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Conseils de randonneurs pour prendre d’assaut la Transcanadienne

Le vélo appuyé contre un poteau, face à la route.

Traverser le pays sur la Transcanadienne, souvent à vélo, est un défi que de plus en plus de gens cherchent à relever. Quels sont les conseils de ceux qui le font maintenant?

Photo : Martin Laroche

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À vélo ou dans une voiture vieille de 95 ans, ils sont nombreux à traverser le pays sur la route Transcanadienne. Certains le font pour une cause; d'autres, pour le plaisir. Ces aventuriers parlent de leur préparation et des défis qui accompagnent la traversée d'un continent.

Christian Darrosé roule sur la Trancanadienne pour collecter des fonds.

Ce Français avait 22 ans quand sa mère est décédée d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Voilà 4 ans, son frère a succombé à un AVC lui aussi. C’est alors que Christian Darrosé, 58 ans, a décidé qu’il fallait sensibiliser le public à ce mal trop peu connu.

Il a commencé sa campagne au Canada, le pays natal de sa femme, et collecte des fonds pour la Fondation du cœur et de l’AVC.

Mais comment provoquer des discussions? Pour cet artisan contrôleur technique automobile, la réponse était évidente : conduire une petite Citroën trèfle bleu de 1923, de Vancouver, en Colombie-Britannique, à Saint-Jean, Terre-Neuve.

Un homme avec un béret dans une vieille voiture bleu. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christian Darrosé traverse le Canada en Citroën pour sensibiliser le public à aux risques et aux symptômes de l'AVC.

Photo : Radio-Canada

« Quand je m'arrête [dans] un parking, quand je traverse un petit village, quand on voit un véhicule comme celui-là qui date de 1923, j’attire l’attention. Les personnes viennent et je leur explique ce que je fais là », commente M. Darrosé.

Il a quitté Vancouver le 9 juin. Depuis, il a parcouru 3300 kilomètres en roulant à 50 km/h, avec des pointes à 60 km/h. Christian Darrosé roule en moyenne 160 kilomètres par jour. À ce rythme, il prévoit arriver à Saint-Jean le 24 août.

Il a emprunté la Transcanadienne, sauf dans les montagnes Rocheuses où la route aurait été trop rude pour son petit trèfle. Ce détour lui a valu le plus beau moment de son voyage, celui de voir une famille d’ours noirs dans le Kootenay en Colombie-Britannique.

Ce qu’il a appris :

  • Faire immatriculer et assurer une voiture française de 1923 au Canada est tout un exploit. Christian Darrosé indique qu’il a passé huit jours en Colombie-Britannique à mener le processus à terme.
  • Pour éviter de s’endormir au volant, conduisez une voiture de 1923! Rien à voir avec les vibrations soporifiques de votre fourgonnette, puisque l’insonorisation n’existait pas à l’époque. « Pour s’endormir là-dedans, il faut de la volonté! », s’exclame M. Darrosé, qui roule avec des bouchons dans les oreilles.

Il a fallu deux ans à cet amoureux de voitures anciennes pour effectuer une révision mécanique complète de sa voiture. Car, en matière de préparation, « c’est d’abord la machine », déclare-t-il.

En cas de souci, puisque « la mécanique n’est pas une science infuse », M. Darrosé dit qu’il fera venir des pièces de rechange de France.

Parcourir le Canada à bicyclette à 19 ans

Pour Jacob St-Yves et Jacob Gugg, deux Québécois de 19 ans qui traversent le Canada à vélo, il s’agit d’une mécanique d’un tout autre ordre. « Moi, je me suis entraîné au gym, en force », indique Jacob St-Yves.

Faut se pratiquer quelques fois avec tout l’équipement, parce que ça change beaucoup, le vélo sans rien et le vélo avec presque 100 livres d’équipement.

Une citation de : Jacob Gugg

Il y a un an, ils ont décidé de traverser le pays par plaisir et pour se donner un défi personnel. Rapidement, les deux Jacob ont découvert une communauté de cyclistes-randonneurs qui parcourent le Canada.

Deux jeunes hommes souriants avec des vélos derrière eux. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacob Gugg (gauche) et Jacob St-Yves (droite) traversent le Canada à bicyclette.

Photo : Radio-Canada

« Sur Facebook, il y a des groupes Biking across Canada [traverser le Canada à vélo], avec les meilleures routes et les pires routes [...] Et en parlant avec la famille, on s’est rendu compte qu’il y a d’autres personnes qu’on connaissait qui l’avaient déjà fait », note Jacob Gugg.

