•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Affaire Jonathan Bettez : des filatures, des scénarios d'infiltration et des mœurs surveillées

Jonathan Bettez et son avocat dans le couloir.

Jonathan Bettez, en compagnie de son avocat, Me Marc-Antoine Carette, lors de son passage au palais de justice de Trois-Rivières, le 9 juillet 2018

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'ordonnance de non-publication prononcée mardi dans le dossier de Jonathan Bettez, accusé à Trois-Rivières dans des dossiers liés à de la pornographie juvénile, a été levée. De nombreux détails de l'enquête sur la disparition de Cédrika Provencher, pour laquelle Bettez a été considéré comme suspect, sont désormais publics.

À ce jour, Jonathan Bettez ne fait cependant face à aucune accusation relativement à l’enlèvement ou au meurtre de Cédrika Provencher et les allégations contenues dans les documents rendus publics n'ont pas été prouvées devant un tribunal.

L’information recueillie par la Sûreté du Québec (SQ) a permis de connaître des adresses IP liées au compte Facebook de Jonathan Bettez. Ces adresses IP auraient été utilisées pour consulter ou télécharger des fichiers de pornographie juvénile de 2009 à 2013.

Un enquêteur qui a pris connaissance d’un échantillon des fichiers consultés a rapporté que la majorité montrent des jeunes filles de 3 mois à 12 ans en train de subir des agressions sexuelles ou dont on exhibe les parties génitales.

L’un de ces fichiers présente « une jeune fille d’environ 6 ou 7 ans, les cheveux bruns, le visage rond et des taches de rousseur ». L’enquêteur au dossier a annoté son rapport pour souligner une ressemblance avec Cédrika Provencher.

Un autre fichier consulté par l’une des adresses IP ciblées montre « une jeune fille d’environ 10 ans se faire agresser sexuellement sur la banquette arrière d’un véhicule qui se trouve dans un boisé ».

Par contre, aucun des fichiers téléchargés ne l'a été de l'ordinateur de Jonathan Bettez.

Près de 10 ans d’enquêtes policières révélées

De 2007 à 2016, des enquêteurs ont rencontré Jonathan Bettez, des membres de sa famille, des amis, des collègues et des proches à plusieurs reprises. Bon nombre d’entre eux ont aussi fait l’objet de surveillance policière.

Plusieurs des témoins que les enquêteurs ont rencontrés décrivent Jonathan Bettez comme « froid » et peu démonstratif. Un ancien collègue et une ex-petite amie ont parlé de son comportement méprisant envers ses parents.

Une ex-petite amie a par ailleurs rapporté aux policiers que les parents et la sœur de Jonathan Bettez se référaient au cas de Cédrika Provencher en l'appelant « le dossier rouge ».

Pour susciter des réactions de la part de Bettez, la remise des ossements de Cédrika à sa famille et les nouvelles recherches sur les lieux à la suite de la découverte des ossements ont été hautement médiatisées.

Ces détails s'ajoutent aux renseignements diffusés mardi concernant les 25 scénarios d'infiltration utilisés dans le dossier de Jonathan Bettez, exploitant entre autres son penchant pour le poker en ligne.

Mandats contestés par la défense

Les documents qui révèlent ces renseignements sont des déclarations faites sous serment qui ont permis aux enquêteurs de la Sûreté du Québec d'obtenir des mandats généraux pour les perquisitions du 29 août 2016 dans deux résidences de Trois-Rivières et dans les locaux de l'entreprise Emballage Bettez.

L'avocat de Jonathan Bettez, Me Marc-Antoine Carette, souhaite faire invalider ces mandats, qu'il juge abusifs en vertu de la loi. S'il réussit, la preuve recueillie lors de ces fouilles et perquisitions pourrait être écartée du procès pour pornographie juvénile.

Mauricie et Centre du Québec

Procès et poursuites