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Coupe du monde : « Si j'ai l'étoile, je m'en fous du jeu » - Antoine Griezmann

Il est en liesse en compagnie de Raphaël Varane, Kylian Mbappé et Samuel Umtiti.
Antoine Griezmann (à gauche) a marqué trois buts dans cette Coupe du monde. Photo: Getty Images / Alex Livesey
Agence France-Presse

Deux jours avant la finale de la Coupe du monde face à la Croatie, Antoine Griezmann a livré ses états d'âme. « Je veux l'étoile et, si j'ai l'étoile, je m'en fous du jeu », a lancé vendredi l'attaquant français pour expliquer que la victoire ultime a plus de valeur à ses yeux que ses performances individuelles.

Q. - Deux ans après l'Euro, vous êtes plus dans le combat et l'organisation du jeu, moins buteur : une petite pointe de frustration?

R. En étant meilleur buteur, on a perdu, je me suis dit : « Je vais mettre moins de buts pour voir si on la gagne (rire). »

Mon jeu change, je suis plus à mettre le rythme, garder le ballon ou accélérer. Si je marque tant mieux, mais je suis plus un joueur qui pense à l'équipe qu'à mettre mes buts.

Q. - Ce match peut changer votre vie...

R. Oui, ça peut la changer, mais on ne pense pas trop à dimanche soir ou à lundi. On veut préparer le match.

Q. - Qu'avez-vous appris sur vous-même?

R. Que je reste le même. Je joue à Fornite (un jeu vidéo) toute la journée, je profite du foot, je bois mon maté. C'est ça que j'aime chez moi.

Q. - Comment est venu l'esprit de sacrifice au groupe?

R. D'abord parce qu'on vit bien, ça aide à faire les efforts pour les coéquipiers. Nous-mêmes, on s'est dit qu'il fallait être un bloc solide, dur à battre et, petit à petit, on l'a amélioré.

On devient dur à battre, c'est ça qui est beau, c'est ça qui est bon. Et après, offensivement, on sait qu'on peut marquer à tout moment.

Q. - Vous replacez vos coéquipiers sur le terrain...

R. J'ai la chance de travailler avec le meilleur entraîneur défensivement [Diego Simeone à l'Atlético Madrid, NDLR], je vois des trucs sur le terrain. J'essaie de le dire, de leur faire apprendre, comme eux peuvent m'apprendre offensivement de petits trucs.

J'ai la chance de jouer avec « Cholo » (Simeone), donc je donne des conseils et des astuces pour recadrer défensivement.

Q. - Avez-vous dû convaincre les joueurs des bienfaits du sacrifice?

R. Je n'ai pas trop essayé de convaincre les coéquipiers... Si Kylian (Mbappé) et « Olive » (Olivier Giroud) me voient redescendre dans ma surface, ils se disent : « Pourquoi pas moi. »

La défense, dans notre style de jeu, avec les joueurs qu'on a, c'est le plus important, et avec nos attaquants on peut faire quelque chose. Kylian sur un débordement, Olive sur un centre ou moi, sur une petite folie, comme ça m'arrive de temps en temps.

Q. - L'équipe de France, c'est le style de l'Atlético Madrid?

R. C'est le style de jeu que j'ai en club, j'ai l'habitude, je sais comment gérer ça. J'essaie de prendre le jeu à mon compte, accélérer ou ralentir quand il le faut.

Q. - On sent la signature Deschamps...

R. Il est respecté par nous parce qu'il l'a gagnée [la Coupe du monde, en 1998, NDLR]. Il sait le chemin par où passer.

Il a fait des choix forts, pour Lucas (Hernandez) ou (Benjamin) Pavard. Il a changé après l'Argentine, la pression est redescendue, ça nous a fait du bien à tous. Il prépare les matchs, il sait par où passer. On croit en lui, on a confiance en lui et on joue pour lui.

Q. - Que reste-t-il de la joie de 1998?

R. On voit les images, les photos et vidéos. À Mâcon, c'était n'importe quoi quand on s'est qualifié pour la finale, on espère redonner cette joie. On sait qu'on est très attendus, mais on a confiance en nous. On a le potentiel pour faire quelque chose de grand et leur ramener la coupe.

Q - Serez-vous fier si on parle de génération Griezmann?

R. Ce sera sans doute une fierté plus tard, mais je mets toujours le groupe avant.

Sans le groupe, tu ne peux rien faire. On parle de la génération 98 de Zidane. 2018, je ne sais pas qui ce sera, peu importe, je veux juste qu'on fasse un gros match et qu'on gagne la Coupe du monde.

Q: Des critiques ont été émises par les Belges sur la qualité de jeu des Bleus...

R. Non! (Thibaut) Courtois a joué à l'Atlético de Madrid, il a été champion d'Espagne. Et à Chelsea, il croit qu'il fait le jeu du Barça? Non! On s'en fout de la manière, de comment on gagne, on a gagné!

Q. - Ça vous embêterait d'être perçu comme un champion du monde moche?

R. Non, je m'en fous! Je veux l'étoile (*). Et si j'ai l'étoile, je m'en fous du jeu!

Q. - Pourquoi dites-vous souvent « vive la République »?

R. Il faut être fier d'être Français! On le dit très peu : on est bien en France, on mange bien, on a un beau pays. On a une belle équipe de France, on a de beaux Français, de beaux journalistes (rires)!

J'ai envie que les jeunes disent : « Vive la France et vive la République! » Il faut être fier d'être Français. Je sais qu'on est très regardé par tout le monde et j'ai envie de dire à quel point je suis fier d'être Français.

(*) Les équipes championnes arborent une étoile sur leur maillot pour chaque Coupe du monde gagnée.

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