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Des proches aidants en détresse

Kim McNaughton, résidente de Campbellton et proche aidante.

Kim McNaughton, résidente de Campbellton et proche aidante.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

S'occuper d'un proche en perte d'autonomie peut être difficile, mais c'est encore pire quand cet être cher perd la raison. Selon un rapport de l'Institut canadien sur la santé, près de la moitié des aidants naturels qui soignent un proche atteint de démence vivent eux-mêmes de la détresse. C'est presque deux fois plus que les autres aidants.

C'est lourd, mais tu ne veux pas les abandonner, laisse tomber Kim McNaughton, une résidente de Campbellton qui a vu la démence s'installer graduellement chez sa mère.

C'était très triste à regarder. Le deuil commence avant que la personne meure quand elle ne te reconnaît plus, ajoute-t-elle.

Elle trouve difficile de voir dépérir sa mère, une femme forte qui, malgré une maladie arthritique grave, a élevé six enfants.

Elle avait souffert assez longtemps. On ne pouvait pas croire qu'on passait à travers ce chemin-là, celui de la démence et de la santé mentale. Il me semble que ma mère en avait déjà eu assez dans son assiette, explique Kim McNaughton.

Devenir le parent de ses parents

Pendant près de cinq ans, la femme de Campbellton a accueilli sous son toit ses deux parents, une mère nécessitant des soins constants et un père qui vivait sa détresse dans le silence.

Mon père a souffert en silence, il n'y a pas de doute avec ça. Il était brûlé et fatigué, car il ne dormait pas.

Kim McNaughton, proche aidante

Kim McNaughton compare son expérience à un deuil, mais avec deux personnes vivantes.

Pour passer à travers cette épreuve, elle a pu compter sur l'appui d'un conjoint et sur deux membres de sa famille, qui habite aussi à Campbellton.

Pas de répit, même en foyer de soins

Alors que son état ne cessait d'empirer, la famille a finalement accepté de placer leur mère dans un foyer de soins lors de la dernière année sa vie, sans toutefois profiter du repos espéré.

On était là sept jours par semaine. On s'occupait d'elle, on l'habillait, on la faisait manger, etc., explique Kim McNaughton.

Sylvie Martin, infirmière en foyer de soins.

Sylvie Martin, infirmière en foyer de soins.

Photo : Radio-Canada

Sylvie Martin, une infirmière en foyer de soins de la région n'est pas étonnée. Selon elle, le manque de ressources force les familles à venir s'occuper de leurs proches : La responsabilité ne tombe pas quand on place nos parents. On manque tellement de ressources pour offrir des soins de qualité.

Kim McNaughton interpelle les politiciens pour qu'ils ajoutent des services pour les familles de personnes souffrant de démence, afin de leur fournir le répit dont ils ont grand besoin.

C'est comme un nuage noir qui te suit, conclut-elle.

Nouveau-Brunswick

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