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L'AFO présente son sondage à TFO pour tenter de sauver #ONfr

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin
Le président de l'Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin Photo: Radio-Canada

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, a rencontré lundi matin le conseil d'administration de TFO à la suite des compressions, à la mi-juin, qui ont entraîné la perte de 37 emplois. Il y a présenté les résultats d'un sondage fait auprès des membres de l'AFO quelques jours après l'annonce des mises à pied.

La rencontre s'est déroulée dans les bureaux de TFO. M. Jolin espérait surtout convaincre les gestionnaires de l'importance de restaurer l'équipe politique de #ONfr.

On a eu une bonne rencontre, juge M. Jolin, ajoutant que dans les situations plus tendues, il faudrait que nous parlions davantage, que TFO comprenne bien ce que la communauté recherche et soit clair dans ses communications pour s'assurer qu'il y ait une transparence.

Dès l'annonce des mises à pied, M. Jolin avait demandé à rencontrer la présidente du conseil d'administration, Carole Beaulieu, et le président-directeur général, Glenn O'Farrell, pour discuter du dossier.

On a bien des questions pour eux. Les coupes à #ONfr nous dérangent énormément. Quant à nous, l'information en français perd beaucoup. Les correspondants à Queen's Park et à Sudbury... ce sont des correspondances qui sont extrêmement importantes, expliquait-il en entrevue dimanche, à la veille de la rencontre.

Pour exprimer les sentiments de la communauté franco-ontarienne, l'AFO a préparé un sondage auquel ont répondu 328 membres.

La façade d'un immeuble.Trente-sept postes ont été supprimés mi-juin à TFO. Photo : Radio-Canada / Mathieu Simard

Résultats du sondage

Sur les 328 personnes qui y ont répondu, 90,2 % ont dit consommer des produits de Groupe Média TFO, la plupart à la télévision et sur les plateformes numériques (près de 70 % pour les deux réponses).

L’équipe de #ONfr est aussi celle qui est la plus suivie par cette partie de la communauté, à 68,9 %. La programmation pour les enfants et les adolescents remporte également du succès avec 42,2 % des répondants qui la suivent.

Aussi les compressions étaient-elles très largement perçues de manière négative chez 84,1 % des répondants.

Plusieurs raisons sont évoquées, comme le fait que cela nuit au contenu et à la programmation (22,2 %), que cela réduit notamment la présence médiatique francophone dans la province (15,7 %) et que cela nuit aux francophones (15,2 %). En outre, les répondants soutiennent qu’il y a un manque de transparence quant à la gestion de TFO et que celle-ci est déficiente (10,9 %).

Les principaux messages de la communauté dont M. Jolin devait se faire le porte-parole concernaient donc la crainte de voir un recul de la communauté franco-ontarienne. Ils étaient aussi 14 % à réclamer une réévaluation de la décision de TFO par rapport aux postes supprimés.

On a demandé à ce que le poste à Queen's Park soit rétabli.

Carol Jolin, président de l'AFO
Carol Jolin, président de l'AFO dehors en entrevue avec Radio-Canada, il porte un veston noir, une chemise blanche et une cravate rayée bleueCarol Jolin, président de l'AFO Photo : Radio-Canada

Les Franco-Ontariens ont besoin d'avoir cette compétition entre les médias avec Radio-Canada pour pouvoir amener des perspectives différentes et permettre aux gens de se faire une idée sur ce qu'il se passe sur le plan politique en Ontario.

Carol Jolin, président de l'AFO

M. Jolin donne un exemple de ces pertes, avec la récente annonce du ministère fédéral de l'Immigration. Ottawa a alors lancé un appel d'offres afin de trouver un organisme francophone qui fournira des services en français aux nouveaux arrivants à l'aéroport Pearson de Toronto.

Il n'y avait personne de #ONfr qui était présent à l'événement. Avant il y aurait eu quelqu'un de disponible, car c'était une annonce extrêmement importante et un dossier pour lequel on se bat depuis des années. Donc on a beau dire qu'une personne couvrira la politique quand il y aura lieu, si celle-ci est ailleurs ou a couvert un événement la veille au soir et n'est donc pas là... Cela se ressent directement, juge-t-il.

Il a par ailleurs souligné la couverture des élections provinciales en français, pour lesquelles l'équipe de #ONfr a organisé une soirée spéciale, avec des journalistes, en direct, dans chacun des bureaux des principaux partis, ainsi qu'un panel de politologues sur le plateau télévisé.

Nouveau gouvernement et gel des embauches

M. Jolin souligne aussi que les nouveaux visages à Queen's Park vont nécessiter la présence continue d'une équipe francophone, sur place.

Du côté de Sudbury, on a l'assurance que le poste sera pourvu, ils vont embaucher quelqu'un, précise-t-il.

Selon lui, les gestionnaires de TFO ont bien entendu le message, même s'ils n'ont fait aucune promesse, mais avec le gel des embauches, la marge de manoeuvre semble restreinte. On espère qu'une fois le gel terminé, TFO reviendra sur sa décision et rouvrira les postes supprimés. 

Le conseil d'administration de TFO tiendra une réunion le 2 août pour discuter de planification stratégique, et Carol Jolin y a été invité afin de contribuer à la planification stratégique de l’agence gouvernementale.

Est-ce qu'il y a possibilité d'avoir du financement supplémentaire, des octrois de projets pour pouvoir ramener le poste à Queen's Park?

Carol Jolin, président de l'AFO

Les répercussions sur la communauté franco-ontarienne

De son côté, la professeure adjointe Stéphanie Chouinard, du Département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada, est un peu déçue de ne pas avoir plus de réponses de TFO, mais reconnaît que retrouver les trois postes, c'était un peu rêver en couleur étant donné le gel des embauches au niveau provincial.

En ce qui a trait au financement par d'autres fondations, Mme Chouinard rappelle que celles-ci financent surtout des projets communautaires et que TFO demeure un groupe paragouvernemental, ce qui fait qu'il est plus difficile de profiter de telles sources de financement.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada, en entrevue devant les bureaux de TFO.Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au Département de sciences politiques du Collège militaire royal du Canada Photo : Radio-Canada

Reste à savoir s'il y aura un peu de financement du gouvernement fédéral; on le sait, les médias francophones sont dans la ligne de mire du gouvernement Trudeau. Par contre, c'est certain que le fédéral ne pourrait pas se substituer au financement provincial à long terme pour un organisme comme TFO.

Stéphanie Chouinard

Toronto

Francophonie