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Le sauvetage en grotte, un exercice rare mais crucial

Un guide en aventure explore une grotte et se retrouve coincé entre deux cavités
Le guide d'aventure François-Xavier Gagnon nous fait découvrir la grotte de Horne Lake sur l'île de Vancouver. Photo: Radio-Canada / Monia Blanchet

La spéléologie est une activité principalement réservée aux initiés en Colombie-Britannique et ailleurs. À la lumière de la mésaventure des adolescents thaïlandais, l'équipe de sauvetage d'ici souhaiterait que son travail soit mieux financé, car en cas de pépin, il faut réagir vite, souligne un sauveteur.

Un texte de Noémie Moukanda

Le sauvetage médiatisé d’une équipe de soccer composée de 12 jeunes joueurs et de leur entraîneur a mis en lumière combien il était dangereux de s’aventurer dans les grottes. Rappelons qu'un des plongeurs qui ont contribué aux opérations de sauvetage en Thaïlande vient de la Colombie-Britannique.

Des mésaventures semblables ont eu lieu dans la province, se souvient Doug Munroe, le coordonnateur des services de sauvetage de la Colombie-Britannique de l'ABCCRS (Alberta/British Columbia Cave Rescue Service), qui regroupe environ 200 bénévoles dans les deux provinces. Mais des incidents du genre sont rares, reconnaît-il. Le groupe de sauvetage est intervenu dans environ six cas similaires en Colombie-Britannique au cours des cinq dernières années.

On n'a pas besoin de nous très souvent, mais lorsqu'on a besoin de nous, c'est très rapidement et on aura besoin de centaines de bénévoles, d'équipement spécialisé et de beaucoup de formation spécialisée, comme on l'a vu en Thaïlande.

Doug Munroe, coordonnateur des services de sauvetage de la Colombie-Britannique de l'ABCCRS

Doug Munroe a observé de près le travail de ses confrères thaïlandais. Selon lui, c’est un rappel du travail qui se fait au pays.

Un sauvetage qui a son prix

Les interventions de sauvetage en grotte sont cruciales. Doug Munroe estime d’ailleurs que les groupes de sauvetage d’ici « sont tout aussi équipés que ceux qu’on a vus en Thaïlande ».
Cependant, les moyens sont insuffisants pour effectuer ces opérations de secours correctement, affirme-t-il.

Le secouriste espère que le gouvernement provincial augmentera le financement des services de sauvetage souterrain. Il explique en effet que le prix de l'équipement et les autres dépenses sont importants, qu’on utilise ou pas ce matériel.

La plupart des groupes de recherche et de sauvetage sont financés par le remboursement des dépenses d'utilisation pendant les appels, mais comme nos appels sont peu fréquents, mais très intenses, ce modèle ne fonctionne pas.

Doug Munroe, coordonnateur des services de sauvetage de la Colombie-Britannique de l'ABCCRS

M. Munroe estime qu’en recevant le même montant que le groupe de recherche et de sauvetage local le moins bien financé en Colombie-Britannique, cela suffirait à maintenir les ressources de l'équipe.

Popularité contre tourisme

La grotte la plus profonde de la province, et du Canada, s'enfonce à près de 700 mètres sous la surface de la terre, alors que la plus longue est de 13 kilomètres et se trouve sur l’île de Vancouver. « Et si nous devons évacuer quelqu’un de cette grotte, les défis logistiques seront similaires », explique Doug Munroe.

De plus, si les accidents dans les antres de nos roches sont exceptionnels, c’est aussi parce que s’y aventurer est réservé aux personnes affiliées aux clubs de spéléologie, estime François-Xavier Gagnon, guide d’aventure et sauveteur au service de secours de la rive nord, Lions Bay.

La spéléologie n’est pas vraiment une activité principale sur le plan touristique. C’est une activité qui est pour des amateurs, des connaisseurs.

François-Xavier Gagnon, guide d’aventure et secouriste bénévole

L’accès aux grottes est limité aux membres des clubs. Et, pour y pénétrer, il faut avoir la clé pour les grillages qui les protègent, explique le guide. « Il y a un genre d’épuration d’en haut qui se fait pour éviter que n’importe qui aille s’y aventurer et se mette dans le pétrin », souligne M. Gagnon.

Même si, selon l’aventurier, il n’existe pas réellement de tourisme du monde souterrain, l’exploration des cavernes et des grottes devient de plus en plus populaire. Le parc provincial de Horne Lake en est le parfait exemple. Ce dernier est de plus en plus prisé par les amateurs.

Le site de Horne Lake offre des sorties guidées de quelques heures, voire d’une journée, en caverne. Et il y a même des endroits où on peut amener les enfants. C’est super adapté aux familles.

François-Xavier Gagnon, guide d’aventure et secouriste bénévole

Par ailleurs, les mines désaffectées attirent les curieux, dit François-Xavier Gagnon. Il cite la région des Kootenays qui contient une multitude de puits. Ces anciennes mines multiplient les risques de se retrouver coincé parce que leurs entrées ne sont pas contrôlées.

De plus, assure M. Gagnon, il est difficile de prévenir les accidents : « Il y aura toujours des gens qui, par mégarde ou manque de connaissances, vont s’aventurer dans les cavernes ou des mines désaffectées. »

Colombie-Britannique et Yukon

Prévention et sécurité