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  • Archives
  • Il y a 40 ans : la fin d’une saga judiciaire pour le felquiste Jacques Rose

    Jacques Rose, assis au banc des accusés.
    Jacques Rose, lors de son premier procès en 1972 Photo: Radio-Canada

    Le 17 juillet 1978, Jacques Rose, un des acteurs de la crise d'Octobre, sort de prison après cinq ans d'incarcération. Il s'empresse de fustiger le système, lui qui a traversé quatre procès avant d'être condamné pour complicité après le fait dans l'enlèvement de Pierre Laporte. Retour en archives sur cette affaire.

    Jacques Rose fait partie de la cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ) qui a orchestré l’enlèvement de Pierre Laporte en octobre 1970. Un enlèvement qui s’est terminé par la mort tragique du ministre libéral de l’Immigration, du Travail et de la Main-d’oeuvre du Québec.

    Après la découverte du corps du ministre Pierre Laporte dans le coffre d’une voiture, un important effectif de policiers et de militaires se met aux trousses des ravisseurs.

    Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1970, Jacques Rose est capturé par les forces de l’ordre. Avec deux autres membres de la cellule Chénier, son frère Paul Rose et Francis Simard, il se terrait dans un tunnel de fortune construit sous une maison à Saint-Luc, en Montérégie. Tous subiront un procès.

    Cet extrait de la revue de l’année Le Canada en 1972 résume le début de la saga judiciaire pour Jacques Rose.

    Son premier procès pour l'enlèvement de Pierre Laporte est ajourné à plusieurs reprises. Démarré en février 1972, il se termine en queue de poisson en mai à la suite d’un désaccord des jurés.

    Le 9 décembre 1972, il est acquitté de l'enlèvement de Pierre Laporte dans un second procès.

    Comme l’annonce le narrateur Jean-Paul Nolet dans la revue de l’année 1972, un autre procès attend Jacques Rose en 1973, cette fois sous une accusation de meurtre.

    Le 23 février 1973, Jacques Rose est acquitté du meurtre de Pierre Laporte. Dans cette entrevue tournée le soir même, il se dit fier de ce « verdict du peuple », lui qui a été jugé par un jury québécois. Aux côtés de sa mère et de son avocat Robert Lemieux, il se montre combatif.

    Je vais continuer à me battre pour libérer le peuple québécois de toute la servitude de l'establishment, de toute la servitude du colonialisme, de toute la servitude au niveau économique, de l'impérialisme américain qui nous exploite éhontément de toutes les façons et de toutes les manières et de toutes les bassesses politiques.

    Jacques Rose

    Après cette envolée, il assure au journaliste André Dubois qu'il ne souhaite pas se présenter en politique.

    Jacques Rose n’est pas au bout de ses peines. Il devra affronter un nouveau procès pour complicité après le fait. Cette fois, il sera jugé coupable.

    Le 17 juillet 1978, Jacques Rose est accueilli par ses proches – et par les journalistes – à sa sortie du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul. Il vient de passer 50 mois derrière les barreaux.

    Ses premières déclarations sont diffusées au bulletin de nouvelles Ce soir, animé par Paul-Émile Tremblay. Il condamne le système carcéral canadien et compte s’impliquer au sein du Comité d'information sur les prisonniers politiques (CIPP).

    Il évoque son frère, condamné à la prison à perpétuité pour l'enlèvement et le meurtre de Pierre Laporte.

    Paul Rose obtiendra une libération conditionnelle en 1982 et les deux frères continueront de militer dans le mouvement souverainiste.

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