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Nouveau front dans la guerre canadienne du ketchup

Des bouteilles de ketchup sur l'étagère d'un supermarché.

Les ventes du ketchup Heinz ont chuté de 5 % de 2016 à 2017 au Canada, pour s'établir à 126,4 millions de dollars.

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Radio-Canada

Face aux nouveaux tarifs douaniers de 10 % sur le ketchup et d'autres marchandises qu'il exporte au Canada, le géant américain Kraft Heinz ouvre un nouveau front dans la guerre du ketchup qu'il mène au Canada.

L'entreprise alimentaire américaine, qui a perdu de nombreux clients au pays quand elle a déménagé sa production de ketchup du Canada aux États-Unis, en 2014, tentera de redorer son image au moyen d'une campagne de relations publiques où ses liens avec le Canada seront mis en évidence.

Heinz souhaite ainsi rappeler qu'elle fabrique encore certains de ses produits au pays, comme le fromage et le beurre d’arachides, et qu'elle « fait partie intégrante du tissu canadien ».

L'entreprise, qui emploie 2000 personnes au Canada, est le fruit de la fusion entre Heinz et Kraft, qui a eu lieu en 2015.

Lors de son départ de l'usine ontarienne de Leamington, en 2014, Heinz avait mis à pied 740 personnes et avait fait craindre pour le marché des producteurs locaux de tomates.

Elle a depuis perdu d’importantes parts de marché au Canada au profit d'une autre marque américaine, French's, qui à l'époque en a tout de suite profité pour s'approvisionner en tomates cultivées à Leamington et pour s'installer dans une usine près de Toronto.

Ce geste a conquis le cœur de nombreux Canadiens et a eu des conséquences négatives pour Kraft Heinz.

Selon la société d'études de marché Euromonitor International, de 2016 à 2017, les ventes du ketchup French's au Canada ont plus que doublé, passant à 11,1 millions de dollars, tandis que celles de Heinz ont chuté de 5 % pour s'établir à 126,4 millions de dollars.

Le géant souhaite donc changer l’image qu’il s’est forgée au Canada.

Les tarifs douaniers ne font qu'empirer les choses pour eux, et c'est pourquoi ils réagissent.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution alimentaire et en politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie, à Halifax

« Il va y avoir des millions et des millions de dollars en tarifs douaniers, et c'est donc une chose difficile à absorber pour n'importe quelle organisation », indique de son côté Av Maharaj, vice-président aux affaires de l'entreprise de Kraft Heinz Canada.

Le porte-parole poursuit en ajoutant qu'une fois la vente de son usine à l'entreprise Highbury Canco conclue, en 2014, Kraft Heinz a signé des ententes avec l'entreprise pour qu'elle produise bon nombre de ses produits destinés au marché canadien, y compris des haricots en conserve et du jus de tomates.

« Il y a un malentendu dans les médias, qui affirment que nous avons quitté Leamington. Nous ne l'avons jamais vraiment fait », affirme M. Maharaj.

Une joute politique en arrière-plan

Dans le cadre de la guerre tarifaire que se livrent maintenant le Canada et les États-Unis, le premier ministre Justin Trudeau visitera justement dimanche l’usine de Leamington abandonnée par Kraft Heinz il y a quatre ans.

Rappelons qu'en réponse à l'imposition par ses voisins du Sud de tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium canadiens, Ottawa impose à partir du 1er juillet un tarif de 10 % sur de nombreuses importations de produits de consommation américains.

D'après un texte de Sophia Harris, de CBC

Économie