•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La mission canadienne en Lettonie jusqu'en 2023

Une militaire canadienne arrive en Lettonie en 2017.
Une militaire canadienne qui arrive en Lettonie en 2017. Photo: Reuters / Ints Kalnins

Le premier ministre du Canada profitera de sa visite officielle en Lettonie mardi pour annoncer la prolongation de la mission canadienne dans le pays jusqu'en 2023, a appris Radio-Canada. Justin Trudeau veut réaffirmer le sérieux de son engagement, à la veille d'un sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) crucial.

Un texte de Louis Blouin, envoyé spécial en Europe

Justin Trudeau s'est envolé lundi matin pour l'Europe, où il doit rencontrer le premier ministre et le président lettons lors d'une visite officielle mardi. Il ira ensuite à la rencontre des militaires canadiens qui sont basés à proximité de la capitale, Riga.

Justin Trudeau lève le bras en guise d'au revoir alors qu'il s'apprête à entrer dans l'avion.Justin Trudeau a quitté le Canada lundi matin en direction de Riga, en Lettonie. Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

L'occasion est parfaite pour annoncer un engagement prolongé du Canada en Europe de l'Est. Le mandat en Lettonie s'allongera de plusieurs années. Les effectifs devraient rester sensiblement les mêmes, soit 450 militaires canadiens déployés.

La durée exacte de la prolongation devrait être confirmée par le premier ministre mardi. La mission a débuté en 2016 et devait initialement se terminer au printemps 2019.

Après l'annexion de la Crimée en 2014, le Canada s'est engagé dans les efforts de dissuasion face à la Russie. Il dirige depuis 2017 l'un des quatre groupements tactiques internationaux déployés dans les pays baltes et la Pologne.

Cette mission, qui vise à « renforcer la défense collective de l'OTAN », comprend de la formation et des exercices.

La mission canadienne actuelle en Lettonie

  • Le Canada dirige un groupement tactique de l'OTAN comprenant des troupes de plusieurs pays, dont l'Italie, la Pologne, l'Espagne et la Slovaquie;
  • 450 membres des Forces canadiennes sont déployés dans le pays et sont basés au camp Adazi près de la capitale;
  • Le déploiement comprend des membres de la police militaire et des véhicules blindés légers;
  • La mission coûte annuellement 134 millions de dollars;
  • Le Canada apporte aussi un soutien en matière de logistique et de communications.


Source : Défense nationale

Pour apaiser les critiques de Trump?

« On donne un signal aux forces de l'OTAN que le Canada est engagé à long terme pour la sécurité de l'Alliance et des pays de l'Europe de l'Est », fait remarquer Justin Massie, professeur de sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Cette annonce survient à un moment stratégique : juste avant l'ouverture du sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) prévu mercredi et jeudi à Bruxelles. Selon le professeur, c'est un moyen de contrer les critiques de l'administration américaine concernant les dépenses militaires canadiennes.

« Une des façons de contre-argumenter, du côté du Canada, c'est de dire que ce n'est pas tant la quantité d'argent que l'on met dans la défense [qui est importante, mais] l'utilisation qu'on fait des Forces canadiennes. Le Canada a participé à toutes les missions de l'OTAN et contribue significativement à cette mission-ci », explique M. Massie.

Cependant, ça ne va pas atténuer les velléités du président Trump, loin de là.

Justin Massie, professeur de sciences politiques, Université du Québec à Montréal.

Les attaques de Donald Trump se sont intensifiées ces dernières semaines contre ses alliés, comme le Canada, qui n'atteignent toujours pas la cible d'un budget de défense équivalant à 2 % de leur produit intérieur brut.

Le président américain, Donald Trump.Le président américain, Donald Trump Photo : Reuters / Leah Millis

Je dirai aux membres de l'OTAN qu'ils doivent commencer à payer leur facture. Les États-Unis ne peuvent pas s'occuper de tout.

Donald Trump, président des États-Unis, le 5 juillet 2018

Les investissements militaires du Canada se situaient à 1,29 % en 2017, selon les estimations de l'OTAN. Même si le Canada respectait la cible, ce ne serait pas suffisant pour mettre fin aux réprimandes du président américain, croit Justin Massie.

« M. Trump a une vision tronquée du fonctionnement de l'Alliance. Il pense que si les alliés dépensent plus pour leur défense, ce sera un fardeau de moins pour les États-Unis. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas un jeu à somme nulle », fait valoir le professeur.

« C'est extrêmement difficile de contrer une telle critique qui n'est pas basée [sur] les faits et où M. Trump cherche tout simplement à plaire à son auditoire principal, c'est-à-dire ses électeurs », conclut-il.

Politique fédérale

Politique