« On se demandait si on allait d’est en ouest, ou le contraire. À cause des vents on a décidé d’aller d’ouest en est, [la direction des] vents dominants », indique Jacob St-Yves.

Pour lui, le vent reste le plus grand défi, « lorsqu’on a un vent de face [c'est] vraiment difficile pour le moral », souffle-t-il.

Ce qu’ils ont appris :

  • S’y prendre à l'avance pour que ça coûte moins cher. Une pleine année de planification a permis aux deux Québécois d’acheter leur équipement et leur billet d’avion lors des soldes importantes.
  • Avoir des gants chauds pour la traversée des Rocheuses.
  • Prendre des « Warm Showers » comme hébergement. C’est un réseau global d’amateurs de cyclotourisme qui hébergent gratuitement leurs camarades. Une espèce de service loge-trotteurs (couchsurfing) pour amoureux du vélo.
  • Ne pas commencer par des journées trop remplies. Plus le voyage avance, plus le corps s’adapte à la vie à vélo.

Les cyclistes sont d’accord pour dire qu'une virée pancanadienne est plus amusante à deux. Ils affirment qu’il n’y a eu aucune friction entre eux depuis le début du voyage.

« Certains conducteurs ne font pas attention »

Traverser le Canada à vélo était aussi un rêve que caressait Ray Harris depuis une vingtaine d’années.

Originaire de la Colombie-Britannique, cet homme de 68 ans s’est installé à Oak Lake, au Manitoba, il y a deux ans.

Deux hommes s'apprêtent à monter sur des vélos couchés devant un panneau indiquant la ville de Victoria.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ray Harris (à droite) et son ami au moment du départ, le 24 mai dernier à Victoria.

Photo : Ray Harris

C’est là qu’il a rencontré un autre passionné de vélo avec lequel il a décidé de faire la route depuis la Colombie-Britannique jusqu’à Beauséjour, à 45 kilomètres au nord-est de Winnipeg.

Des conseils pour éviter le pire

Du côté de l'Association canadienne des automobilistes, la spécialiste des relations avec le public et les médias, Erika Miller, conseille tant aux automobilistes qu’aux cyclistes d'avoir une trousse de secours.

« Il devrait y avoir de l’eau et de la nourriture supplémentaire pour tout le monde, des fusées éclairantes imperméables, des vêtements chauds, un imperméable, des outils, et bien sûr une carte et un chargeur de téléphone cellulaire », dit-elle.

Un autre conseil de Mme Miller pour les cyclistes : « Si vous voyagez à vélo, la meilleure chose que vous puissiez faire c’est d’être visible ».

Pour Ray Harris, l'aventure a failli mal se terminer.

« Nous sommes partis sur nos vélos couchés le 24 mai, raconte-t-il. Les 2500 kilomètres de notre périple se sont faits sans encombre, et mardi dernier nous étions très heureux de nous retrouver à 15 kilomètres de notre arrivée. Il était environ midi et demi, il y avait peu de circulation sur l’autoroute 44, et brusquement, j’ai vu la grille d’un 4 x 4 dans mon rétroviseur. »

Ray Harris se souvient ensuite du choc, et des vives douleurs ressenties alors que son corps gisait, allongé sur la chaussée.

Le véhicule qui venait de le heurter a poursuivi sa route sans s’arrêter.

Ray Harris dit qu’il a de la chance d’être encore en vie.

Le contenu de la remorque d'un vélo couché répandu sur la route après un accident.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le vélo couché de Ray Harris, après qu'il a été percuté par un automobiliste qui ne s'est pas arrêté.

Photo : Ray Harris

« Vous savez, j’ai travaillé pendant 17 ans comme patrouilleur routier en Colombie-Britannique, je connais très bien le comportement des conducteurs. Nous ne prenions pas de risques inconsidérés », explique-t-il.

« Pour moi, ce qui m’est arrivé aurait pu se produire n’importe où, cela n’a rien à voir avec le Manitoba. C’est simplement que certains conducteurs ne font [...] pas du tout attention. Alors, vous devez être doublement vigilant. »

Aujourd’hui, Ray Harris n’a qu’une hâte, se remettre de ses blessures pour remonter en selle.

Avec des informations de Mathilde Monteyne et Barbara Gorrand

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