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Plainte pour discrimination sur l'accès aux toilettes de restaurants en N.-É.

Des personnes avec une déficience physique affirment être victimes de discrimination parce qu'elles ont souvent de la difficulté à avoir accès aux toilettes dans de nombreux restaurants de la Nouvelle-Écosse.

Des personnes avec une déficience physique affirment être victimes de discrimination parce qu'elles ont souvent de la difficulté à avoir accès aux toilettes dans de nombreux restaurants de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des personnes avec une déficience physique affirment être victimes de discrimination de la part du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, parce qu'il n'oblige pas systématiquement les restaurants de la province à rendre leurs toilettes accessibles.

La Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse entendra leur plainte dès jeudi. Ils disent que la loi provinciale est vague et ne tient pas compte de la réalité des gens se déplaçant en fauteuil roulant.

« Nous demandons seulement au gouvernement d’avoir des normes de santé publique qui touchent tout le monde et pas seulement les personnes qui n’ont pas besoin de fauteuil roulant », affirme Warren Reed, un des plaignants.

Normes ambigües

Selon la Loi sur la protection de la santé de la Nouvelle-Écosse, les toilettes de restaurants doivent être facilement accessibles. Mais Warren Reed fait remarquer que cette obligation ne semble pas s’appliquer aux personnes avec une déficience physique.

Certains établissements n’ayant pas d’ascenseur, dit-il, ont encore leurs toilettes au deuxième étage ou au sous-sol. Dans d’autres cas, les portes sont difficiles à ouvrir ou les toilettes ne sont pas assez grandes pour un fauteuil.

Selon Warren Reed, les normes néo-écossaises sont ambigües. Il souligne que les terrasses extérieures à Halifax, par exemple, doivent se conformer à des normes canadiennes d’accessibilité. « À quoi ça sert d’avoir une terrasse accessible si on ne peut pas aller aux toilettes? », se demande-t-il.

Interprétation

Une porte-parole du ministère de l’Environnement, Rachel Boomer, affirme que les audiences publiques seront importantes parce qu’elles permettront à la Commission des droits de la personne de déterminer ce qui constitue un endroit facilement accessible.

« Le gouvernement reconnaît l’importance de l’accessibilité », ajoute-t-elle. L’Assemblée législative a d’ailleurs adopté une nouvelle Loi sur l’accessibilité en avril 2017.

Un comité doit maintenant développer des normes et des règles qui seront en œuvre d’ici 2030. Le plan provincial doit être rendu public en septembre.

Un droit fondamental

Un autre plaignant, Paul Vienneau, affirme pour sa part qu’il a le droit fondamental de se laver les mains avant de manger ou d’aller aux toilettes quand il est au restaurant. Il se déplace en fauteuil roulant depuis 30 ans.

Paul Vienneau aux jardins publics d'Halifax, en 2016. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Paul Vienneau aux jardins publics d'Halifax, en 2016.

Photo : Radio-Canada / CBC/Anjuli Patil

« En fauteuil roulant, en particulier un fauteuil manuel, vos mains entrent en contact avec les roues des milliers de fois par jour », dit-il. « Toutes les saletés dans les rues se retrouvent sur vos mains. »

Paul Vienneau comprend que les propriétaires de restaurants ne connaissent pas les besoins de tous leurs clients, mais il souhaite que la plainte à la commission lance un débat sur l’accessibilité.

« Je ne veux pas provoquer la fermeture d'établissements. Je cherche plutôt le progrès pour construire une meilleure société », affirme-t-il. Il fait d’ailleurs remarquer que le gouvernement offre des subventions aux petites entreprises pour améliorer l’accès à leurs installations.

« Je veux que l’industrie de la restauration sache que nous sommes des membres de la communauté et que nous avons de l’argent à dépenser », dit-il. « Au-delà de ça, c'est aussi une question d'équité. »

Avec les informations de CBC

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