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Où vont les vélos volés à Winnipeg?

Un petite chambre avec un lit, une table, une boite à outil et un vélo. Une femme s'affaire à le réparer.

Une femme répare un vélo dans une maison aux fenêtres murées du centre-ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les bicyclettes sont devenues une devise sur le marché de la méthamphétamine winnipégois. Des ateliers clandestins de découpage de vélos pullulent dans les quartiers défavorisés de la ville. Regard sur la vie de votre vélo après le vol.

Devant une maison aux ouvertures murées et recouverte de graffitis, des jantes de bicyclettes sont empilées contre les murs. C’est un lieu de consommation de méthamphétamine, et un atelier de découpage de vélos.

« La maison était remplie de vélos, du sous-sol jusqu’au troisième étage », affirme l’homme qui a été embauché pour remettre la maison en ordre, Blair Jonasson.

Je suis rentré et, partout, il y avait des seringues, des vêtements, des bicyclettes volées et des cafards. Je ne pouvais pas voir le plancher.

Blair Jonasson

Dans la maison, il y avait des pièces de vélo éparpillées un peu partout. Son unique habitante dit qu’elle les a trouvées dans le quartier. M. Jonasson croit qu’il y avait plus de 60 bicyclettes dans la maison il y a deux semaines.

Un cadre de vélo rapporte de 3 $ à 10 $ chez les marchands de ferraille de la ville, il peut être vendu en ligne ou encore échangé contre une dose de méthamphétamine.

Le président du comité des résidents du nord de Pointe Douglas, Sel Burrows, s’inquiète des appels affolés de ses voisins : « [Ils disent : ] je les entends scier des vélos avec une scie à métaux. »

« Il s'agit de vélos très chers, mais ces [gens-là] volent des vélos à des enfants. [...] Lorsqu’une personne de la classe moyenne perd un vélo cher, c’est une atteinte à la vie privée, toute sorte de choses. Mais lorsqu’une famille plus pauvre parvient à obtenir des vélos pour les enfants, ou pour se rendre au travail, et que ces vélos sont volés, c’est une énorme perte financière, et ça démoralise la communauté », ajoute-t-il.

Ronnie Edward Beaulieu habite à côté d’un atelier de découpage de vélos volés dans le nord de Pointe Douglas. Des bicyclettes en pièce gisent dans le jardin du voisin, partiellement recouverts d’une bâche.

Il dit qu'il y a un va-et-vient constant de bicyclettes. « Parfois, ils me demandent si je veux acheter le vélo 400 $… et puis ils me l’offrent à 50 $. Je leur réponds que je n’ai pas d’argent. »

Frustration pour la police

M. Beaulieu note que la police se rend à la maison voisine presque tous les jours. Le Service de police de Winnipeg a refusé une demande d’entrevue, mais des policiers qui patrouillent dans le quartier ont confié qu’ils étaient frustrés. Des pièces sont vendues et des vélos sont reconstruits, alors c’est très difficile d’arrêter qui que ce soit.

Un homme avec une casquette. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ronnie Edward Beaulieu habite à côté d'un atelier clandestin de découpage de vélo.

Photo : Radio-Canada

Il faut un mandat de perquisition pour fouiller des propriétés, et de toute façon, peu de personnes enregistrent le numéro de série de leur vélo et signalent le vol à la police.

Joanne Harper estime qu’elle a récupéré environ 80 $ en pièces de vélo en se baladant dans la ville avec un chariot. Elle ramasse les pièces de vélo abandonnées par les voleurs. Elle échange la ferraille contre du liquide ou construit un nouveau vélo, qui peut être vendu de 40 $ à 50 $.

« Il y a des pièces partout, à la fin d’une journée, il y a potentiellement de quoi bâtir un vélo ou deux », affirme-t-elle.

Lorsque CBC cherchait à parler avec le propriétaire d’un parc à ferraille près de la rue Main au sujet du prix de la ferraille et de la fréquence d’échange de bicyclettes, un homme dans une camionnette blanche chargée de vélos est arrivé.

Il a demandé à ne pas être photographié. Par la suite, il s’est approché d'un véhicule de CBC pour réclamer qu’on ne le filme pas. Lorsqu’il a été interrogé sur l’origine des vélos dans sa camionnette, il a dit qu’ils les avaient achetés et qu’ils n’étaient pas volés. Il a aussi affirmé qu'il était psychologue et médecin.

Avec les informations de CBC

Manitoba

Justice et faits divers