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Ottawa recommande de ne pas se rendre en Haïti

Des motocyclistes roulant dans une rue jonchée de débris.

À Port-au-Prince, on roule en moto en évitant les voitures carbonisées. Un retour à la quasi-normalité dans ce pays au climat social plus que tendu.

Photo : Reuters / Andres Martinez Casares

Radio-Canada

Tandis que la situation revient lentement à la normale en Haïti, après une fin de semaine de chaos et de violence, Ottawa recommande toujours aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » dans le pays.

À Port-au-Prince, la capitale de la perle des Antilles, beaucoup de marchandes de fruits et légumes ont ainsi repris leur place sur les trottoirs, et les taxis-motos occupent de nouveau leurs carrefours habituels, même si les clients se font rares.

Quelques voitures tentent de se frayer un passage au milieu de rues encore chargées de barricades.

Et si les violences ont forcé l'annulation de tous les vols pendant la fin de semaine, trois avions en provenance des États-Unis ont atterri à l'aéroport Toussaint Louverture, dimanche après-midi.

Les ambassades du Canada et de la France demeureront fermées lundi, sauf pour éventuellement aider leurs ressortissants en détresse.

Les différents blocs parlementaires haïtiens doivent entamer des discussions pour déterminer la suite des choses. Des élus réclament le départ du premier ministre Jack Guy Lafontant, déjà très impopulaire avant l'adoption de la hausse controversée du prix du carburant.

Services aux ressortissants canadiens

L'ambassade canadienne étant fermée, les Canadiens se trouvant en Haïti qui ont besoin d'une aide consulaire d'urgence peuvent appeler au « 011 (509) 2812-9000 » ou écrire à l'adresse courriel « prncecs@international.gc.ca ».

Le gouvernement du Canada invite également ses ressortissants à communiquer avec leur compagnie aérienne ou leur agence de voyages, puisque plusieurs vols en partance ou en direction de l’aéroport international Toussaint-Louverture ont été annulés.

Autre tempête à l'horizon?

Les contestataires haïtiens ont par ailleurs annoncé une grève générale de deux jours à partir de lundi, en exigeant le départ immédiat du président Jovenel Moïse, et ce malgré le fait que le gouvernement a reculé, samedi, en annulant la forte hausse du prix du carburant annoncée la veille.

De nombreux pillages ont eu lieu au cœur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas.

Près d'un des commerces pillés, Alphonse Charles tentait de rester calme devant la carcasse brûlée de sa voiture.

J'accuse le coup, mais c'est la réalité du pays : dès lors qu'on vit en Haïti on est fâché, frustré face à la façon dont les choses sont gérées par les politiciens.

Alphonse Charles

« Je dois continuer à vivre, on ne va pas se laisser emporter pour ça seulement », a-t-il ajouté.

Le chef de police de Port-au-Prince, Michel-Ange Gédéon, a pour sa part appelé les forces de l'ordre à réprimer les « bandits qui menacent la paix et la sécurité du pays ».

Les violences ont fait au moins quatre morts, selon l'AFP.

Afin de tenter de ramener le calme et de disperser les casseurs, la police a tiré en l'air et a fait usage de grenades lacrymogènes.

Le Canada lance un appel au calme

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a publié dimanche un communiqué pour faire part de sa préoccupation concernant « la violence et les troubles civils » dans le pays.

« Les Canadiens se tiennent aux côtés du peuple d'Haïti en ces temps difficiles et nous offrons nos plus sincères condoléances aux victimes de la violence », a déclaré la ministre.

Le gouvernement fédéral a par ailleurs lancé un avis recommandant aux Canadiens d'éviter tout « voyage non essentiel » en Haïti, « en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays ».

Le gouvernement haïtien a annoncé samedi le gel « jusqu'à nouvel ordre » de la hausse du prix des produits pétroliers.

Les autorités avaient fait part la veille d'une augmentation du prix de l'essence (38 %), du diesel (47 %) et du kérosène (51 %).

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, prévoyait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, l’une des sources du déficit budgétaire de l'État.

Avec les informations de La Presse canadienne, Agence France-Presse, et Associated Press

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