•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Métissage des genres, des lieux et des cultures : L’abécédaire d’un roman franco-manitobain

Le roman de JR Lévillé, « Le soleil du lac qui se couche », est riche de sens et du regard que porte l’auteur sur son territoire.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

C'est en 1995 que J. R. Léveillé, profitant d'une année sabbatique, se retire sur les rives du lac Manitoba pour écrire Le soleil du lac qui se couche. Ce roman, ancré dans les paysages, les sons et les couleurs du Manitoba, se situe à la croisée de la zénitude japonaise et de la culture métisse. Heureuse juxtaposition littéraire qui, par sa prose épurée et imagée, est riche de sens et emplie du regard que porte l'auteur sur son territoire.

Des lieux et des lettres est une série de rencontres avec des auteurs francophones de l'Ouest. Sous forme d'entretien accompagné d'une « visite guidée », elle permet de découvrir leur parcours, leurs écrits et leur attachement à leur quartier, à leur ville ou à leur région.

Les lieux de JR Léveillée

J. R. Léveillé en quelques mots

Roger Léveillé est né en 1945, à Winnipeg. Romancier, poète, professeur et critique d’art, il a aussi mené une carrière de journaliste et de réalisateur à Radio-Canada. Intellectuel et artiste franco-manitobain incontournable, Roger Léveillé est l’auteur d’une trentaine d’oeuvres, et ses écrits rayonnent au Manitoba, en Ontario, au Québec et en France. Longtemps directeur littéraire aux Éditions du Blé (première maison d’édition de langue française dans l’Ouest canadien) et secrétaire du Winnipeg International Writers Festival, il est considéré comme le parrain de la littérature francophone contemporaine dans l’Ouest canadien.

Depuis un grand nombre d’années, mon écriture est vouée à une espèce de description du bonheur.

Roger Léveillé

Lauréat de nombreux prix, notamment le Prix Champlain 2002 du Conseil de la vie française en Amérique et le Prix du Consulat général de France à Toronto en 1997, Roger Léveillé publiait Le soleil du lac qui se couche, en 2001 (Deuxième édition en 2002), aux Éditions du Blé. L’ouvrage sera récompensé du Prix littéraire rue Deschambault 2003, de la province du Manitoba. Lorsqu’il n’est pas à sa table de travail à Winnipeg, Roger Léveillé aime se ressourcer dans la quiétude de son chalet, à Twin Lakes Beach, en bordure du lac Manitoba.

Ce lac a inspiré beaucoup de mes écrits, sinon directement, dans l’âme, du moins dans l’esprit des écrits. (...) Je pense que, lorsqu’on est né au Manitoba, il y a quelque chose d’hybride en nous, qu’on peut appeler le fait métis. Je pense que ça va faire partie de mes oeuvres pour toujours.

Roger Léveillé
Un homme de profil, devant un lac.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le roman de J.R. Léveillé, Le soleil du lac qui se couche , est riche de sens et du regard que porte l’auteur sur son territoire.

Photo : Radio-Canada

Dans les mots de J. R. Léveillé

J’ai toujours pensé qu’un livre, peu importe quel qu’il soit, c’est au fond un petit cosmos dans lequel on avait les clefs de la lecture, et qu’il devait se tenir ensemble, qu’on n’a pas besoin d’aller à l’extérieur de l’oeuvre pour en déchiffrer le sens.

Roger Léveillé

Extrait du roman Le soleil du lac qui se couche :

J’aime bien l’automne lorsque les couleurs tournent avec les saisons. Mais j’apprécie tout autant le début du printemps au Manitoba. Ça reprend où l’automne a cessé, en plus nu. En plus désolé, pour moi, sans sentiment d’accablement. C’est comme s’il y avait une éclaircie dans les arbres. On voit plus. On voit plus loin. Les oiseaux de passage ne sont pas camouflés. Il y a une espèce de grand vide en attente. Une sorte de souffle qui commence. Toutes les couleurs sont plus ou moins uniformes. Il y a là un calme et une simplicité naturelle qui me plaît infiniment. Tout le paysage est une dentelle, un pur lacis d’air et de lignes.

Une salle dépouillée, avec deux tables et un homme assis devant un ordinateur portable (de dos). Sur le mur, à sa gauche, des pages de manuscrit sont collées au mur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'auteur J.R. Léveillé en création dans son studio.

Photo : Roger Léveillé

Je me suis toujours intéressé à une sorte d’écriture où le textuel est à la rencontre du visuel. On oublie qu’à l’origine, celui qui écrivait et celui qui peignait utilisaient la même brosse.

Roger Léveillé

J. R. Léveillé au pied de la lettre

Quelle a été votre rencontre la plus étonnante sur la plage du lac Manitoba?
J’ai découvert une tête de fléchette amérindienne, elle était presque complète. C’était ma rencontre avec le millénaire.

Un homme debout dans un sentier bordé d'arbres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'écrivain J.R. Léveillé à son chalet, sur les rives du lac Manitoba

Photo : Courtoisie Roger Léveillé

La première chose que vous remarquez quand vous rencontrez quelqu’un pour la première fois?
Ah! Ça varie… Ça peut être les yeux, le sourire, la chevelure. Mais quelque chose qui est attrayant et qui vibre.

Quel est l’ouvrage sur votre table de chevet?
Je termine mon propre roman. Donc, il y a plusieurs ouvrages de référence. Autrement, je lis Une terrasse en mai de l’auteure franco-manitobaine Simone Chaput.

Entre saké et verre de vin, quel est l’apéro du chalet?
Je bois du vin beaucoup plus souvent que du saké, même si je l’adore. J’aime le Bordeaux.

Quel est votre objet fétiche?
Des galets de plage. J’en ramasse à mesure. J’aime leur forme et leur texture lisse. C’est quelque chose de simple.

Quel est votre oiseau préféré?
Le moineau, c’est un oiseau simple, d’une très grande beauté… Et puis, il contient toutes les voyelles!

Manitoba

Livres