, explique-t-il.

M. Sood assure qu’une aide serait offerte aux demandeurs d’asile pour chercher un logement.

Photo du maire de Chatham-Kent.Plusieurs employeurs ont dit au maire Randy Hope qu'ils cherchaient du personnel. Photo : Municipalité de Chatham-Kent

De son côté, le maire de Chatham-Kent dit que des logements temporaires seraient offerts en attendant que les nouveaux arrivants trouvent leur propre logis. Il compte sur le coût de la vie plus bas dans sa région pour attirer de nouveaux venus.

Un long processus

Diverses raisons peuvent expliquer que les choses prennent du temps, malgré l’intérêt de certaines entreprises et municipalités.

Le dossier de chaque demandeur d’asile est traité de manière à établir son admissibilité.

Selon le site d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, une fois qu’il a été déterminé qu’une personne peut présenter une demande d’asile au Canada, cette dernière peut alors bénéficier de l’aide sociale, de l’éducation, des services de santé, de l’hébergement d’urgence et de l’aide juridique en attendant qu’une décision soit rendue concernant sa demande.

Il y est également indiqué qu’après un examen médical, la plupart des personnes jugées admissibles peuvent présenter une demande de permis de travail.

Ronald Shacter, avocat spécialisé en immigration, estime que cela peut prendre de deux semaines à deux mois pour obtenir un permis de travail. Même s’il mentionne que le gouvernement révise encore des demandes qui datent de 2015 et 2016, il reste optimiste.

[Le gouvernement fédéral a indiqué avoir] accordé plus de ressources. Ils ont engagé une vingtaine de commissaires à Toronto, y compris des commissaires bilingues, ce qui aidera.

Ronald Shacter, avocat spécialisé en immigration

M. Shacter affirme que l’absence de ressources représente le gros du problème et qu’on peut régler la situation. Ce n’est pas une situation de capacité, mais bien de volonté.

Le maire de Chatham-Kent pense lui aussi que le gouvernement fédéral pourrait mettre plus d’efforts pour accélérer le processus.

M. Hope déplore le fait que les liens entre les demandeurs d’asile et les employeurs qui cherchent du personnel ne soient pas facilités. Si vous êtes le gardien de l’information, il faut nous la partager pour que l'on comprenne quels talents peuvent être utilisés par les communautés comme la mienne, explique-t-il.

Des emplois exigeants

Beaucoup d'emplois qui sont offerts dans la région de Chatham-Kent et de Leamington requièrent une main-d’oeuvre ouvrière et proposent un salaire de base.

Le taux de chômage dans la région du Sud-Ouest de l’Ontario est relativement bas, selon le maire de Chatham-Kent.

Enseigne suspendue de l'entreprise Highbury Canco Corp.L'entreprise canadienne Highbury Canco est prête à embaucher des demandeurs d'asile. Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

La plupart de ces emplois requièrent des connaissances de base en anglais, une mobilité physique et n’offrent pas un horaire très flexible.

M. Sood en est conscient, mais il estime que les conditions proposées par son entreprise sont très bonnes et que la formation et les possibilités d’avancement constituent des incitatifs intéressants.

Ronald Shacter pense que si le message se rendait aux demandeurs d’asile, certains voudraient aller s’établir en région.

Toronto

Agro-industrie