•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un navire qui a transporté des migrants est laissé à l’abandon dans les eaux de la C.-B.

Des immigrants à bord du MV Sun Sea le 13 août 2010
Des migrants à bord du MV Sun Sea le 13 août 2010. Photo: La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Le MV Sun Sea, qui a transporté près de 500 migrants en provenance du Sri Lanka en 2010, est aujourd'hui devenu une épave polluée ancrée dans un port de la côte ouest. Le navire contient plusieurs matières dangereuses, comme de l'amiante, de la moisissure et des substances radioactives.

Le gouvernement fédéral tente de trouver une façon rentable et « saine pour l’environnement » de se débarrasser de ce bateau en acier qui rouille dans les eaux de la Colombie-Britannique.

En 2010, les organisateurs du voyage vers le Canada à bord du MV Sun Sea avaient promis aux migrants tamouls une porte de sortie pour quitter le Sri Lanka, en échange de 20 000 $ à 30 000 $ par personne.

Les autorités fédérales qui avaient intercepté le navire n’avaient pu identifier aucun propriétaire pour celui-ci, et personne n’avait voulu l’acheter.

Ancré depuis 2012 dans un établissement des services publics de Delta, près de Vancouver, le MV Sun Sea a coûté environ 970 000 $ en frais d’entretien et d’entreposage au gouvernement.

Se débarrasser du navire : une tâche complexe

L’Agence des services frontaliers du Canada, qui est responsable du navire, travaille activement avec d’autres partenaires fédéraux pour trouver une façon de s’en débarrasser, d’après une note datant de mars 2018 obtenue à la suite d’une demande d’accès à l’information.

« Le gouvernement du Canada a décidé qu’il fallait se débarrasser du MV Sun Sea d’une manière écologiquement responsable, dans un établissement canadien, en respectant la loi canadienne », indique une ébauche du projet rédigée par l’Agence des services frontaliers.

D'après le dossier d’appels d’offres, le gouvernement espère recevoir des soumissions de compagnies qui pourraient disposer de cette épave flottante en août, pour attribuer le contrat en septembre et terminer le projet en mars. Les fonctionnaires fédéraux n'avaient pas de commentaires à faire sur l'état des plans pour le moment.

Darren Webster, chef de projet pour le recyclage des navires à l’entreprise R.J. Maclsaac Construction, croit que le gouvernement adopte la bonne approche du point de vue éthique et environnemental.

Selon lui, se débarrasser du MV Sun Sea en respectant les normes canadiennes, c'est « beaucoup mieux que si le navire finissait quelque part au Bangladesh, en Inde ou ailleurs ».

Un navire pollué

Une évaluation datant de janvier 2016 révèle que de nombreuses matières dangereuses sont présentes à bord du MV Sun Sea. On trouve notamment de la moisissure, de l’amiante, du plomb dans la peinture, du mercure dans les jauges et les lampes ainsi que des substances radioactives dans les détecteurs de fumée et les équipements de navigation.

Les matériaux potentiellement dangereux devront être éliminés par l'entrepreneur choisi, dans le respect des règlements qui s’appliquent. Un plan d’urgence devra aussi être établi pour faire face à une possible fuite de produits pétroliers, à un incendie ou à une explosion.

En raison de l’état du MV Sun Sea, le gouvernement interdit que le navire soit remorqué au-delà des eaux dans lesquelles il se trouve.

De plus, l’entreprise qui sera embauchée pour démanteler le bateau ne sera pas autorisée à le vendre. Certains éléments pourraient toutefois être récupérés, comme le moteur principal, le générateur, les pompes, les soupapes, les tuyaux, les hublots et les meubles.

Avec les informations de CBC News

Colombie-Britannique et Yukon

Pollution