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Campement à Winnipeg contre la séparation des familles autochtones

Un tipi est érigé devant le Palais législatif à Winnipeg.
Le campement de protestation devant le Palais législatif manitobain a été installé en solidarité avec le campement « Justice pour nos enfants volés » à Regina, en Saskatchewan. Photo: Radio-Canada

En solidarité avec le campement « Justice pour nos enfants volés » à Regina, 11 personnes ont campé devant le Palais législatif manitobain cette semaine. Ils ont observé un jeûne spirituel en signe de protestation contre les plans de réformes des Services à l'enfance et à la famille du Manitoba.

Nommé « Ramenez nos enfants à la maison », le campement se portait à la défense des parents biologiques dont les enfants sont placés en maison d’accueil.

« Les parents adoptifs ont cinq mécanismes d’appel dans le cas où un enfant est retiré de chez eux, alors que si un enfant est retiré de chez ses parents biologiques, il n’y a aucun mécanisme d’appel », soutient Cora Morgan, la protectrice des enfants autochtones pour l’Assemblée des chefs du Manitoba.

Les parents adoptifs, en ce moment, avec le système actuel, ont plus de droits que les parents biologiques.

Cora Morgan, protectrice des enfants autochtones pour l’Assemblée des chefs du Manitoba

En octobre dernier, le gouvernement manitobain a promis une refonte complète de la législation régissant le système d’aide à l’enfance de la province.

Cette réforme inclut la création de subventions gouvernementales pour promouvoir la tutelle légale permanente.

« Avec cette nouvelle tutelle subventionnée, il y a une possibilité que des familles ne puissent jamais se faire rendre leurs enfants », craint Cora Morgan.

Le besoin d'agir rapidement

La protectrice des enfants autochtones pour l’Assemblée des chefs du Manitoba affirme qu’elle soutiendrait l’idée si les enfants issus des Premières Nations vivaient avec leur famille ou famille élargie dans leurs communautés.

Cora Morgan sur le campement. Cora Morgan est la protectrice des enfants autochtones pour l’Assemblée des chefs du Manitoba. Photo : Radio-Canada

« Mais ce n’est pas vraiment la réalité », déplore-t-elle. « Beaucoup de nos enfants vivent dans des maisons non autochtones. »

Pour Cora Morgan, le campement est un moyen de « susciter un élan ». « Nous avons 12 000 enfants dans le système d’aide à l’enfance et nous avons besoin d’un changement rapide », dit-elle.

C’est une crise humanitaire.

Cora Morgan, protectrice des enfants autochtones pour l’Assemblée des chefs du Manitoba

Le Grand Chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas, dénonce pour sa part la réciprocité de la surreprésentation des Autochtones dans le milieu carcéral et les milliers d’enfants autochtones dans le système d’aide à l’enfance.

« Je veux souligner le lien entre les enfants en famille d’accueil et le problème des femmes autochtones disparues et assassinées, je veux attirer l’attention sur toutes ces choses qui sont interconnectées », dit-il.

Affiche exposant le nom du campement ainsi que son symbole : un Autochtone assis en tailleur avec un coeur rouge sur la poitrine.Le campement « Ramenez nos enfants à la maison » dénonce la séparation des familles autochtones. Photo : Radio-Canada

Des femmes du bureau de la Protectrice des enfants autochtones se sont jointes au campement de protestation, ainsi que des survivants de la rafle des années 60. C’est la troisième fois qu’un jeûne est observé depuis la création du bureau de la Protectrice en 2015.

Solidarité avec les Premières Nations en Saskatchewan

La Saskatchewan connaît les mêmes problèmes d’aide à l’enfance, selon Cora Morgan.

« La Saskatchewan est deuxième, après le Manitoba, en nombre d’appréhension d’enfants. Et c’est une province qui a une population d’une taille semblable », explique-t-elle.

Le campement « Justice pour nos enfants volés » devant le Palais législatif à Regina est installé depuis février. Il est un acte de protestation contre l’injustice raciale et la proportion d’enfants autochtones placés en foyer d’accueil.

À Winnipeg, le jeûne s’est terminé jeudi soir.

Saskatchewan

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