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La crème solaire n'a toujours pas la cote malgré les risques de cancer

Le soleil est bien présent depuis les derniers jours dans la région de Moncton.
Le soleil est bien présent depuis les derniers jours dans la région de Moncton. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La météo des derniers jours pousse les Néo-Brunswickois à profiter du beau temps. Malgré les risques de cancer de la peau et l'augmentation du nombre de personnes atteintes de cette maladie, force est de constater que la crème solaire n'est toujours pas une habitude pour plusieurs.

Un texte de Camille Martel

Un indice UV (ultraviolet) modéré, une température ressentie de 35 degrés Celsius et un taux d'humidité sous la barre des 50 %, voilà des conditions qui incitent les gens à prendre d'assaut les parcs et autres espaces verts.

À Moncton, mardi, ils étaient plusieurs à s'aventurer au parc Victoria, en plein coeur de la ville, pour profiter de cet été qui passe trop vite.

Tous les passants rencontrés par Radio-Canada n'avaient pas la tête à la prévention du cancer de la peau.

« Ça ne m'inquiète pas, le cancer de la peau », lance d'emblée Mélissa Richard, qui promenait son chien à l'heure du dîner sous un plein soleil.

Mélissa Richard.Mélissa Richard Photo : Radio-Canada

Avait-elle appliqué de la crème solaire? « Non, je ne mets jamais de crème solaire. J'ai plus peur de la crème solaire que du cancer, avec tous les agents chimiques », ajoute-t-elle.

Elle dit toutefois porter une casquette à l'occasion ou bien se réfugier à l'ombre si elle a trop chaud.

Même son de cloche pour un autre passant qui profitait des chaudes températures du début juillet au parc : « Je ne mets pas de crème solaire. J'ai la peau foncée donc je ne brûle pas », explique Arsinii Prozorov, en ajoutant que lui aussi se réfugie à l'ombre lorsque les températures deviennent trop élevées.

Marc-André Belliveau.Marc-André Belliveau Photo : Radio-Canada

Un troisième passant, Marc-André Belliveau, dit pour sa part éviter de sortir à midi afin de se protéger des rayons UV.

« Aussi, j'essaye de sortir une demi-heure ou bien une heure maximum à la fois », dit-il, en expliquant toutefois qu'il ne met pas de crème solaire la plupart du temps.

« Je ne brûle pas beaucoup, donc ça ne m'inquiète pas trop. Je mets une casquette pour ne pas avoir le soleil dans les yeux et voilà ».

Un faux sentiment de sécurité

Rester à l'ombre donne un faux sentiment de sécurité, explique la dermatologue Chantal Chiasson, de l'Institut Figurra, à Dieppe, qui tenait mardi une clinique gratuite de dépistage du cancer de la peau.

« L'ombre nous protège seulement de 50 % des rayons UV, car ceux-ci sont comme de petites balles, ils rebondissent partout », illustre-t-elle, en indiquant toutefois qu'il vaut mieux se tenir à l'ombre qu'au soleil.

De plus, le fait d'avoir la peau foncée, hâlée ou bronzée ne protège pas contre les cancers de la peau : « Beaucoup de gens pensent qu’ils sont protégés par le bronzage. Bien que les brûlures causées par le soleil peuvent être à l'origine des cancers de la peau, il en est de même pour l’accumulation de rayons ultraviolets ».

Chantal Chiasson, dermatologue à l’Institut Figurra et pour les réseaux de santé publics au Nouveau-Brunswick.Chantal Chiasson, dermatologue à l’Institut Figurra et pour les réseaux de santé publics au Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada

On découvre des mélanomes chez tous les types de peau, qu'ils soient foncés ou pâles.

Chantal Chiasson, dermatologue à l’Institut Figurra

De plus, elle explique que certaines personnes plus âgées confondent le vieillissement de la peau avec des signes avant-coureurs de cancers.

