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Ces millénariaux qui choisissent la campagne

Elyse et Loïk s'amusent dehors sous le regard de leurs parents.

Renée Germain et Matthew Ojalammi ont récemment fait le choix, comme beaucoup d'autres millénariaux, de déménager à la campagne avec leurs enfants, pour y élever des animaux.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Radio-Canada

« Êtes-vous fous? » Cette question a été régulièrement posée à Renée Germain et Matthew Ojalammi alors qu'ils racontaient à leurs amis avoir décidé de déménager à la campagne aux côtés des poules et des chevaux. Six mois plus tard, le couple dans la jeune trentaine ne regrette rien.

Un texte de Mathieu Grégoire

Renée Germain accompagne ses deux jeunes enfants qui donnent des carottes à leurs chevaux alors que Matthew les observe de loin. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Renée Germain et Matthew Ojalammi tiennent à ce que leurs enfants grandissent auprès d'animaux de la ferme.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Beaucoup de millénariaux comme eux choisissent d'adopter un style de vie à l'écart de la ville, si bien que certains sociologues y voient une nouvelle tendance sociale, qui va à l'encontre des données statistiques.

Renée est fonctionnaire municipale pour la Ville du Grand Sudbury depuis quelques années, alors que son mari gère des projets à la minière Vale.

Quand ils habitaient en ville, il leur fallait à peine quelques minutes de route pour déposer leurs enfants à la garderie avant de se rendre au boulot. La petite famille vivait une vie bien rangée en ville, mais rêvait d'autre chose.

L'hiver dernier, ils ont décidé de faire le saut et ont acheté une maison de campagne à Warren, à l'est de Sudbury. Ils ont conservé leur emploi dans la capitale du nickel et voyagent quotidiennement depuis.

Je travaille avec des adolescents et je sais à quel point c’est important pour la santé mentale d’être dehors avec la nature. Avoir la proximité des poules, des chevaux, des chèvres éventuellement, c’est important pour nous.

Renée Germain, nouvelle propriétaire d'une fermette
Elyse, 4 ans, pose fièrement avec sa poule préférée. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Elyse considère ses poules comme ses amies.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Une fermette, mille et un défis

Ni un ni l’autre n’a d’expérience en agriculture, mais tous deux ont la profonde volonté d’apprendre. Et c’est ce qu’ils font petit à petit avec leur vingtaine de poules et leurs trois chevaux. Soins aux animaux, gestion du fumier et construction de clôtures, le couple perçoit ses nouvelles responsabilités comme mille et un défis à relever.

Ça, c’est notre motivation. On aime faire des projets, on aime passer du temps avec la famille et on aime que les enfants nous regardent faire ces projets et aient envie de nous aider.

Matthew Ojalammi, nouveau propriétaire d'une fermette

La campagne après la ville

La tendance d'exode des jeunes des campagnes vers les villes est bien documentée. Selon le ministère des Finances de l'Ontario, « certaines divisions de recensement du Nord de l'Ontario ne reçoivent qu'une faible part de la migration internationale et connaissent une émigration nette, principalement chez les jeunes adultes, ce qui réduit la croissance démographique actuelle et future. »

Ce n'est pas tout : « On prévoit que toutes les régions continueront à évoluer vers une structure plus âgée. Les changements les plus importants dans la structure d'âge devraient avoir lieu dans les divisions de recensement, beaucoup dans les régions du Nord et les régions rurales, où l'augmentation naturelle et la migration nette devraient devenir ou demeurer négatives », explique le ministère dans ses projections démographiques (Nouvelle fenêtre).

Malgré tout, il est difficile pour le moment de savoir combien de jeunes adultes s’installent à la campagne après avoir passé plusieurs années en ville. Selon le sociologue spécialisé en études des générations Stéphane Kelly, il existe bel et bien un mouvement de retour vers la campagne.

C’est clair que cette génération-là est une génération qui a été fortement influencée par les valeurs écologiques. Migrer en campagne peut être une façon de contribuer à ça et aussi de trouver une issue au stress qui est vécu en ville.

Stéphane Kelly, sociologue spécialisé dans l'étude des générations, Cégep de Saint-Jérôme

Ces millénariaux qui y retournent ont d'ailleurs été surnommés « néo-ruraux » par certains chercheurs.

M. Kelly ajoute que la révolution numérique permet plus que jamais aux jeunes professionnels de travailler de la maison, en ville comme à la campagne.

Le sociologue croit aussi que certains millénariaux voient une occasion de se lancer en affaires alors que leurs compétences sont recherchées en région rurale et qu’ils peuvent s’y établir à moindre coût.

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