•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Levée de boucliers contre le programme d'éducation sexuelle préréforme

Andrea Horwath, chef de l'opposition officielle aux micros des journalistes.

Andrea Horwath, chef de l'opposition officielle, critique vertement le retour au programme d'éducation sexuelle datant de 1998.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des militants contre le retour à l'ancien programme d'éducation sexuelle se sont mobilisés à Toronto vendredi matin. La mesure, annoncée mercredi, a soulevé les inquiétudes du Centre communautaire 519, qui milite en faveur des personnes LGBTQ, et qui trouve l'ancien programme dangereux pour les jeunes Ontariens.

Doug Ford l'avait promis à plusieurs reprises durant sa campagne électorale : le programme d'éducation sexuelle du gouvernement de Kathleen Wynne serait abrogé et remplacé. À partir de septembre, les écoles vont donc retourner temporairement en 1998, pour enseigner le programme préréforme.

Le nouveau programme avait été adopté par les libéraux il y a tout juste trois ans. La ministre de l'Éducation, Lisa Thompson, a déclaré que le retour au programme de 1998 demeurera en vigueur jusqu'à ce qu'un programme révisé voit le jour, après avoir consulté les parents.

La suppression du programme d'éducation sexuelle menace la santé et la sécurité des enfants de l'Ontario, assure Roza Nozari, coordonnatrice des initiatives antiviolence au Centre communautaire 519 en conférence de presse organisée dans le village gai de la Ville Reine.

Selon elle, il s'agit d'un « message clair » envoyé par le nouveau gouvernement aux jeunes et aux familles LGBTQ qu'ils ne sont pas acceptés et ne comptent pas.

Le programme [de 1998] est antérieur à la légalisation du mariage homosexuel, aux médias sociaux et à l'ajout de l'identité de genre dans le Code des droits de la personne de l'Ontario, ajoute-t-elle.

Le Centre communautaire 519, à l'initiative de cette rencontre, en a aussi profité pour lancer une nouvelle campagne qui doit favoriser l'éducation inclusive.

Roza Nozari, coordonnatrice au Centre communautaire 519

Roza Nozari, coordonnatrice au Centre communautaire 519

Photo : Radio-Canada

La chef de l'opposition officielle à Queen's Park, Andrea Horwath, a aussi dénoncé la suspension du programme d'éducation sexuelle dans les écoles.

Arrêtez de ramener l'Ontario dans les années 90.

Andrea Horwath, chef du NPD

Elle assure que son parti transmettra le message directement au gouvernement Ford. Selon elle, le premier ministre avait d'autres options que de retourner à un programme obsolète.

Mme Horwath dit toutefois attendre de savoir comment M. Ford compte mettre un programme révisé en place, quand et, surtout, ce que celui-ci contiendra.

C'est très troublant de constater à quel point le premier ministre est éloigné de la réalité, si ignorant sur ce qui se passe dans le monde aujourd'hui. Peut-être parce qu'il vient d'un monde plutôt privilégié, et c'est sans doute ce qui le fait écouter de petits groupes davantage que la majorité, juge-t-elle.

Contexte : 

Le programme d'éducation sexuelle mis en place par les libéraux a régulièrement soulevé les critiques des conservateurs. Selon certains, le programme exposait les enfants à un âge trop jeune à des concepts comme le mariage homosexuel, la masturbation, les familles recomposées et l'identité de genre. De plus, les opposants au programme considèrent que l'ancien gouvernement n'avait pas consulté les parents.

Dans un communiqué publié jeudi, l'Association canadienne des libertés civiles a fait savoir que cette mesure était discriminatoire envers les personnes de la communauté LGBTQ, qui est lésée, car l'ancien programme ne fait pas mention des questions LGBTQ.

L'ancienne députée néo-démocrate, Cheri di Novo, a aussi affirmé que le nouveau programme a été développé sur 10 ans.

C'est une question de sécurité pour nos enfants. L'ancien programme est homophobe.

Cheri di Novo, ancienne députée néo-démocrate

La députée libérale Nathalie Desrosiers a pour sa part souhaité rappeler que les libéraux voulaient aussi prévenir le trafic sexuel, notamment auprès des jeunes à risque, avec ce programme révisé. Elle s'inquiète qu'avec le retour à l'ancien, cela ne soit plus le cas.

Toronto

Éducation