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Vive opposition contre le centre d’injection supervisé dans Saint-Roch

Vue sur un terrain du quartier Saint-Roch sur lequel un stationnement a été aménagé. On aperçoit des voitures ainsi que la façade nord d’un bâtiment. À l’arrière-plan, on distingue les piliers de l’autoroute Dufferin-Montmorency.
Le site d’injection supervisée sera construit à proximité des piliers de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Photo: Radio-Canada / Olivier Lemieux
Radio-Canada

Des dizaines de citoyens ont manifesté leurs inquiétudes et leur colère au sujet du futur site d'injection supervisé de drogues, dans une salle bondée mardi soir au Centre récréatif Saint-Roch.

Un texte de Camille Simard

Pierre-André Marquis, un architecte, a initié cette soirée marquée par une vive opposition au projet.

« J’ai l’impression que le projet est déjà fixé, finalisé, je ne crois pas que le site soit le bon ! » s’est-il exclamé.

« Les résultats sont au rendez-vous quand on est à proximité des utilisateurs », a rétorqué Marc De Koninck, organisateur communautaire au Centre universitaire intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Le débat était lancé.

Olivier Dufour, propriétaire du Réacteur, a lui aussi fait connaître son mécontentement.

« Je suis profondément insulté de savoir que votre décision est prise. Expliquez-moi comment moi comme propriétaire, mon stationnement est rendu un lieu de trafic de drogues? Il est où le bon sens là-dedans? » a-t-il demandé sous des applaudissements nourris.

« Qu’allez-vous vous faire pour que notre quartier, que mon quartier ne devienne un pôle de vente de drogues à Québec? » a-t-il ajouté.

Qu’est-ce qu’un service d’injection supervisé (SIS)?

  • C’est un endroit où les personnes peuvent venir s’injecter :
  • la drogue qu’elles apportent
  • dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité (ex: matériel stérile)
  • sous la supervision d’un personnel qualifié
  • dans un cadre légal
  • Il n’y a pas de vente de drogue
  • Le SIS s’ajoute aux autres services déjà offerts

Saint-Roch « le meilleur choix »

Plusieurs citoyens se sont également questionnés sur le choix du site. L'emplacement retenu, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, suscite de l'opposition.

« Si on s’éloigne, on va se retrouver dans un lieu désincarné et on n'atteindra pas nos objectifs », a expliqué Marc De Koninck.

Résidente du quartier Saint-Roch depuis une dizaine d’années, Amélie Boisvert a pour sa part tenu à féliciter le processus de consultation.

« J’ai hâte que ça existe pour vrai la mixité sociale. Quand on accepte d’habiter dans un quartier central, on accepte aussi cette solution », a-t-elle plaidé.

Statistiques sur les surdoses dans la région de la Capitale-Nationale

  • Une moyenne historique annuelle de 21 décès confirmés par surdose dont environ la moitié sont causés par les opioïdes (2005-2016).
  • 28 signalements de décès possiblement causés par des surdoses dans la dernière année, selon les informations préliminaires du coroner.
  • 23 signalements de surdoses non mortelles faits à la Direction de santé publique dans la dernière année.
  • Une augmentation de l’injection d’opioïdes au cours des dernières années. La consommation d’opioïdes est associée à un risque accru de surdoses.

Sources : DSPublique et données de l’étude SurvUDI/I-Track, Données transmises par le Bureau du coroner et analysées par la DSPublique et Infocentre de santé publique

Des tracts contre le projet ont été distribués dernièrement dans le quartier Saint-Roch.

Une deuxième séance d'information aura également lieu jeudi, à 19 h 30 au Centre récréatif Saint-Roch.

Québec

Drogues et stupéfiants