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REM : des obligations vertes pour les particuliers

Une représentation du futur Réseau express métropolitain.

Photo : Radio-Canada / CDPQ

Radio-Canada

Les petits épargnants pourront dorénavant faire de l'argent en investissant directement dans le Réseau express métropolitain (REM). Radio-Canada a appris que Québec émettra dès jeudi des obligations vertes destinées aux particuliers afin de financer cet important projet de transport en commun.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Au cours de la dernière année, le gouvernement du Québec a offert des obligations vertes aux investisseurs institutionnels en trois blocs de 500 millions de dollars. Cette campagne de financement a servi à l’achat de trains AZUR et d’autobus hybrides pour la Société de transport de Montréal et au financement du projet du REM.

L’initiative s’est avérée un succès; la demande des investisseurs dépasserait l’offre, selon le ministère des Finances.

Alors, pour la première fois au Canada à compter du 12 juillet, quiconque au Québec pourra mettre la main sur des obligations vertes par l'intermédiaire d'Épargne placements Québec, par téléphone ou en ligne. Un bloc d’environ 100 millions de dollars sera d’abord rendu disponible.

Le gouvernement garantit en retour que cet argent soutiendra financièrement des projets qui contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à lutter contre les changements climatiques. Le REM est pour l’instant le seul projet ciblé par Québec.

Les obligations vertes permettront aux Québécois de contribuer au financement de projets précis qui engendrent des bénéfices tangibles au Québec en matière de protection de l’environnement.

Carlos J. Leitão, ministre des Finances du Québec

Pour assurer que les fonds recueillis par Épargne placements Québec soient directement investis dans des projets dits « verts », un comité consultatif sur les obligations vertes a été mis sur pied et se basera sur certaines lignes directrices reconnues. Dans l’avenir, il est possible d’imaginer d’autres exemples de projets que le REM, tels que la ligne de métro bleue à Montréal, le tramway à Québec et la construction de bâtiments ayant une certification écologique.

Simple et sans risque, à un rendement annuel de 2,4 %

Les obligations gouvernementales sont reconnues comme des placements facilement accessibles, sans frais de gestion et au capital garanti.

L’obtention d’obligations vertes nécessitera un montant minimal de 100 $. Pour l’instant, l’échéance de ces obligations est limitée à cinq ans à un taux fixe de 2,4 % par année, comme les obligations conventionnelles. Autrement dit, si vous investissez 1000 $ aujourd’hui, il vous reviendra à terme votre mise de fonds initiale ainsi qu’un paiement d’intérêts de 125,90 $.

Selon le directeur général de Bâtirente, Daniel Simard, ce type d’obligations est rentable des points de vue tant financier et environnemental que politique : « On ne fait pas de sacrifice sur la rentabilité des placements et il n’y a pas un accroissement du risque. En plus, on envoie un signal puissant au marché en manifestant notre désir d’allouer des capitaux aux activités ayant une consommation moindre en carbone. »

C’est un bon coup de marketing, je pense. En plus, ça sert les besoins financiers du gouvernement.

Daniel Simard, directeur général de Bâtirente

Bâtirente propose un système de retraite aux syndicats affiliés à la CSN et oriente de plus en plus son portefeuille obligataire vers des investissements dotés d'un « biais environnemental ».

Popularité grandissante des obligations vertes

Au Canada, des obligations gouvernementales vertes sont émises par Exportation et développement Canada, l’Ontario, le Québec et la Ville d’Ottawa, mais visent surtout les investisseurs institutionnels.

Selon le Climate Bonds Initiative, en 2017, un total de 3,8 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émises au pays, qui s’est ainsi classé au dixième rang mondial.

La même année sur la planète, leur valeur a dépassé les 155 milliards de dollars américains, en hausse de 78 % par rapport à l’année précédente. D’ici 2020, l’objectif espéré s’établira à 1000 milliards.

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