•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fusillade dans un parc : le maire traite les accusés de « rats d’égout »; un activiste demande des excuses

Deux portraits juxtaposés
Le maire de Toronto, John Tory, et l'activiste Desmond Cole Photo: Chris Young/La Presse canadienne - CBC News

Desmond Cole, un activiste pour les droits des Noirs, demande des excuses de la part du maire de Toronto, John Tory, parce qu'il a traité de « rats d'égout » deux hommes soupçonnés d'avoir atteint par balle de jeunes enfants dans un parc en plein jour.

Le maire affirme n’avoir aucunement l’intention de s’excuser.

Deux jours après une fusillade dans un terrain de jeux de Scarborough, à l’est de Toronto, où deux fillettes de 5 et 9 ans ont été gravement blessées par balle, en juin dernier, le maire de Toronto, en conférence de presse, parlait aux médias au sujet de l’incident.

« La police travaille de manière dynamique avec toutes les ressources disponibles pour retrouver les [gens responsables de la fusillade], ces rats d'égout profondément antisociaux », avait-il alors déclaré.

Lundi, M. Cole a demandé au maire de Toronto, sur Twitter, s’il avait l’intention de s’excuser. « Est-ce que vous vous êtes excusé d'avoir appelé les Noirs "des rats d'égout profondément antisociaux" ou nah? »

Mardi, le maire s’est défendu. Il a affirmé que les hommes responsables de ces violences sont une menace pour la sécurité publique.

Photo en mosaïque de deux hommes noirsLes deux suspects recherchés : Tarrick Rhoden (à g.) et T’Quan Robertson Photo : Police de Toronto

Les trois suspects sont des Noirs. Un d’entre eux a été arrêté.

« Je considère les gens qui portent volontiers et sciemment des armes à feu dans leur poche et les utilisent pour tirer sur d'autres personnes comme des personnes profondément antisociales », a réitéré le maire de Toronto.

« J'étais vraiment en colère ce jour-là en pensant au fait que quelqu’un puisse brandir une arme à feu et tuer deux jeunes enfants. Ceux qui impliquent la race [des présumés assaillants] dans ce débat devraient avoir honte », a-t-il déclaré mardi en conversation avec des journalistes.

J’aimerais ajouter que je ne savais rien à propos des suspects lorsque j'ai prononcé ces mots.

John Tory, maire de Toronto

De son côté, M. Cole affirme que les mots choisis par le maire sont déshumanisants parce qu'il a décrit les hommes impliqués dans la fusillade comme de la vermine. Des termes tels que « voyous » et « gangsters », que M. Tory a également utilisés, « nous exposent à plus de dangers », selon M. Cole.

« Le maire a malheureusement choisi d'employer le terme "rats d'égout" pour décrire des êtres humains. Je pense que nous pouvons convenir que c'est déshumanisant. Certaines personnes croient que c’est acceptable parce qu'il parle de gens impliqués dans une fusillade », affirme M. Cole.

« Vous ne pouvez pas soutenir, réintégrer et réhabiliter les gens dans votre communauté une fois que vous avez décidé de les abandonner et de les comparer à des animaux. »

Deux sketchs de cour juxtaposésDes sketchs de cour de Bruce McArthur et d'Alek Minassian Photo : Pam Davies/CBC News

M. Cole souligne que le maire Tory n'a jamais utilisé des termes similaires pour décrire le présumé responsable de l’attaque au camion-bélier Alek Minassian ou le tueur en série présumé Bruce McArthur. Minassian, accusé d'avoir tué 10 personnes et d'en avoir blessé 16 autres, et McArthur, accusé du meurtre de 8 hommes, sont tous les deux blancs.

« Quand les crimes sont commis avec des armes à feu, les mots plus forts sortent », ajoute-t-il.

Ellen Berrey, professeure adjointe de sociologie à l'Université de Toronto, qui a fait des recherches sur les thèmes de la culture, de la race, du pouvoir et des inégalités, explique que le terme « rats d'égout » n'aide pas à assainir le climat qui persiste dans la ville.

Le portrait d'une femmeEllen Berrey, professeure adjointe de sociologie à l'Université de Toronto Photo : Radio-Canada / CBC News

Il en va de même pour le mot « voyou », qui, selon elle, peut véhiculer une image de « jeune homme noir effrayant et imposant, de manière péjorative ».

« Ces mots sont des codes qui signifient quelque chose pour certaines personnes et déclenchent des réactions stéréotypées. C'est peut-être inconscient [de la part de ceux qui les utilisent], mais ils ont un impact », a-t-elle déclaré.

« De plus, ça sape un objectif plus large, qui est de rendre la ville plus sécuritaire », ajoute Mme Berrey.

Avec les informations de CBC News

Crimes et délits

Société