•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Assurance récolte pour le foin : la méthode de calcul des pertes sera revue

Balles de foin à Saint-Ludger-de-Milot
Balles de foin dans un champ Photo: Céline Sirois

La Financière agricole du Québec compte réévaluer la méthode de calcul des pertes de son programme d'assurance récolte pour les foins. Des agriculteurs ont soulevé des lacunes dans le système et souhaitent vérifier sa fiabilité.

Un texte d’Émilie Hamon

Le bilan de mi-saison de la Financière agricole confirme un début de saison difficile pour les producteurs de foin. Globalement, dans l’Est-du-Québec, la croissance du fourrage et les rendements obtenus au cours de la première fauche sont inférieurs à la moyenne.

Les faibles précipitations et le manque de chaleur sont entre autres à blâmer. On a une température qui est plus favorable au tourisme qu’à l’agriculture, affirme Claude Hasty, directeur territorial à la Financière agricole. Si la tendance se maintient, l’organisation s’attend à verser plus d’indemnités que l’année dernière. En 2017, la Financière a alloué 9,4 millions de dollars pour le foin sur les 35,1 millions de dollars octroyés aux entreprises qui ont subi des pertes indemnisables.

Il se pourrait même qu’à l’automne, on procède à des avances d’indemnités auprès des producteurs, même si on n’a pas encore l’ensemble des données pour connaître la récolte totale.

Claude Hasty, directeur territorial, Financière agricole du Québec

Revoir la méthode d’évaluation des pertes

Au cours de l’été dernier, des agriculteurs ont soulevé des lacunes dans la méthode d’évaluation des pertes pour les cultures de foin.

Les pertes sont déterminées à l’aide de stations météo dispersées un peu partout dans la province. Ces stations évaluent notamment la quantité de précipitations de neige et de pluie reçues, de même que le nombre de jours d’ensoleillement consécutifs. Les producteurs ont à s’associer à une station météo, et c’est le comportement climatique qui est capté par cette station météo-là qui va déterminer les paramètres qui vont être inscrits dans le calcul pour déterminer les pertes pour chaque zone, explique Claude Hasty.

Seulement, des agriculteurs craignent que cette méthode de calcul sous-évalue les pertes par temps sec.

La période de pluie est [évaluée] sur 60 jours, mais si la pluie tombe toute dans les derniers dix jours et qu’il y en a assez, théoriquement, il devrait y avoir du foin. Mais vu que les plantes ont été en carence pendant les 50 premiers jours, elles sont tombées en dormance. Ça fait que cette pluie-là, qui arrive dans les dix derniers jours, elle n’est pas assimilée par les plantes.

Maurice Veilleux, agriculteur et membre du conseil exécutif de l'Union des producteurs agricoles au Bas-Saint-Laurent

Évaluer le plus rapidement possible

Alors que des agriculteurs estiment que la mise en place du processus d'évaluation s'éternise, la Financière agricole soutient travailler le plus rapidement possible. Un audit doit être réalisé d'ici la fin de l'été.

Ces évaluations-là, on ne peut pas faire ça sur le coin de la table, ou sur des commentaires ou des présomptions. Il faut procéder aux analyses, il faut avoir les spécialistes pour faire ces analyses-là. Il faut que ça se fasse en bonne et due forme, dans le respect des principes de l’art, avance monsieur Hasty.

L’Union des producteurs agricoles, qui travaille en collaboration avec la Financière agricole et les producteurs dans ce dossier, dit comprendre le sentiment d’urgence de certains agriculteurs. Elle soutient par contre que le processus d'évaluation prendra du temps, et dit veiller à ce que des améliorations soient constamment apportées au programme.

Est du Québec

Économie