« Environ 80 % à 90 % de ce que les gens croient être le vieillissement normal de la peau est en fait un vieillissement accéléré de la peau causé par le rayonnement des rayons ultraviolets ».

La crème solaire demeure la seule protection valide

La dermatologue Chantal Chiasson ne cesse de le répéter à ses patients : la crème solaire est le seul outil qui permet vraiment de prévenir le cancer de la peau.

« Il faut vraiment en mettre tous les matins, été comme hiver », précise-t-elle.

Peu de gens le savent, mais le soleil peut être dommageable en toute saison : « Il y a des UVA toute l'année, mais les UVB sont un peu plus concentrés l'été, et ce, surtout entre 11 h 00 et 16 h 00 ».

La dermatologue Chantal Chiasson insiste sur le fait que la crème solaire est indispensable pour prévenir les cancers de la peau.La dermatologue Chantal Chiasson insiste sur le fait que la crème solaire est indispensable pour prévenir les cancers de la peau. Photo : Radio-Canada

Les rayons ultraviolets en bref

  • Les UVA ont une longueur d'onde de 320 à 400 nm. Bien que leur énergie soit inférieure à celle des UVB, ils pénètrent dans le derme et sont responsables du bronzage immédiat, du vieillissement prématuré de la peau. Ils peuvent jouer un rôle dans l'apparition de certains cancers de la peau. Les UVA ne sont pas facilement absorbés par la couche d'ozone : à peu près 95 % réussissent à la franchir.
  • Les UVB ont une longueur d'onde de 280 à 320 nm. Ils ne pénètrent que la couche protectrice de l'épiderme. Ils sont responsables du bronzage à long terme et des coups de soleil, ainsi que de la plupart des cancers de la peau. Une grande part des UVB est absorbée par la couche d'ozone; seulement 5 % se rendent à la surface de la Terre.

Source : Santé Canada

Fait intéressant, la dermatologue explique aussi que les UVA ont la capacité de traverser les fenêtres.

« Il n'est pas rare de voir des patients qui ont le côté gauche du visage endommagé par le soleil parce qu'ils ont conduit beaucoup avec le soleil qui tapait dans leur fenêtre ».

La Dre Chiasson recommande de toujours badigeonner les parties exposées au soleil avec de la crème solaire qui a un facteur de protection solaire de 30 ou plus.

« Si vous sortez toute la journée, il faut en réappliquer toutes les deux à trois heures », mentionne-t-elle.

Finalement, la dermatologue recommande à toute personne inquiète d'un changement sur sa peau de contacter immédiatement son médecin de famille ou bien de se présenter à la clinique.

Dans le cas d'un mélanome, le délai est crucial. Plus le patient est référé rapidement en dermatologie, plus on a de chances de pouvoir le traiter.

Chantal Chiasson, dermatologue à l’Institut Figurra

Les principaux types de cancers de la peau

  • La plupart des cas de cancer de la peau sont soit des carcinomes basocellulaires, soit des carcinomes spinocellulaires. Ces cancers de la peau ont tendance à se manifester à un âge plus avancé sur des régions de la peau qui ont été exposées de manière répétée au soleil (comme le visage, le cou ou les mains). Les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires progressent lentement et provoquent rarement la mort, car ils n'ont pas l'habitude de se propager à d'autres parties du corps. Ces cancers sont généralement faciles à déloger à l'aide d'une intervention chirurgicale. Mais ils sont quand même préoccupants, car ils peuvent causer des cicatrices, un défigurement ou la dégradation d'une fonction dans certaines parties du corps.
  • Les mélanomes malins sont différents. Ils représentent environ 5 % de tous les cancers de la peau et c'est la forme de cancer la plus susceptible d'être mortelle. Contrairement aux autres cancers de la peau, ils se manifestent à un plus jeune âge et ils progressent rapidement. Ils peuvent apparaître à peu près n'importe où sur le corps.

Source : Santé Canada

Nouveau-Brunswick

Cancer