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Soccer : Une arbitre d'ici sur les terrains du monde

Folie du soccer
Radio-Canada

Résidente d'Ottawa, la Franco-Ontarienne Carol-Anne Chénard fait partie de l'élite des arbitres mondiaux chez les femmes. Elle commence aussi à se faire un nom du côté des hommes. Passionnée de soccer et, bien sûr, d'arbitrage, c'est avec attention qu'elle suit la compétition qui se déroule en Russie.

Un texte d'André Dalencour pour Tout inclus

Accréditée par la FIFA depuis 2006, Carol-Anne Chénard a pris part à plusieurs compétitions féminines internationales, dont des Coupes du monde et des Jeux olympiques.

En 2017, elle a été au sifflet lors de la Coupe du monde de football des moins de 17 ans. Il s'agissait de sa première expérience du très haut niveau chez les hommes. Elle est aussi la première femme à arbitrer au mythique stade Wembley, à Londres.

Carole-Anne ChénardCarole-Anne Chénard en action Photo : AFP / Patrick Stollarz

Aujourd’hui âgée de 41 ans, l'Ottavienne a poussé ses premiers coups de sifflets dans la capitale alors qu'elle avait 15 ans. Si, au début, elle arbitrait surtout lors de matchs de jeunes footballeurs, elle s’est très vite fait remarquer.

« Le vendredi soir, j’arbitrais les plus de 35 ans. Quelqu’un a envoyé une lettre à l’association provinciale pour dire : "Quelqu’un devrait venir voir Carol-Anne arbitrer. Je pense qu’elle a du talent" », raconte-t-elle.

Les choses se sont alors enchaînées. Elle a commencé à être suivie et ses matchs ont été supervisés. Par la suite, la Franco-Ontarienne a lentement mais sûrement poursuivi sa progression.

« Je suis devenue arbitre nationale, j’ai fait mon premier match professionnel masculin, puis, en 2006, j’ai eu mon badge international », précise-t-elle.

Les yeux braqués sur la Russie

Après plus de trois décennies à arpenter les rectangles verts autour du globe, Carol-Anne Chénard est plus que jamais une passionnée du ballon rond.

Si elle s'intéresse aux performances des Messi, Ronaldo et Griezman, elle observe aussi de près le comportement des arbitres.

Les joueurs de l'équipe du Maroc discutent avec l'arbitre au cours du match de la Coupe du monde contre l'Espagne le 25 juin, en Russie.Les joueurs de l'équipe du Maroc discutent avec l'arbitre au cours du match de la Coupe du monde contre l'Espagne le 25 juin, en Russie. Photo : The Associated Press / Michael Sohn

« Je suis aussi fan des arbitres et je comprends comment c’est difficile d’être sur un terrain de soccer [lors] des gros matchs, une coupe du monde. Je veux que les arbitres se montrent bien », explique-t-elle.

Et l’édition russe l’a comblée à ce niveau. Elle trouve que les confrontations auxquelles la compétition donnent lieu sont exceptionnelles.

Pour moi, un bon match, un bon arbitrage, c’est un match parfait.

Carol-Anne Chénard

Si elle voit avec bienveillance l’introduction de l’arbitrage vidéo, cette année, elle croit cependant que cela n’éliminera pas totalement les erreurs.

« C’est impossible. Premièrement, c’est pour ça que le monde aime le soccer. C’est un peu le côté humain. C’est sûr qu’avec les reprises vidéo, c’est encore des humains qui vont encore prendre les décisions », fait valoir l’arbitre. « Il va toujours y avoir une opinion et je ne crois pas que c’est possible d’avoir un match parfait. Je pense que c’est ce qui fait que le soccer est très excitant. »

L’exigence au quotidien

Selon Carol-Anne Chénard, ce qui fait un bon arbitre, c’est entre autres la lecture du jeu et la capacité de d’anticiper.

« C’est la compréhension du match en général, des lois du jeu. La capacité de les appliquer sur le terrain, de comprendre comment les joueurs jouent, quand laisser aller des choses ou quand devenir autoritaire. Et c’est aussi beaucoup de gestion de personnalité », dit-elle avec un sourire malicieux.

Au cours des dernières années, les arbitres ont également dû considérablement améliorer leur préparation, notamment sur le plan physique, pour être capables de répondre aux exigences du soccer moderne.

On s’entraîne chaque jour. On est suivi de très près par la FIFA.

Carol-Anne Chénard

« Je pense que c’est quelque chose que les gens ne comprennent pas de l’arbitrage. On s’entraîne comme un athlète. Je me considère encore comme une athlète », élabore Mme Chénard.

Par exemple, ses collègues et elle doivent utiliser des moniteurs cardiaques, fournis par la FIFA, pendant leurs entraînements. Ils font l'objet d'un suivi professionnel par l’instance internationale qui encadre le soccer.

« On reçoit des programmes d’entraînement, parce qu’on doit être capable de suivre le match. Les joueurs vont vite, on doit aller vite aussi. On doit anticiper le match pour avoir une bonne position », indique celle qui s’astreint à des séances quotidiennes.

Carol-Anne Chénard sera une des protagonistes principaux d’un documentaire intitulé Polices de jeux, qui sera diffusé à ICI Télé cet automne.

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