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Un géant russe lié au Kremlin a eu un accès prolongé aux données d’utilisateurs de Facebook

L'icône du pouce en l'air de Facebook en noir superposé à des rangées de 0 et de 1 verts.
Le groupe russe Mail.Ru a pu continuer de consulter la liste des amis de ses utilisateurs pendant deux semaines après l'interdiction de cette pratique par Facebook. Photo: Reuters / Dado Ruvic
Radio-Canada

Facebook a autorisé une entreprise russe liée au Kremlin à collecter des données sur les amis des utilisateurs de ses applications pendant deux semaines en 2015, malgré l'interdiction de cette pratique par le réseau social.

Le réseau social dit avoir accordé ce délai de deux semaines à Mail.Ru pour lui permettre de faire des ajustements sur deux de ses applications de messagerie. Les centaines d'autres applications de l'entreprise ont dû se conformer immédiatement aux nouvelles règles de Facebook.

Seules 61 entreprises dans le monde ont eu droit à une telle prolongation, a indiqué le réseau social. Pendant l’extension, les applications de Mail.Ru n’ont eu accès qu’aux listes d’amis de leurs utilisateurs et non aux intérêts ou aux mentions « J’aime » de ces amis.

Des liens avec Vladimir Poutine

Le groupe Mail.Ru appartient à Alisher Usmanov, un milliardaire considéré comme proche de Vladimir Poutine par le département du Trésor des États-Unis. L’entreprise a été fondée par Yuri Milner, un investisseur majeur de Facebook et un ancien conseiller de l’ex-président russe Dimitri Medvedev. M. Milner a quitté Mail.Ru en 2012.

Ces révélations ont fait réagir Mark Warner, vice-président démocrate du Comité du renseignement du Sénat américain.

« Dans les six derniers mois, nous avons appris que Facebook contrôlait peu la collection et l’utilisation de données d’utilisateurs par des entreprises tierces, a indiqué M. Warner à CNN. On apprend maintenant que la plus grande entreprise technologique de Russie, dont les dirigeants se vantent de leur proximité avec Vladimir Poutine, avait potentiellement des centaines d’applications intégrées dans Facebook et collectant des données d’utilisateurs. »

« Si c’est exact, nous devons déterminer quelles informations d’utilisateurs ont été rendues accessibles à Mail.Ru et ce que cette dernière a pu faire avec les données capturées », a-t-il poursuivi.

Sandy Parakilas, une ancienne employée de Facebook qui oeuvre maintenant auprès du Center for Humane Technology, un organisme qui fait la promotion des droits et du bien-être des Internautes, estime toutefois que cela sera ardu.

« Malheureusement, Facebook n’a aucun moyen de savoir ce qui est arrivé aux données une fois qu’elles ont quitté ses serveurs, a-t-elle expliqué à CNN. Ils ne peuvent donc pas savoir si les données ont été mal utilisées. »

Les informations sur la prolongation accordée à Mail.RU ont été découvertes dans des documents transmis il y a deux semaines par Facebook au Congrès américain. Ces documents visaient à répondre à des interrogations des parlementaires américains après le témoignage du président-directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, en avril.

Avec les informations de CNN, Wired, et Mashable

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