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Décès liés à la canicule : une enquête indépendante demandée

Les mains d'une aînée en centre.

Le Conseil pour la protection des malades trouve étrange qu'aucun décès lié à la canicule n’ait été rapporté dans le réseau de la santé, étant donné la vétusté de certains lieux.

Photo : courtoisie SAMS

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil pour la protection des malades demande une enquête indépendante sur le nombre de décès potentiellement liés à la vague de chaleur cette semaine, estimant qu'il est probablement inférieur à la réalité.

« Ce qu’on [remet en question], c’est le fait qu’il n’y aurait eu aucun décès dans les CHSLD du Québec », affirme Paul Brunet, président du Conseil. « On trouve ça étrange qu’aucune personne, parmi [celles qui sont] gravement malades et handicapées, ne soit décédée à cause de la canicule », ajoute-t-il, étant donné les conditions de vétusté de plusieurs de ces établissements.

Selon le ministère de la Santé publique, la chaleur et l’humidité accablantes qui ont frappé l’est du Canada depuis dimanche dernier pourraient être liées à au moins 54 morts au Québec.

Dans la région montréalaise, plus de 60 % des personnes décédées sont des hommes vivant seuls dans des immeubles situés près d’îlots de chaleur et qui n’avaient pas la climatisation.

Le Conseil pour la protection des malades demande donc à un « tiers indépendant », soit le Bureau du coroner, de vérifier aléatoirement les dossiers de personnes décédées en CHSLD entre le 29 juin et le 5 juillet afin de déterminer si la chaleur pourrait être en cause.

« Peut-être serons-nous confondus », admet M. Brunet.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il est urgent de ventiler, à tout le moins, les chambres où résident les personnes vulnérables dans le réseau public, argue Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades.

Photo : Radio-Canada

Climatisation déficiente

M. Brunet a déploré de nouveau les conditions d’hébergement des personnes âgées, malades et handicapées dans les résidences gérées par le réseau public.

« On dénonce un certain retard dans […] la possibilité pour les gens d’avoir des chambres climatisées, rafraîchies, au moins ventilées. Depuis 15 ans, rien ne s’est vraiment passé », déplore-t-il.

On nous dit que les lieux sont trop vieux. Pourtant, on trouve de la climatisation dans les bureaux de ces mêmes vieux établissements.

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Plus tôt cette semaine, en pleine canicule, M. Brunet avait souligné le fait que de nombreux centres d’hébergement n’offrent pas la climatisation dans les chambres. Par conséquent, des personnes vulnérables ont dû tolérer des chaleurs de plus de 30 degrés dans leur chambre.

« Quelle honte! », s’exprimait-il alors.

M. Brunet souligne que l’immeuble de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) à Montréal est climatisé, une information que Radio-Canada a pu confirmer.

Les lieux où on héberge les animaux pour adoption sont climatisés. […] Peut-être que ça donnerait l’idée de climatiser les lieux où on héberge des personnes?

Paul Brunet, président du Conseil pour la protection des malades

Toujours selon lui, il est possible d’améliorer la situation des personnes hébergées lorsque la canicule frappe en ventilant les chambres.

« On peut très bien ventiler à moindre coût [que celui d’]une climatisation qui impose, j’en conviens, des infrastructures et des réparations dans des lieux parfois vétustes », dit M. Brunet.

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