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Neuf ans d'attente pour une famille demandeuse d'asile au Québec

Cinq passagers britanniques ont été interpellés à l’aéroport international James Armstrong Richardson de Winnipeg, au Manitoba.

Photo : CBC / Austin Grabish

Radio-Canada

Une famille de demandeurs d'asile arrivée au pays en 2009 attend toujours d'être entendue devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. Neuf ans d'attente et autant de délai, puisque chaque fois, l'audience devant le juge a été annulée pour des raisons administratives.

Un texte de Catherine Kovacs

Ils sont cinq, mais on ne peut dévoiler leur identité ni leur pays d'origine. Ils sont arrivés au Canada le 14 juillet 2009 avec un visa de tourisme. Dès qu'ils ont foulé le sol canadien, ils ont fait une demande d'asile. Mais neuf ans plus tard, ils attendent toujours d'avoir un statut puisqu'ils n'ont pas réussi à se faire entendre devant un juge.

C'est que toutes les audiences planifiées pour faire valoir leur cause ont été annulées pour des raisons administratives.

« Il n'y avait pas d'interprète, ou alors l'avocat était malade, notre dossier n'était pas inscrit à l'ordinateur », précise le père de famille.

Une des difficultés, c'était de leur trouver un interprète. Le français n'est pas leur langue maternelle, ils l'ont appris ici. Le père précise qu'il veut bien comprendre les termes juridiques et techniques. « C'est l'avenir de notre famille qui en dépend », précise-t-il.

Aucun statut

Comme cette famille n'a pas de statut, elle ne peut pas bénéficier de certains services comme l'assurance maladie. « S'il y a urgence, on va à l'hôpital et on doit payer », nous rappelle le père de famille.

De plus, les enfants en âge d'aller à l'université ne peuvent y aller. Il leur faut un permis délivré par la province et comme ils n'ont pas de statut, pas de permis. « Alors on attend », précise un des fils. Il a d'ailleurs écrit quatre fois au premier ministre Justin Trudeau pour lui faire part de la situation de la famille, mais il n'a toujours pas reçu de réponse.

Pourtant ils ont un commerce depuis quatre mois, ils payent leurs impôts et les taxes, « comme les Canadiens », nous précise le père de famille.

Délai déraisonnable

Pour leur avocat, Stéphane Handfield, ce délai de neuf ans est totalement déraisonnable.

Le délai est normalement de 60 jours, selon la loi. Il déplore que personne ne soit imputable dans cette affaire. « Il y a quelqu'un qui doit se faire taper sur les doigts. C'est assez, on doit procéder. » Il songe d'ailleurs à confier ce dossier à un confrère dans le but d'intenter un recours contre le tribunal et le gouvernement.

Entre-temps, la prochaine audience pour la famille est prévue le 28 août... si tout va bien.

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