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Le Québec va présider un comité sur la transparence au sein de la Francophonie

La secrétaire gérnérale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean

Le mandat de Michaëlle Jean, ici photographiée en 2016, à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie échoit en 2018; sa réélection n'est pas assurée.

Photo : Getty Images / AFP / Eric Feferberg

Radio-Canada

Sujets à la controverse, les comptes de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) seront d'ici quelques mois soumis à une nouvelle politique de transparence. Le comité qui doit la rédiger sera présidé par le Québec, tel qu'il en a été décidé mardi lors d'une réunion du Conseil permanent de l'organisation à Paris.

Un texte de Vincent Champagne

Pour décider de créer un groupe de travail sur la transparence, « je pense que le Conseil permanent de l’OIF a entendu un certain message », a affirmé Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales du Québec et de la Francophonie, en entrevue à Radio-Canada.ca.

La gestion des finances de l’organisation, dirigée par la Québécoise Michaëlle Jean, ex-gouverneure générale du Canada, a fait l’objet de nombreux reportages au cours des dernières années. Les médias de Québecor ont notamment mis au jour la rénovation au coût de 500 000 $ de son appartement de fonction, ainsi que l’achat d’un piano pour la somme de 20 000 $.

Mme Jean, dont le mandat vient à échéance cette année, vise une réélection au poste de secrétaire générale de l’organisation lors du vote qui se tiendra en octobre prochain au Sommet de la Francophonie à Erevan, en Arménie.

Québec maintient son appui à la candidature de Mme Jean, malgré les questions soulevées sur la gestion des finances de l’organisation. Le premier ministre Philippe Couillard avait toutefois demandé plus de transparence de la part de l’OIF.

« Je réitère notre désir de voir davantage de rigueur et de transparence dans l'administration interne », avait-il laissé savoir, lors d’une rencontre avec le président français Emmanuel Macron.

Le groupe de travail, qui dispose de peu de temps pour ses travaux, sera dirigé par le diplomate Maxime Carrier-Légaré, qui représente le Québec au sein de l’OIF.

Toutefois, le gouvernement va s’adjoindre les services d’un « conseiller spécial en transparence » pour l’appuyer dans sa réflexion. C’est une personne « qui connaît bien les rouages de la gouvernance, la façon de gérer de grands budgets d’État. On va avoir un accompagnateur, j’appellerais ça comme ça », indique Christine St-Pierre.

Bien que la ministre ait déjà un candidat dans la mire, il est trop tôt pour procéder à l’annonce de sa nomination.

Le groupe devra s’inspirer des meilleures pratiques en matière de transparence des grandes organisations mondiales, ajoute la ministre, et soumettre son projet de politique au Sommet à Erevan. « On va arriver avec quelque chose de solide, qui va être pérenne et qui va être adopté par tous les États membres », souhaite la ministre.

C’est un pas dans la bonne direction. Le monde a changé. Les bailleurs de fonds sont de plus en plus pointilleux. Ils veulent savoir exactement comment les dépenses sont effectuées.

Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie

En ce moment, c’est la Cour des comptes du Maroc qui vérifie les états financiers de l’OIF. En 2017-2018, soit en une année fiscale, le Québec a versé plus de 5,6 M$ à l’organisation, ce qui comprend la cotisation de base et la contribution spéciale pour divers programmes.

« L’argent vient des contribuables, alors il faut que les gens soient assurés que la transparence soit totale », indique Mme St-Pierre.

Par ailleurs, la réélection de Michaëlle Jean à la tête de l'OIF est plus qu'incertaine depuis que la France s'est rangée derrière la candidature de la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.

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