•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les prescriptions d’opioïdes en hausse à T.-N.-L., en baisse ailleurs

Comprimés d'oxycodone.
Près de 4000 personnes sont mortes d'une surdose d'opioïdes au Canada en 2017. Photo: Associated Press / Patrick Sison

Un rapport indique que Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province où les prescriptions d'opioïdes ont augmenté l'an dernier.

La hausse est de 2 %, selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), alors que les prescriptions ont baissé de plus de 10 % dans les provinces où la crise des opioïdes a frappé le plus fort, soit la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario.

Le rapport fait l’examen des doses thérapeutiques quotidiennes (DTQ) des six opioïdes les plus couramment prescrits dans chacune des provinces. Sa méthode permet de comparer les prescriptions des médicaments à des dosages différents.

« Ça aplanit les différences et nous permet de comparer différents médicaments », explique Paul Sajan, l’un des auteurs de l’étude.

Paul Sajan, chercheur à l'Institut canadien d'information sur la santéPaul Sajan, chercheur à l'Institut canadien d'information sur la santé Photo : Photo fournie par Paul Sajan

Les opioïdes étudiés sont le fentanyl, la morphine, l’oxycodone, le tramadol, l’hydromorphone et la codéine.

D’après les résultats, Terre-Neuve-et-Labrador avait, l’an dernier, le taux le plus élevé de DTQ de ces opioïdes, soit 8102 par 1000 personnes.

En Atlantique, c’est le Nouveau-Brunswick qui avait en 2017 le deuxième taux de prescription d‘opioïdes le plus élevé, c’est-à-dire 6798 par 1000 habitants. Suivait l’Île-du-Prince-Édouard avec un taux de 6595, puis la Nouvelle-Écosse à 6119.


Doses thérapeutiques quotidiennes par 1000 habitants pour les 6 opioïdes les plus prescrits, Canada*, 2017


Carte



* Les résultats des territoires n’étaient pas disponibles.
↓ ↑ : variation en pourcentage du nombre de DTQ de 2016 à 2017
DTQ : doses thérapeutiques quotidiennes
n.d. : non disponible



Le taux en Nouvelle-Écosse a baissé de 12 % de 2016 à 2017, alors qu’il a baissé de 6 % au Nouveau-Brunswick et de 3 % à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le Québec a le taux de doses thérapeutiques quotidiennes le plus bas au pays, soit 3453 par 1000 habitants.

À l’échelle du pays, les prescriptions d’opioïdes ont diminué de 10 % l’an dernier.

Un contrôle plus serré

Paul Sajan attribue la diminution générale à l’implantation de diverses initiatives de santé publique. « Les cliniciens et les décideurs espèrent que ces chiffres vont mener à des discussions plus éclairées entre les patients et leurs médecins », dit-il.

Le but [...] est de s’assurer que seuls ceux qui bénéficient le plus d’opioïdes reçoivent des prescriptions.

Paul Sajan, Institut canadien d'information sur la santé

Il s’attend à ce que la tendance à la baisse des prescriptions se poursuive en 2018 et en 2019, y compris à Terre-Neuve-et-Labrador où le gouvernement provincial a mis en oeuvre des mesures pour mieux les contrôler au cours de la dernière année.

Le marché noir exclu de l'étude

Le rapport de l’ICIS s’intéresse uniquement aux prescriptions d’opioïdes et non au marché noir de ces mêmes médicaments.

Paul Sajan reconnaît que, si les prescriptions d’opioïdes sont en diminution au Canada, il pourrait en être autrement des ventes sur le marché noir.

« La croissance du marché noir a eu un impact important. Elle pourrait bien se poursuivre au Canada atlantique », dit-il.

Un homme dont le visage est caché par une casquette se prépare une consommation de drogue. Il est assis par terre. La crise des opioïdes est principalement attribuable à la vente de ces médicaments sur le marché noir, affirme Paul Sajan. Photo : Radio-Canada

La crise des opioïdes dans l’ouest du pays et en Ontario est principalement attribuable à la vente illégale de ces médicaments, selon lui.

Les anxiolytiques très prescrits au N.-B.

Le rapport s’est également penché sur les prescriptions de benzodiazépines, des médicaments prescrits pour traiter l’anxiété et l’insomnie, mais qui peuvent avoir un effet euphorisant et peuvent être surconsommés pour cette raison.

Selon ses données, c’est au Nouveau-Brunswick que l’on prescrivait le plus de benzodiazépines l’an dernier, soit 31 555 doses thérapeutiques quotidiennes par 1000 habitants.

Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province qui a connu une hausse de la prescription de ces médicaments. Elle a augmenté de 0,5 % pour se situer à 25 722 doses quotidiennes. La moyenne canadienne était de 12 248, soit une baisse de 6 % par rapport à 2016.

Avec des informations de Katie Breen, CBC

Nouveau-Brunswick

Santé publique