•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« L'appart-à-moi » ou enfin l'autonomie pour de jeunes handicapés intellectuels

Cloé aime beaucoup le bleu et son appartement est décoré en conséquence. Photo: Radio-Canada / Anne-Louise Despatie
Radio-Canada

Comme Cloé, huit autres locataires viennent tout juste d'emménager dans leur studio, décoré selon leurs goûts. À la fin de leur journée de travail ou de cours, ces jeunes adultes atteints de Trisomie 21 ou présentant une déficience intellectuelle rentrent chacun chez eux grâce au projet « L'appart-à-moi ».

Un reportage d'Anne-Louise Despatie

C'est un groupe de parents qui a rêvé de ce projet d'immeuble locatif adapté aux besoins de leurs enfants devenus grands. De jeunes adultes nés avec la trisomie 21 ou avec une déficience intellectuelle, mais capables d'une certaine autonomie.

Cloé et sa mère Louise Gervais dans l'appartement aux tons de bleu de la jeune femme.Cloé et sa mère Louise Gervais dans l'appartement aux tons de bleu de la jeune femme. Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Voilà 27 ans que Louise Gervais vivait sous le même toit que sa fille Cloé. « La vie n'est pas éternelle pour les parents, alors on se demande ce qu'il va arriver après? Comment peut-on faire en sorte qu'ils aient leur liberté, leur autonomie, tout en étant dans un milieu sécuritaire? »

Mêmes inquiétudes pour d'autres parents de la Montérégie qui se sont regroupés pour mettre sur pied un organisme sans but lucratif, il y a six ans.

Le nom, de « L'appart-à-moi », est venu d'une réflexion du fils de Daniel LeBlanc lorsqu'il a vu son frère quitter la maison pour vivre en logement. « Marc nous a dit : "quand vais-je vivre dans mon appart à moi?" »

Les parents de Marc, Jocelyne et Daniel LeBlanc ont rencontré un noyau de parents qui avaient la même vision pour créer un OSBL et profiter du Programme Accès Logis.Les parents de Marc, Jocelyne et Daniel LeBlanc ont rencontré un noyau de parents qui avaient la même vision pour créer un OSBL et profiter du Programme Accès Logis. Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

« Ça nous a vraiment déstabilisés. On se disait qu'il n'aurait jamais de permis de conduire et qu'il y avait une longue liste de choses qui ne se produiraient pas pour lui. Puis, de fil en aiguille, on a rencontré un noyau de parents qui avaient la même vision [que nous] pour créer un OSBL et profiter du Programme Accès Logis pour financer la construction de l'immeuble. »

« Tout ce qui est brique et béton est attaché dans l'hypothèque avec la contribution des locataires, mais pour les services, il va nous falloir imaginer des modes de financement », explique Daniel LeBlanc.

Parce que des services, il en faut. Le type de logis imaginé par les parents requiert la présence quotidienne d'une coordonnatrice, ainsi que celle d'une locataire-surveillante matin et soir. Les services d'une cuisinière sont également nécessaires pour préparer les repas du soir, qui sont pris dans une salle commune pour ceux qui le souhaitent.

Les jeunes soupent ensemble tous les soirs dans une cuisine communautaire.Les jeunes soupent ensemble tous les soirs dans une cuisine communautaire. Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Le réseau de la santé contribue aussi à l'adaptation de ces jeunes locataires à leur nouveau milieu de vie avec la visite hebdomadaire d'une éducatrice spécialisée. Le modèle priorisé par le gouvernement est toutefois celui des familles d'accueil et le projet « L'appart-à-moi » bouscule un peu les manières de faire. Il faut donc adapter les procédures habituelles aux locataires et à leur situation.

Moins de solitude

Marie-Andrée Fontaine et son fils ÉtienneMarie-Andrée Fontaine et son fils Étienne. Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

« On travaille depuis si longtemps à le rendre autonome et maintenant il est chez lui, en mesure de gérer son quotidien. Pour moi, c'était une grande inquiétude, en vieillissant, qu'il soit seul. Mais là, il est avec des jeunes de son âge, ils sont hyper occupés, [...] c'est beau de les voir s'entraider, c'est une nouvelle fratrie! », constate la mère d'Étienne, Marie-Andrée Fontaine.

Ces parents veulent maintenant partager leur expérience. « Parce qu'on est en train de créer quelque chose qui inspire d'autres parents et qui pourrait devenir un modèle, une solution de logement pour ces jeunes adultes », affirme Daniel LeBlanc.

Ils ont déjà reçu des demandes d'information parce qu'à l'heure actuelle, il y a très peu de ressources semblables dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Grand Montréal

Engagement communautaire