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Justin Trudeau se prépare à un sommet de l'OTAN sans pareil

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau et le ministre de la Défense Harjit Sajjan, à Bruxelles.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le ministre de la Défense, Harjit Sajjan Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Le premier ministre du Canada arrivera en Belgique avec en mémoire le fiasco du Sommet du G7 de Charlevoix. Est-ce maintenant au tour de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) de faire les frais des sautes d'humeur du président Trump?

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

L'issue du sommet de l'OTAN, qui s'amorce mercredi à Bruxelles, est aussi imprévisible que Donald Trump lui-même. Les récriminations du président, les tensions grandissantes avec ses alliés et son rapprochement avec la Russie menacent d'ébranler les fondements de l'Alliance atlantique.

Chronique d'un désastre annoncé? Survol des possibles points de discorde.

À contre-courant sur la Russie

À peine quatre jours après le sommet de Bruxelles, Donald Trump sera en tête à tête avec le président russe Vladimir Poutine à Helsinki, en Finlande. Le but? Déterminer si la Russie est disposée à réduire les tensions dans sa relation avec les États-Unis. « Je pourrais même finir par avoir une bonne relation [avec Poutine] », a déclaré M. Trump vendredi dernier devant des partisans au Montana.

Avant le Sommet du G7, le président suggérait à la surprise générale de réintégrer la Russie dans le groupe.

Voilà des signaux bien contradictoires à envoyer aux membres de l'OTAN qui ont durci le ton ces dernières années face à la Russie après l'annexion de la Crimée.

La position du président américain sur la question de la péninsule ukrainienne changera-t-elle? Son engagement dans les opérations de dissuasion en Europe de l'Est et en Europe centrale va-t-il demeurer aussi ferme? Ces questions hantent les pays engagés dans la région, dont le Canada qui a déployé 450 militaires en Lettonie. Justin Trudeau va d'ailleurs visiter les troupes avant le sommet pour réaffirmer l'importance de la mission.

Donald Trump pourrait bien surprendre ses partenaires. Après tout, il a annoncé sans préavis la fin des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud après sa rencontre avec Kim Jong-un.

Vladimir Poutine en compagnie de Donald Trump au G20 à Hambourg.Est-ce que l'enquête du procureur spécial Robert Mueller parviendra à établir un lien direct entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump? Photo : La Presse canadienne / AP/Evan Vucci

L'épineuse question des dépenses

Donald Trump n'est pas le seul président américain à avoir critiqué les investissements militaires de ses alliés de l'OTAN, même Barack Obama l'avait fait. Cependant, les reproches se sont intensifiés sous l'actuelle administration.

Le président Trump a envoyé des lettres à plusieurs pays, dont le Canada, pour leur demander de respecter la cible d'un budget de défense équivalent à 2 % de leur produit intérieur brut (PIB). Selon les estimations de l'OTAN, le Canada était encore loin de ce seuil en 2017, à environ 1,3 %.

Nous avons été la tirelire que tout le monde vole. Laissez-moi vous dire que nos alliés ont souvent été pires que nos ennemis.

Donald Trump, président des États-Unis, devant des partisans au Montana le 5 juillet 2018

La grande question : le président est-il prêt à mettre ses menaces à exécution et à revoir ses contributions à l'Alliance? Les alliés sont anxieux, sachant très bien que Donald Trump est capable d'agir de manière unilatérale. Il l'a démontré en se retirant de l'accord de Paris sur le climat et de l'entente sur le nucléaire iranien ou en imposant des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium.

Le commerce en toile de fond

Bien que les discussions portent sur des enjeux militaires, il y a fort à parier que le conflit commercial sera omniprésent autour de la table. Dans le passé, le président n'a pas hésité à lier les deux dossiers.

Nous protégeons l'Europe (ce qui est bien) à grands coûts, pour ensuite être traités injustement sur le commerce. Le changement s'en vient.

Extrait d'un tweet du président des États-Unis, le 10 juin 2018

Donald Trump pourrait exacerber les tensions s'il tente d'utiliser les contributions militaires américaines comme levier de négociation sur le front du commerce.

Conflit entre Trump et Trudeau

Donald Trump et Justin Trudeau.Donald Trump et Justin Trudeau Photo : Radio-Canada

Après avoir essuyé les insultes du président Trump qui l'a traité de « faible » et de « très malhonnête » à l'issue du G7, Justin Trudeau pourrait tenter de se faire discret pendant le sommet pour éviter de jeter de l'huile sur le feu.

Si la délégation canadienne ne tente pas d'obtenir de rencontre bilatérale avec Donald Trump, ce serait le signe que le premier ministre veut laisser la poussière retomber. Outre les questions militaires, le gouvernement Trudeau a ses intérêts économiques en tête.

Le Canada voudra sans doute serrer les rangs avec ses plus proches alliés européens comme la France et l'Allemagne.

Une nouvelle fois, ces partenaires font face à l'incertitude. Ils doivent composer avec un président américain désintéressé de l'Alliance, qui semble prêt à la fragiliser, même si son pays en est le principal architecte.

Ce sommet promet de se dérouler dans un climat sans précédent.

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