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  • Il y a 40 ans : la campagne de boycottage « On barre Cadbury »

    Étagère vide avec des autocollants de la campagne « On barre Cadvury » et une enseigne indiquant « Notre chocolat Cadbury se trouvait ici ».
    Plusieurs commerçants participent à la campagne de boycottage des produits Cadbury. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 8 juillet 1978, le confiseur Cadbury annonce la fermeture de son usine à Montréal. Après 60 ans dans la métropole québécoise, l'entreprise entend transférer ses activités à Whitby, en Ontario. En guise de protestation, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) organise une campagne de boycottage qui marquera les esprits. Retour en archives sur les événements.

    La nouvelle est transmise dans un communiqué de huit lignes, publié le samedi. La même journée, les 500 employés licenciés de l’usine Cadbury de Montréal l’apprennent à leur domicile par courrier spécial.

    Lundi 10 juillet, la journaliste Danièle Bombardier va à la rencontre des travailleurs pour le Téléjournal. Ils cumulent 17, 24, 31 années d’expérience chez Cadbury et craignent de ne pas retrouver un emploi.

    Téléjournal, 10 juillet 1978

    La multinationale britannique offre à 300 d’entre eux de déménager en Ontario, où elle concentrera sa production canadienne. Pour expliquer la fermeture de l’usine de Montréal, l’entreprise plaide une diminution des ventes et une surcapacité de production.

    La CSN, qui protège les travailleurs de Cadbury, demande une enquête publique pour déterminer les motifs véritables de ce départ.

    Pourquoi, par exemple, la fermeture est-elle prévue à une date aussi symbolique que le 15 novembre 1978, soit deux ans jour pour jour après l’arrivée au pouvoir du Parti québécois?

    Une campagne de boycottage se met en branle. Elle sera lancée le 26 septembre 1978.

    Ce soir, 5 octobre 1978

    Au bulletin de nouvelles Ce soir du 5 octobre 1978, le journaliste Gérard-Marie Boivin rend compte du succès de la campagne de boycottage « On barre Cadbury ».

    À l’Assemblée nationale, tout comme dans les locaux des centrales syndicales, les barres de chocolat de marque Cadbury ont été retirées des machines distributrices.

    Plusieurs commerces participent aussi au mouvement en faisant disparaître les produits Cadbury de leur rayonnage et en affichant leur couleur.

    La CSN invite aussi au boycottage des boissons gazeuses Schweppes et des jus Welch’s, rattachés à la multinationale.

    Devant la perte éventuelle d’un marché qui représente le tiers de sa production, on espère ainsi que Cadbury renoncera à ce déménagement.

    Les deux paliers de gouvernement proposent de surcroît des mesures pour moderniser l’usine et lui permettre de rester à Montréal.

    Malgré l’ampleur de la campagne, leurs efforts échouent.

    Téléjournal, 16 novembre 1978

    Le 16 novembre 1978 marque la fermeture de l’usine Cadbury de Montréal. Ce jour-là, les employés se rendent au travail uniquement pour remplir leur formulaire d’assurance-chômage.

    Ils se rassemblent ensuite au restaurant du coin, où le journaliste Charles Tisseyre recueille leur témoignage pour le Téléjournal.

    La décision de l’entreprise est maintenant irréversible. La production sera transférée à Whitby, en Ontario, une usine plus rentable que celle de Montréal.

    Consommateurs plus, 19 octobre 1979

    En fin de compte, même si la campagne « On barre Cadbury » n’a pas permis de maintenir l’usine de Montréal en activité, elle aura marqué les esprits.

    L’émission Consommateurs plus du 19 octobre 1979 s’intéresse au boycottage. Le cas de Cadbury est cité en exemple.

    Quels qu’en soient les objectifs, une campagne de boycottage bien orchestrée est un outil ou mieux encore une arme que le consommateur devrait savoir utiliser.

    L’animatrice Louise Arcand

    Dans ce reportage de Pierre Devroede et Yves Blouin, Gérald Larose, président du Conseil central de Montréal de la CSN, trace les origines du mot boycott.

    Il revient aussi sur la campagne de boycottage de Cadbury dont l’impact a pu être mesuré.

    On ne boycotte pas pour le plaisir de boycotter. On boycotte pour atteindre des objectifs précis.

    Le syndicaliste Gérald Larose

    Au plus fort du boycottage, Cadbury a dû diminuer sa production de 50 %. L’entreprise a aussi modifié l’emballage de certaines de ses tablettes de chocolat. Le nom de la marque apparaît désormais en plus petit.

    Le cas Cadbury aura fait époque.

    Quant à l’usine de Whitby, elle fermera ses portes en 1987.

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