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Bois d’oeuvre : les producteurs de bardeaux de cèdre au N.-B. frappés par les tarifs américains

Un travailleur de la scierie Waska, au Nouveau-Brunwick, coupe des bardeaux de cèdre.
Un travailleur de la scierie Waska, au Nouveau-Brunwick, coupe des bardeaux de cèdre. Photo: Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Radio-Canada

Les producteurs de bardeaux de cèdre du Nouveau-Brunswick dénoncent les tarifs punitifs de 20,83 % imposés par le département américain du Commerce en mars 2018.

Un texte de Nicolas Steinbach

La scierie Waska, à Clair, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, produit des bardeaux de cèdre depuis 1969. Elle fêtera l’an prochain son 50e anniversaire.

Un travailleur de l'usine Waska, au Nouveau-Brunswick, vérifie la peinture apposée sur les bardeaux de cèdre.Un travailleur de l'usine Waska, au Nouveau-Brunswick, vérifie la peinture apposée sur les bardeaux de cèdre. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le 15 mars 2018, elle est frappée de plein fouet par une décision du département américain du Commerce. L’entreprise est contrainte de payer des droits compensateurs et antidumping de 20,83 % sur tout le bardeau de cèdre exporté aux États-Unis.

« Ça n’avait jamais été fait avant », souligne Jacques Levasseur, président de Waska.

Jacques Levasseur, président de l'usine de production de bardeaux de cèdre Waska, à Clair, au Nouveau-Brunswick.Jacques Levasseur, président de l'usine de production de bardeaux de cèdre Waska, à Clair, au Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le conflit sur le bois d’oeuvre touche principalement les scieries qui produisent du bois de charpente pour la construction de maisons. Les tarifs définitifs sur les exportations de bois d’oeuvre canadien sont entrés en vigueur en janvier 2018. Lorsque Jacques Levasseur apprend qu’il sera lui aussi touché, c’est la consternation.

« Même si le bardeau de cèdre ne fait pas partie du bois d’oeuvre, c’est une décision qui a été prise de façon arbitraire par le département américain du Commerce. »

On est victime de cette envie du gouvernement américain de diminuer les importations, et puis ils attaquent un peu tout ce qui bouge.

Jacques Levasseur, président de Waska

Les droits de 20,83 % ont été imposés rétroactivement au 1er mars 2018. Pour la petite entreprise de 90 employés, la nouvelle a eu l’effet d’une douche froide.

« C’est certain qu’on a perdu des commandes et qu'on s’en est fait annuler. Ç'a été une période assez incertaine dans les semaines qui ont suivi », raconte M. Levasseur.

La décision leur a fait perdre des centaines de milliers de dollars de ventes. Cette PME n’a pas les reins assez solides pour absorber le surcoût; elle doit donc l’imposer à ses clients.

Jusqu'à 90 % des bardeaux de cèdre de la scierie Waska au Nouveau-Brunswick sont destinés au marché américain.Jusqu'à 90 % des bardeaux de cèdre de la scierie Waska au Nouveau-Brunswick sont destinés au marché américain. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Malgré tout, l’entreprise a aujourd’hui récupéré une grande partie de son marché. L'avenir est cependant incertain, surtout pour un produit de luxe comme le bardeau de cèdre utilisé pour le revêtement résidentiel.

Si la demande venait à diminuer, ce pourrait être catastrophique pour Waska.

« Le facteur le plus important pour nous autres, c’est qu’avec une telle augmentation de prix, on craint que les clients cherchent des produits de rechange. C’est ça, notre plus grande crainte. C’est de frapper le plafond que le client est prêt à payer pour notre produit avant de se tourner vers d’autres produits. »

L'approvisionnement en cèdre de la scierie Waska au Nouveau-Brunswick vient à 65% de la forêt du Maine.L'approvisionnement en cèdre de la scierie Waska au Nouveau-Brunswick vient à 65 % de la forêt du Maine. Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Waska illustre bien l’intégration de l’industrie canadienne au marché américain. Le scieur achète 65 % de son bois au Maine, le transforme en bardeaux et en composantes de clôture à son usine de Clair, puis l'exporte aux États-Unis, où se trouve 90 % de sa clientèle.

« On n’a pas pensé à faire les choses autrement. Le marché américain, ça va demeurer notre marché principal. On a déjà considéré l’Europe et d’autres marchés, mais on est tellement intégrés et c’est tellement plus facile pour nous autres sur le plan des coutumes, des habitudes, des mentalités, de faire affaire avec les Américains, qu'on va continuer à faire affaire avec eux. »

La scierie Waska de Clair, au Nouveau-Brunswick.La scierie Waska de Clair, au Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Cependant, l’entreprise doit trouver des solutions, surtout si le conflit du bois d'oeuvre perdure.

« On est en train de regarder bien des choses. Il y a toujours l’option de l’automatisation pour produire la même chose à des coûts moindres. C’est de ce côté-là qu’il faut regarder », conclut Jacques Levasseur.

Nouveau-Brunswick

Commerce